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SUR LES PLAIES

comme le muscle, est indépendant des gaz qui l’entourent et qu’il vit dans l’oxygène à peu près aussi longtemps qu’en dehors de l’oxygène. Cette opinion n’est guère en harmonie avec les faits si intéressants que Bert a étudiés sous lemom de respiration des tissus (1).

D’ailleurs, au point de vue de l’oxygène pur,l expérience a été faite. Guidés par des données théoriques plus ou moins justifiées, Laugier (2), puis Demarquay (3) ont appliqué l’oxygène au traitement de la gangrène et spécialement de la gangrène sénile. Quoique dans certains cas ils semblent avoir obtenu la sédation des douleurs, dans d’autres cas, les plus nombreux, il y eut exacerbation (4) Pellarin (5) déclare que les bains d’oxygène amènent un surcroît de souffrance, sans compensation pour les malades.

Il en est ainsi-pour toutes les plaies, et les pansements ouatés, remis en honneur par Alph. Guérin, si leur efficacité est parfois contestable au point de vue de la suppression des germes, au point de vue de la sédation de la douleur, rendentdes services évidents: je pourrais citer nombre

d’observations où j’ai vu des douleurs vives calmées par l’application d’une couche d’ouate imperméable empêthant l’accès irritant de l’air.

Je me contenterai d’en citer un seul exemple (salle Saint-Louis, n° 58, Pitié). Il s’agit d’un homme robuste, âgé de 24 ans, qui eut le pied écrasé par la roue de sa voiture. Au moment de l’accident, il n’éprouva presque

(1) Leçons sur la respiration.

(2) Gaz. des hôp., 1852, p. 230.

(3) Pneumatologie médicale, p. 762 et suiv.

(4) Demarquay. Loc. cit., p. 768, 772, etc,

(5) Union méd., 1863, p. 136.

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aucune douleur, mais au bout de dix à quinze minutes le pied broyé lui causa des soulFrances extrêmes qui durèrent environ six heures, jusqu’au moment où il arriva à l’hôpital et où on lui mit un appareil ouaté. Au bout de cinq minutes, les douleurs étaient calmées, et il put reposer pendant la nuit. Le lendemain matin, il souffrait un peu dans son pied, qui \e piquait, disaihil. Mais il n’y avait pas de comparaison à établir entre cette légère douleur et celle qu’il avait éprouvée auparavant.

Il faut néanmoins faire cette remarque essentielle que s’il y a inflammation, il y a douleur, malgré l’absence d’oxygène, et que, la compression exaspérant les douleurs inflammatoires, l’appareil ouaté ne convient plus dès qu’il y a une inflammation phlegmoneuse. Aussi les douleurs ressenties par le malade, et en même temps l’élévation de la température sont-elles de précieuses indications qui commandent l’enlèvement de l’appareil ouaté.

Si même on veut pénétrer plus avant dans la question, on verra que dans une plaie simple la douleur est due à trois causes différentes, mais agissant souvent ensemble :

1° Le contact de l’air ;

2“ La rétention du pus ou des liquides ;

3® Le travail inflammatoire lui-même.

Dans les plaies simples et se réunissant par première intention, il n’y a pas de douleur dès qu'on a nais la plaie à l’abri du contact de l’air.

Dans les plaies enflammées, la douleur est non pas

(1) Cf. Hervey. Applications de Vouate à la conservation des membres. Th. inaug. Paris, 1873, p. 62 et suiv.

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