COMMOTION DES NERFS
légère pression avec la main réussit à calmer des douleurs vives (1). En définitive il en est de ce point comme de la plupart des phénomènes du système nerveux. On n’en sait rien ou presque rien, et par cela même, il faut reconnaître que notre ignorance est à peu près complète en pareille matière.
La section, la ligature, la cbmpression, la contusion, la brûlure ne sont pas les seuls agents mécaniques agissant, sur le nerf sensitif. Nous avons vu plus haut comment agissaient l’écrasement et la distension. A ces causes il faut en ajouter une dernière, encore très-obscure, la commotion.
La commotion n’est pas la contusion. Dans la contusion il y a une altération matérielle des tissus, tandis que dans la commotion, c’est un ébranlement violent qui ne produit qu’un trouble moléculaire. Il est incontestable que la commotion existe pour les centres nerveux, en dehors de toute contusion et de toute compression. Je serais tenté de croire qu’il en est de même pour les nerfs. Le fameux cas, si souvent cité, de Lamothe (I) dans lequyl un coup de queue de billard détermina sans la moindre lésion traumatique apparente pendant une quinzaine de jours l’insensibilité absolue du bras me semble un fait bien avéré de commotion. Le choc du coude contre un objet dur produit dans toute la sphère du cubital des fourmillements et une insensibilité absolues.
En tous cas, c’est une question qu’il serait nécessaire d’étudier de nouveau, et je me contente de la signaler en passant.
(1) Barret. Tic douloureux de la face. Th. iiiaug. Paris, 18T6, p. 30. Darget. Th. inaug. Paris, 1876.
(2) Œuvres chirurgicales, t. ïî, p, 617.