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DE LA DOULEUR MUSCULAIRE

partant des centres pour aller à la périphérie, si elle est plus intense que le mouvement produit, peut se réfléchir par les nerfs sensitifs de la périphérie vers les centres, en provoquant de la douleur. Cette hypothèse est très-ingénieuse ; elle est peut-être vraie, mais elle n’est pas assez solidement démontrée pour qu’on puisse l’accepter sans faire de grandes réserves.

En tout cas.< cette contracture, ce spasme des muscles, soit passager, soit continu, portant sur les muscles à fibres lisses ou les muscles à fibres striées, joue un grand rôle dans la plupart des phénomènes douloureux. Les plaies des sphincters orbiculaires des paupières, des lèvres, de l’anus, etc., et les gerçures du mamelon ne sont si douloureuses que parce qu’à la douleur traumatique vient s’ajouter la contraction des muscles qui entourent la plaie. I] est très-vraisemblable que dari^es coliques soit néphrétiques, soit hépatiques, le spasme des vaisseaux biliaires ou des uretères ne soit pour une grande part dans l’intensité des phénomènes douloureux.

Pendant l’accouchement, les douleurs sont surtout produites par les contractions utérines. Dans les fractures, la contraction musculaire augmente singulièrement la souffrance des malades, pour les fractures de côtes principalement, et plusieurs fois j’ai calmé les douleurs des malades par l’électrisation des parois thoraciques au niveau de la fracture. Lorsqu’il n’y a pas de fracture et que toute la douleur est la contracture, comme dans cette affection dont la cause anatomique est ignorée et qu’on appelle vulgairement tour-de-reins, l’électricité est un moyen héroïque qui guérit presque instantanément ; le seul symptôme de ^ette affection paraissant être la douleur.

DE LA jpaOTOPHOBIE.

C’est probablement à la contracture de l’iris qu’il faut rattacher le phénomène si pénible de la photophobie. Certains auteurs, et en particulier Velpeau, attribuent la photophobie au contact irritant de l’air sur des ulcérations superficielles de la cornée. Mais comme, dans beaucoup de cas, il n’y a pas d’ulcération, comme aussi le contact de l’air, s’il n’y a pas de lumière, nè produit pas de douleur, il est probable que la vraie cause de la douleur est la lumière. Or la lumière n’agit très-vraisemblablement que sur la rétine et de là, par un réflexe très-direct, sur l’iris et le muscle ciliaire. Cependant cette explication n’est pas encore bien satisfaisantepuisqu’il y a photophobie même sans iritis, simplement lorsqu’un corps étranger de très-petit volume est en contact avec la cornée. Je crois donc qu’il est permis de dire d’une part que la cause ultime de la douleur musculaire est encore inconnue ; et d’autre part qu’il serait nécessaire de mieux étudie r la photophobie pour en donner une théorie plausible (1). L’irritation des nerfs de la cornée par la lumière (Cl. Bernard) semble être encore l’opinion la plus vraisemblable (2), quoique ce soit le seul exemple encore connu de nerfs périphériques de la sensibilité générale influencés par les rayons lumineux.

Je ne dirai que quelques mots du chatouillement et de la démangeaison qui, à mon sens, ne sont que des modifications particulières de la douleur.

Brown-Séquard (3) a tenté de faire du chatouillement

(1) L’hypothèse de Rabuteau {Bull, de la Soc. de bioü., 1874, p. 238) n’explique rien au point de vue physiologique.

(2) Legrand. Th. inaug. Paris, 1875. Physiologie de la V® paire crâr nienne.

(3) Journ. de la physiol., t. VI, p. 611.

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