EFFETS DES ANESTHÉSIQUES
En somme, toutes les substances volatiles anesthésiques agissent de la même façon : l’amylène (1), le bichlorure de méthyle (2), l'oxyde de carbone (3), le protoxyde d’azote, lekérosolène(4), le chlorure de carbone, le bromoforme(5), le nitrited’aniyle, etc. (6). L’alcool lui-même, à forte dose, est un véritable anesthésique dont l’action est incontestable, mais qu’il est dangereux d’employer, et à une dose modérée il émousse la sensibilité. Pendant une ivresse légère, la douleur est perçue incomplètement ; les blessés qui arrivent à l’hôpital ont en général été blessés pendant l’ivresse, et souvent ils ne se plaignent de souffrir que quand l’ivresse est dissipée.
Peut-être y aurait-il intérêt à comparer entre eux tous les corps alcooliques, tous les éthers et leurs dérivés ; et à constater qu’il y a dans leur action intime moins de différence qu’on le croit en général, et que cette différence est surtout due à leurs propriétés physiques.
En tout cas, ces substances agissent non sur l’excitabilité des nerfs, mais sur la sensibilité des centres.
Les belles expériences de M. Cl. Bernard le démontrent très-nettement, au moins pour l’éther et le chloroforme. Une solution faible de chloroforme dans l’eau n’agit sur
(1) Show. Med. Times, 18 avril 1857; Lancet, janv. 1857 .
Tourdes. Bull, de VAcad. deméd., 1857.
Luton. Arch. de méd., 1857.
Robert. Bull. gén. de thérap., 1857, p. 126 et 227.
(2) Saenger. Chloromethyl und chloroform {Berlin. Klin. WochensbL, 1874, n» 38).
(3) Tourdes. Comptes-rendus de VAcad. des sciences, 1857,
(4) Bigelow. Union méd., sept. 1861.
(5) Rabuteau. Bull, de la Soc. biol., janv. 1875.
(6) Hardy. Bull, de la Soc. de biol., 1872, p. 185.
une grenouille que si la solution vient au contact de la moelle épinière: les parties supérieures delà moelle ne sont anesthésiées que si elles sont directement en contact avec le chloroforme, tandis que la solution de chloroforme anesthésie toute la moelle, même lorsque c’est le cerveau seul qui est intoxiqué (1).
Les anesthésiques généraux agissent donc parce qu’ils pénètrent dans la circulation et influencent les centres supérieurs. Si l’on suppose, ce qui est assez vraisemblable, que la douleur a son siège dans une partie déterminée de l’encéphale, les anesthésiques agiraient sur cette partie même. Ils agissent en même temps sur l'intelligence, et comme, pour le système nerveux, toute action paralysatrice est précédée par une action excitatrice, la première période est l’excitation cérébrale qui n’a pas besoin de se traduire par des mouvements désordonnés (2), mais qui se traduit par de l’hyperidéation et de l’ivresse. La morphine, le protoxyde d’azote, le chloral, le chloroforme, l’alcool, agissent tous de la même manière, et l’ébriété est leur premier effet. Lorsque cette ébriété est poussée plus loin encore, il y a perte de la conscience et de la mémoire, mais la sensibilité persiste. Dès ce moment la douleur se trouve tellement modifiée par cette altération de la mémoire, qu’il est permis de se demander si c’est une douleur, quoique les réflexes de la vie organique persistent encore, et qu’il
yaitcertainsactesintellectuelss’accomplissantendésordre,
rêve, délire, association des idées, etc. Ce sont les ré-
(1) Leçons sur les anesthésiques, p. 131.
(2) 'Voy. Sert. Journ. de Vanat. et de laphysiol., 1868, t. IV, p. 325. Richet.
DES ANESTHÉSIES
flexes de la vie organique qui disparaissent ensuite, et, à la dernière période, tout a disparu, la résolution musculaire est complète, il n’y a plus aucune réaction aux excitations sensitives même les plus fortes (1).
