ANESTHÉSIE
Un des traits le plus saillant de l’anesthésie hystérique, c’est d’abord l’extrême mobilité des phénomènes. L’anesthésie des hystériques est aussi fantasque que leur caractère. Il semble même qu’elle soit parfois simulée, tant il y a d’irrégularité et d’inattendu dans cette maladie. Bernhardt (1) raconte qu’une hystérique sur qui on voulait faire une expérience avait un point de la surface cutanée une anesthésique depuis longtemps. Le jour où on voulut tenter l’expérience (sur le sens musculaire), l’anesthésie avait disparu. Rendu (2) rapporte un fait analogue, et tous les auteurs sont unanimes sur ce point. Une émotion morale, une attaque même très-légère, et passée presque inaperçue d’hystérie convulsive, suffisent pour produire l’insensibilité d’une région três-localisée de la peau.
J’ai vu une petite fille de quatorze ans, prématurément hystérique, car elle n’était pas encore réglée, qui, sous l’influence d’une attaque d’hy.stérie nocturne,devint dujour au lendemain complètement analgésique dans tout un membre. ^
En second lieu, l’anesthésie suit une sorte de marche progressive de la périphérie aux centres, et de la surface cutanée des membres à leurs parties profondes. Ce sont les éxtrémifés des doigts, certaines régions de la face dorsale des mains ou des pieds,le cou, le sein, parties évidemment périphériques par rapporté la moelle, qui sont d’abord atteintes.Plus tard, ce sont les articulations plus élevées, les coudes, les poignets, les épaules, etc. Mesnet (3) a fait re-
(1) Zur Lehre von Muskelsinn {Arch. für Psychiatrie, 1873, p. 632).
(2) Th. d’agrég., 1875, p. 123.
(3) Th. inaug. Paris, 1852. Des paralysie» hystériques.