DU CHATOUILLEMENT
(pallesthésie) une sensibilité spéciale. A ce compte, il faudrait en faire une aussi pour la démangeaison, qui ressemble au chatouillement à ce point, que souvent ces deux sensibilités se confondent, et que Tanalyse physiologique a uiie certaine peine à les séparer.
Bien plus, ces deux sensibilités,par une série de gradations imperceptibles, se confondent avec l’algesthésie : un chatouillement très-fort est une vraie douleur, et une démangeaison très-forte cause une irritation insupportable. En ce momen't, à la Pitié, je vois un malade atteint d’ostéite du pied avec fistule. Aux bords de la plaie, il éprouve, dit-il, une douleur extrême : tantôt c’est une cuisson, tantôt un grattement, tantôt une démangeaison, tantôt un chatouillenent, et il se sert indifféremment de toutes ces expressions pour indiquer ce qu’il ressent. En tous cas, c’est un prurit douloureux qui ne diffère des autres douleurs que par certaines modifications dans la perception. Un autre malade dont la main avait été mordue par un cheval, se plaignait de chatouillements et de démangeaisons qui le faisaient, disaitil, beaucoup souffrir.
Le caractère principal, pour ne pas dire le seul caractère spécitque de ces deux sensibilités, c’est qu’elles sont rapportées à un point déterminé de la peau et qu’elles exigent impérieusement une révulsion appliquée au même point. Elles semblent être produites par une excitation légère, mais répétée, et qui, par le fait même de sa répétition et de son accumulation dans les centres, devient insupportable. Là où une excitation forte aurait produit cé -a douleur, une excitation faible et superficielle produit du chatouillement et de la démangeaison ; c’est en somme