Il est des substances qui semblent être l’inverse des anesthésiques et exciter la sensibilité au lieu de l’éteindre. Le hachich, le café, la belladone paraissent être dans ce cas, mais leur étude n’est guèrefaiteà ce pointdevue. Quoi qu’il en soit, à la dernière période, l’anesthésie survient aussi, et dans la pratique on les appelle hypéresthésiques, parce que le stade d’hypéresthésie est très-long.
Nous avons parlé des intoxications chroniques où les divers genres de sensibilité se trouvent bizarrement dis» sôciés et nous n’insisterons pas davantage sur les intoxications aiguës.
Remarquons que pour le système nerveux central il en est comme pour le système nerveux périphérique. La période d’hypéresthésie précède toujours la période d’anesthésie, mais la durée relative de ces périodes varie selon le poison et la dose employée.
Remarquons encore que les substances qui agissent sur l’intelligence agissent aussi sur la sensibilité, et réciproquement, que par conséquent ces deux fonctions sont étroitement liées l’une à l’autre, et qu’on ne peut les séparer. Pour les poisons spéciaux au système nerveux, la motricité ne semble atteinte que secondairement, et ses désordres paraissent liés aux troubles sensitifs et intellectuels. Là aussi il y a une remarquable analogie entre les nerfs périphériques et les centres nerveux.
(1) J’ai étudié ces phénomènes psychologiques dans la Revue des Deux- Mondes, (15 février 1876) : Les poisons de Vintelligence.
pathologiques
En dehors des poisons et des maladies, les troubles de la circulation cérébrale peuvent produire l’anesthésie. Il en est pour les centres nerveux comme pour les nerfs, et le sang est nécessaire à l’exercice intégral de la sensibilité, aussi bien dans les centres qu’à la périphérie. L’anhémie du cerveau produit d’abord une hypéresthésie passagère caractérisée par des vertiges, des bourdonnements d’oreilles, une hyperidéation comparable en tout point à ce qu’on observe dans le chloroforme (1), puis l’anesthésie arrive complète. D’ailleurs cette anhémie du cerveau qui est à la fois la cause et la conséquence de la syncope, est incomplètement connuequant à ses elfets, et on la distingue difficilement de la congestion ou de l’hyperhémie.
§ IV. —Des analgésies de muse centrale,pathologiques.
La relation qui fait de l’intelligence et de la sensibilité deux fonctions synergiques ne se manifeste nulle part avec plus d’évidence que dans les faits pathologiques; nous allons passer rapidement quelques uns de ces faits en revue.
L’anesthésie a été constatée depuis trente ans, par Du Crosant, dans la paralysie générale (2), non seulement à la période ultime , alors "que toutes les fonctions sont profondément troublées, mais dès le début, [avant l’appa-
(1) "Voy. Fleimng. Anesthésie par la compression des carotides {Bull, gén. de thérap., t. XLIX, p. 37).
(2) Revue méd., 1846, Ann. méd, psychol., 1846, p. 132.
Michéa. Gaz. hebd.., 1856.
Marcé. Th. d’agrég,, 1860. Des altérations de la sensibilité.
Moreau. Th. iuaug. Paris, 1872.
DK l’intelligence
rition de tout autre pîiénomène soit psychique, soit somatique. Il est vrai que dans la paralysie générale des aliénés il y a une encéphalite, et qu’on peut attribuer l’anesthésie à l’altération des circonvolutions cérébrales; mais dans presque toutes les affections mentales il y a aussi de l’anesthésie, même quand les lésions organiques, au moins celles qui sont perceptibles, sont nulles.
