‹ Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilitéChapitre 26 sur 132 · DU FOURMILLEMENT · texte numérisé non relu

DU FOURMILLEMENT

sentiment d’irritabilité générale, telle qu’en pourrait faire naître un millier de petites piqûres d’épingle allant irriter toutes les parties de la peau.

Aussi croyons-nous peut-être contraire à la vérité d’admettre une hypéresthésie tactile (1). Les aveugles ont une plus grande finesse du toucher, mais ce n’est pas de l’hypéresthésie, ils touchent mieux, ils entendent mieux, mais c’est la perception qui est plus parfaite, et non l’excitabilité nerveuse plus développée. Nous avons souvent cherché avec l’esthésiomètre à constater de l’hypéresthésie tactile, et nous n’en avons jamais rencontré.

Au contraire, quand un membre est hypéresthésié, la sensation tactile perd de sa finesse, tout comme un individu que la lumière-vive fait souffrir nA pas pour cela des sensations visuelles plus nettes. La photophobie n’est pas une bonne condition pour la vision. L’hypérësthésie, lesnévralgies, les phlegmasies de la peau sont de détestables conditions pour le toucher.

Nous pouvons donc regarder comme acquises ces deux propositions sur lesquelles nous ne reviendrons pas, mais qui auront de fréquentes applications dans le cours de ce travail.

A. L’excitation faible d’un tronc nerveux produit une sensation d’engourdissement : quand elle est un peu plus forte, elle produit une sensation de tourmillement.

B. L’excitabilité exagérée d’un tronc nerveux entraîne de l’anesthésie tactile; et l’hypéresthésie tactile n’existe pas.

(1) Brown Séquard. Bull, de la Soc. de bioL, 1849, p. 162. — Micliéa, Gaz. des hôp.^ 1859, p, 437,

Richet. ‘•1

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