DU FOURMILLEMENT
Ainsi la conséquence de l’excitabilité exagérée d’un nerf se traduira d’abord par une sensation d’engourdissement liée à un certain degré d’anesthésie tactile, D ailleurs, la trop grande excitabilité du tronc nerveux s’accorde à merveille avec la diminution d’excitabilité de sesrameaux^. Nous verrons en effet, lorsque nous étudierons la manière dont meurt le nerf sensitif, qu’il meurt delà périphérie aux centres ; en sorte que le nerf est encore surexcité dans son tronc, quand déjà il est paralysé dans ses rameaux.
Le fourmillement est un degré de plus dans l’excitabilité du nerf, et il y a une limite qu’il est impossible de préciser entre l’engourdissement et le fourmillement. Il semble qu’on ait des fourmis dans le membre, ou mieux une infinité de piqûres d’épingle excitant toutes les branches et tous les ramuscules du'‘tronc nerveux excité. La compression d’un nerf produit ce phénomène , et l’électrisation aussi. Cela s’explique parfaitement ; car l’excitation qui porte sur un tronc nerveux est toujours rapportée par le jugement sensitif à la périphérie du nerf. Or on ne peut par l’électrisation et la compression produire la sensation tactile, car cette sensation dépend de la structure de la peau.
Il n’est pas douteux que la perception nette et distincte des différents modes de sensation, et le toucher avec toutes ses variétés, pression, rudesse et résistance des corps, étendue, température, etc., ne soi^intimement liée aux organes nerveux périphériques situés dans le derme. De même que l’excitation du nerf optique ne donnera pas la sensation visuelle d’un paysage ou d’une maison, mais produira simplement des phosphènes, de même l’excitation d’un nerf ne produira pas de sensation tactile, mais donnera un