La mélancolie avec stupeur (Baillarger) est le type des affections mentales anesthésiques; il n’y a dans la mélancolie aucune lésion matérielle des centres. D’ailleurs son invasion est quelquefois subite. Une terreur brusque un accident, un.chagrin suffisent pour la produire ; en même temps que le délire et la dépression survient l’anesthésie, en sorte qu’il n’y a de troubles fonctionnels que dans la sensibilité et l’intelligence, ces deux troubles étant liés l’un à l’autre, apparaissant au même moment et disparaissant en même temps. Toutes les fois que le délire de dépression ou d’excitation augmente, l’insensibilité estplus complète. En un mot les fonctions sensitives des nerfs sont sous la dépendance de l’intelligence. De même qu’en intoxiquant l’encéphale d’une grenouille, on abolit complètement toute sa sensibilité, de même chez les mélancoliques, les troubles intellectuels sidèrent la sensibilité et l’anéantissent.
Aussi n’est-il guère scientifique d’admettre que l’impassibilité des malades provient, non de l’absence de la douleur, mais d’une idée délirante de supplice ou d’expiation nécessaires. Il se peut qu’à la vue des appareils qu’on leur montre pour les effrayer et les forcer à parler,* ils éprouvent une vive frayeur, il se peut même que par les excitations violentes qu’on essaie, il sentent un certain ébran-
AVEC LA SENSIBILITÉ
lement : cet ébranlement n’est pas une douleur. L’idée délirante est trop puissante pour qu’une diversion quelconque la modifie ; ils ne sont pas assez maîtres d’euxmêmes pour réfléchir à leur douleur, et l’état de rêve dans lequel ils sont plongés est tel que rien ne peut les en éveiller. Les sensations qu’ils éprouvent ne peuvent être comparées à celles qu’un homme sain éprouverait à leur place. Car, à ce compte, il n’y a ni courage ni stoïcisme qui sauraient résister.
Dans la manie, dans l’hypochondrie, dans la folie névropathique, il y a cette même relation entre l’intelligence et la sensibilité. Je pourrais citer un nombre infini d’observations; je me contenterai d’en rapporter une seule.
S.. mariée, âgée de 27 ans, entre à la Salpêtrière le 17
décembre 1875. Elle est agitée, anxieuse, disant qu’elle souffre énormément, veut se tuer, etc. Dans l’intervalle de ses crises, elle est manifestement hypochondriaque et dans un léger état de stupeur mélancolique. Elle ne souffre pas quand on lui traverse la main avec des épingles; on peut la piquer au cou, à la main, à la figure : elle ne répond pas quand on lui demande si elle en souffre, mais elle m’a dit plus tard qu’elle avait senti la piqûre, mais que cela ne lui avait fait aucun mal. Deux jours après, l’état psychique est un peu amélioré, la sensibilité est aussi un peu revenue. Si on la pique légèrement, elle ne dit rien, mais, si on traverse la peau, elle retire vivement la main en disant qu’on lui fait mal. Dans la nuit suivante, elle eut un accès de délire silencieux, et prenant une aiguille à tricoter, après s’être piqué la paroi abdominale en plusieurs endroits, se l’enfonça dans l'abdomen. Le lendemain matin, le délire avait un peu diminué, et elle regretta d’elle-même la ten-
270 RAPPORTS DE e’iNTELLIGENCE
tative qu’elle avait faite. On n’osa pas essayer l’extraction, car l’aiguille était enfoncée profondément, et il aurait fallu certainement entamer le péritoine. Les jours suivants le délire diminua, et en même temps la sensibilité à la douleur revint ; en pressant sur l’aiguille, on provoquait une légère douleur. Pourtant, au dire de S...if, 1 introduction de l’aiguille ne lui avait fait aucun mal.
Il est vrai que dans beaucoup de cas de manie il n’y a pas d'altération de la sensibilité; mais la manie n’est pas la destruction ou l’abolition des facultés intellectuelles : c’est une perversion du raisonnement plus ou moins svstématisé, ce n’est pas la mort même de l’intelligence, comme dans la démence. L’intelligence est déviée, mais elle est tout aussi vive : ce n’est donc pas une exception à la règle que nous avons posée. Cela est si vrai que, dans les cas de manie chronique avec accès de délire aigu, pendant le délire, il y a anesthésie complète, et la sensibilité revient dès que le délire cesse.
