ET DE LA
un diminutif de la douleur, une sorte de douleur incomplète, et si quelquefois ces sensibilités produisent du plaisir, cela tient à certaines conditions psychiques. D’ailleurs on ne doit guère en être surpris, Indifférence entre le plaisir et la douleur n’étant pas aussi bien caractérisée qu’on pourrait le croire tout d’abord.
Ce qu’il y a de certain, c’est que c’est une conséquence de l’hypéresthésie des nerfs. Dans les observations de Brown-Séquard, sauf deux exceptions (?), il y avait pallesthésie coïncidant avec l’abolition de la sensibilité générale. Toutes les fois qu’il y avait hypéresthésie à la douleur, il y avait aussi hypéresthésie au chatouillement. Quant à la démangeaison, on l’observe très-fréquemment dans toutes les inflammations de la peau, même dans les phlegmons. Dans les névralgies, le moindre contact produit un chatouillement pénible, et quelquefois une vive démangeaison porte le malade à gratter les parties douloureuses. Les vieilles cicatrices, les kéloïdes, sont le siège d’un prurit rebelle qu’il est souvent difficile d’apaiser. En général la démangeaison et le chatouillement sont des sensations qui accompagnent la régénération d’un nerf. La croyance populaire qui considère comme un signe favorable et un commencement de cicatrisation, la démangeaison dans une plaie, est très-bien justifiée : cette démangeaison coïncide avec une hypéresthésie à la douleur plus ou moins vive, laquelle est très-marquée dans certaines cicatrices.
J’ai constaté l’existence de cette sensibilité rapportée aux organes périphériques, mais siégeant évidemment dans les troncs nerveux. Il s’agit d’un homme de 51 ans, amputé ik y a dix-huit mois, par M. Vemeuil, de la cuisse. Il a un moignon régulier dont il souffre peu, seu-