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anesthésiées n’ont pas perdu leur vitalité,et peuvent revenir à la vie. Il est possible que si les voies circulatoires n’étaient pas interrompues, le retour à la vie se serait opéré, ainsi qu’on le voit dans la thérapeutique médicochirurgicale, lorsque le chloroforme est appliqué sur des régions douloureuses.
En effet, il est certain que le chloroforme agit localement pour calmer les douleurs, soit d’une arthrite, soit d’un phlegmon, soit d’une névralgie. Tous les médecins savent que des applications d’huile chloroformée soulagent beaucoup les malades. Cela tient-il à la révulsion que produit le chloroforme? Je ne crois pas que l’explication soit suffisante. En effet, d’autres substances rubéfiantes et excitantes amènent un résultat tout différent. On pourrait encore admettre que la sensibilité pathologique n’est pas la même que la sensibilité normale, et que les substances qui calment la douleur peuvent très-bien ne pas détruire la sensibilité tactile. A vrai dire cette explication est loin de me satisfaire complètement, et.je crois qu’il faut chercher une raison plus physiologique. Pour cela, il est nécessaire d’entrer dans des considérations qui paraîti’onttout d’abord étrangères à mon sujet, mais qui en font pourtant essentiellement partie.
L’absorption cutanée diffère selon qu’on envisage l’absorption des gaz ou l’absorption des substances liquides et solides, mais dans l’un et l’autre cas cette absorption est très-faible.
L’absorption des gaz par la peau est évidente. La célèbre expérience de Bichat (1) en est une preuve, et depuis,
(1) Bichat. Anatomie générale.