Je sais bien que la question est des plus complexes; comme d’une part l’anesthésie est le résultat des causes les plus diverses, comme d’autre part les troubles de l’intelligence sont variés à l’infini, il y a un lien qu’il est le plus souvent difficile de saisir, mais qui se manifeste très-bien dans certains cas de démence sénile et d’imbécillité. Là l’intelligence est affaiblie et presque nulle, et la sensibilité suit son sort. Ce n'est pas de Panesthésie, c’est de l’hypoesthésie, si je pouvais me permettre un néologisme de plus, Voici une observation de chacun de ces cas :
Saas, âgée de 16 ans, imbécile, est dans le service de M. Moreau depuis six aus. Elle répond assez bien aux questions qu’on lui fait, sait lire l’alphabet, mais ne va
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pas au delà. Q.uand on la pince ou qu’on la pique, elle ne songe pas à retirer sa main. Si cependant on rapproche du poêle pour la brûler, elle la retire vivement, en disant que cela la brûle ; quand on la chatouille, elle indique le doigt qu’on touche ; elle dit qu’on la presse fort, si on lui comprime fortement la main. Mais il faut pour la décider à faire ces réponses l’accabler de questions. Elle ne songe ni à résister, ni à se plaindre, mais elle se sauve dès qu’on a fini l’exploration, et paraît enchantée quand tout est terminé. En l’électrisant, on a beaucoup de peine à lui faire reconnaître qu’elle sent quelque chose. Si on l’électrise avec un très-fort courant d’induction et le balai métallique, elle retire sa main. Si on recommence en lui assujettissant la main, elle ne se débat pas, quelle que soit la force des secousses; elle ne dit pas que ces secousses lui font du mal, quoique, selon moi, elle les sente. On peut pousser ainsi très-loin l’électrisation. Si on la presse de questions, elle dit que le balai électrique lui fait comme des orties.
Lamy, âgée de 83 ans, est sujette à des attaques mal caractérisées (congestion cérébrale?). Dans l’intervalle, son intelligence est affaiblie et tout à fait sénile. Elle ne réagit pas quand on la pince, même fortement ; quand on traverse la peau avec une épingle, elle ne dit rien et semble absolument insensible. Cependant, si on la presse de questions : « Oui, dit-elle, vous m’avez piquée, vous m’avez fait du mal. »
Il semble donc que là où l’intelligence est diminuée, la sensibilité a diminué en même temps. Chez les gens faibles d’esprit, les idiots, les imbéciles, la vie est une sorte de rêve mal déterminé. Les sensations sont obscures et peu
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nettes, et l’impression qu’elles font aux centres peu durable et peu intense. Chez les mélancoliques et certains maniaques, une idée üxe empêche, par sa persistance et sa prédbminance, la sensibilité. Souvent une passion forte produit le même effet. Dans la chaleur du combat, les combattants ne sentent pas les coups qu’ils reçoivent, et une douleur qu’on prévoit depuis longtemps, sur laquelle on concentre toute son attention, est bien mieux sentie qu’une douleur survenant à l’improviste, quand l’esprit est occupé de toute autre chose (1).
Dans la névrose connue sous le nom de somnambulisme , et spécialement dans le somnambulisme provoqué, l’analgésie complète est la'règle. Mon ami R..., dont j’ai rapporté ailleurs l’observation (2), était, lorsqu’il était endormi, complètement insensible. Le chatouillement des narines et des oreilles n’était plus désagréable; je lui ai traversé la peau avec une épingle, et il n’a senti aucune douleur. Cependant il palpait les objets, et le tact n’était pas émoussé. Quand il fut réveillé, il se frotta la main à plusieurs reprises, et se demandait
(1) Lucrèce a exprimé cette vérité en beaux vers (De rerum natura, ib. III, V. 640-655) :
At quod scinditur et partes discedit in ullas Soilioet æternam sibi naturam abnuit esse.
Falciferos memorant currus abscidere membra,
Sœpe ita de subito permixtà cæde calentis.
