‹ Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilitéChapitre 38 sur 132 · I>ES NERFS · texte numérisé non relu

I>ES NERFS

ce ne sont pas les nerfs de tout un membre qui sont comprimés, c’est un seul et unique nerf, le radial par exemple ou le cubital, Ort comme nous l’avons vu précédemment^ l’interruption de l’influx sensitif dans un seul de ces troncs

nerveux n’est pas suffisante pour amener l'anesthésie de

la région qu’il innerve, grâce aux anastomoses entre leurs terminaisons.

Les malades qui ont pu donner des renseignements accusaient presque toujours quelques fourmillements au début; mais je ne sache pas qu’ils aient jamais signale des phénomènes d’hypéresthésie.

Lorsque la compression persiste, ou même lorsque elle elle a duré assez longtemps pour altérer le nerf, la sensibilité est intacte ou à peu près, mais les muscles sont paralysés; cependant quelques fois il y a de l’anesthesie. Duchenne de Boulogne en a rapporté quelques cas, un entre autres des plus curieux (i) : à la suite d’une compression (ou contusion) légère du cubital, un malade fut prive pendant cinq ans de l’usage de sa main qui était insensible dans la région du cubital, et dont les interosseux étaient atrophiés. Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’après cinq séances

d’électrisation, la sensibilité et la mobilité reparurent dans la sphère du cubital. C’est là un fait intéressant qui s’accorde avec ce que nous avons dit plus haut de 1 influence de l’électrisation.

En résumé il y a un fait qui semble dominer l’histoire de la compression des nerfs, c’est l’absence ou te peu d’intensité des douleurs. Aussi croyons-nous qu’il ne faut pas attribuer à la compression simple, ces atroces douleurs

(1) De Véteetrigation Idéalisée, 3^ édit., p. 333, obs, XXVIL

g4 * ACTION THÉRAPEUTIQUE

dont souffrent les-malades affectés de tumeurs soit du cou, soit des vertèbres, soit des os du crâne, et que généralement on attribue à la compression. Il y a, outre la compression, une inflammation par voisinage du tissu conjonctif du nerf, ou des éléments nerveux eux memes. En un mot la compression seule n’est pas douloureuse, et s’il y a douleur, il y a névrite.

Il est cependant des cas où ces deux phénomènes se trouvent mélangés et sont difficiles à séparer. Ainsi quelquefois le tronc nerveux est comprimé au point que ses extrémités soient insensibles : il y a alors anesthésie. Mais en même temps, le nerf est enflammé, et le malade éprouvé des douleurs vives que, par suite d’une illusion sensorielle commune, il rapporte à la périphérie. On a alors une anesthésie douloureuse, fait qui s’observe quelquefois dans la névralgie et certains zonas.

' Il est probable que souvent la compression est due a l’hypertrophie du névrilème. Dans certaines névralgies on

trouve aussi des points d’anesthésie (1).

On a songé il y a longtemps à utiliser les effets de a compression des nerfs pour faire des opérations sans douleur. C’est, dit-on, Hunter qui a conseillé à Moore de comprimer le sciatique pour faire l’amputation de la cuisse sans que l’opération soit sentie par le patient, et Liegeard (2) parait avoir agi de même. Mais ce moyen pénible et d’un usage difficile fut abandonné. La compression avec des bandes en caoutchouc par la méthode de Grandesso Silvestri dont l’honneur est, à tort, attribue a

(1) VoirAlquier. De l’anesthésie cutanée. Th. '“"g' “

(2) Mélanges de méd. et de chir.. pratiques, p. 350. Caen, 183 .

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