Ut tremere in terra videatur ab artubus id quod Decidit absoisum, quum mens tamen atque homiais vis,
Mobilitate mali non quit senti re dolorem.
Et semel in pugnæ studio quod dedita mens est Corpore relique pugnam ccedesque petessit.
(2) Journ. de Vanat. et de la physiol, 1875, t. XI,' p. 354,
DU SOMNAMBULISME
pourquoi cela le piquait en ce point. Il est clair que dans des cas semblables, l’anesthésie à la douleur est de cause centrale et souvent assez complète pour permettre de pratiquer des opérations. Topham à Londres, Loysel à Cherbourg, Kuhnholtz à Montpellier, Esdaile a Calcutta (1), ont fait de grandes opérations. Guérineau (2) a fait ainsi une amputation de cuisse. Cloquet, Broca, Azam, Follin (3), ont aussi pratiqué des opérations sur des malades hypnotisés; mais c’est un moyen infidèle auquel il ne faudrait songer sérieusement que dans des cas exceptionnels.
Chez les somnambules, on peut aussi provoquer de vives douleurs imaginaires; mais, comme tout est subjectif dans la douleur, ces douleurs imaginaires sont réelles. En effet, quelle différence y a-t-il entre croire souffrir et souffrir? S’imaginer qu’on est malheureux, c’est être malheureux, et il en est de même pour la douleur. Une somnambule à qui je disais que je lui avais coupé le doigt poussait des cris de douleur comme si j’avais réellement fait l’opération. Ne souffrait-elle pas en réalité ? Au point de vue psychologique, c’est là un phénomène assez curieux de voir d’une part la sensibilité à la douleur persister, comme sensation subjective, et d’autre part n être plus éveillée par les excitations'ordinaires. C’est comme un aveugle qui aurait des hallucinations de la vue.
Il est encore un point sur lequel je voudrais insister si l’espace et le temps ne me faisaient défaut. Si l’on endort
{l) Cités par Larrey. Rapport à la Soc. de chir. sur Vélêphantiasis, 1856.
(2) Bull. gén. de thérap., t. LVII, p. 514 et 548.
DU SOMNAMBULISME
par le somnambulisme une femme ayant des douleurs très-vives, ces douleurs cessent comme dans le sommeil procuré par la morphine ou le chloral. On peut même dire que l’effet est plus surprenant, car la malade conserve toute son intelligence et est étonnée, émerveillée, pour ainsi dire, de ne plus souffrir.
J*ai vu se reproduire le fait d’autant plus souvent qu’en général ce sont surtout des malades que j’ai eu l’occasion . d’endormir. Il m’a semblé que les affections utérines chroniques, hématocèles, métrites, périmétrites, etc., qui prédisposent d’ailleurs à l’hystérie, étaient manifestement soulagées par le somnambulisme répété souvent. J'ai vu à Beaujon une malade atteinte d’hématocèle qui, à 1 état de veille, ne pouvait se remuer sur son lit ; lorsqu’elle était endormie, elle se levait, et on pouvait lui faire balayer la salle.
Récemment, à la Pitié, j’ai observé une jeûne femme (salle Saint-Augustin, n“ 6) atteinte aussi d’hématocèle. Elle avait des douleurs atroces, intolérables, qui ne se calmaient qu’imparfaitement avec des doses très-fortes de morphine (4 centigrammes par jour en injections souscutanées). Mais lorsqu’elle était plongée dans le somnambulisme, toutes ses douleurs disparaissaient ; elle-voulait se lever, prétendant qu’elle était guérie. Dans cet état, elleétait; d'ailleurs, absolument analgésique et je pouvais la piquer pour l’injection de morphine sans qu’elle témoignât la moindre douleur.
Je crois pouvoir affirmer que loin de lui nuire, 1 hypnotisme lui a été très-utile, et produisait une heureuse sédation de tout le système nerveux surexcité.
Si j’ai rapporté ces faits, c’est que je suis bien convaincu