‹ Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilitéChapitre 5 sur 132 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On pourrait aussi me reprocher d’avoir fait de la psychologie, mais la psychologie tend tous les jours à devenir une science de plus en plus précise, et on peut prévoir le moment où elle sera une des branches les plus intéressantes de la physiologie. L’homme est à la fois corps par son sang et ses muscles, et esprit par son cerveau. L’é tude du mouvement du sang a été faite, et elle est à peu près terminée. L’étude des mouvements du cerveau, de la perception, de la sensation, de l’habitude, de l’attention, de la mémoire est tout entière à faire, ce qui ne signifie pas qu’elle est impossible, et elle ne sera fructueuse que si l’on emploie la méthode expérimentale, rigoureusement expériment ale

Le sujet que j’ai pris, quelque vaste qu’il soit, serait fort restreint, si l’on se bornait aux données fournies par les livres classiques sur la sensibilité en général. Il m’a donc fallu pour traiter la question dans son ensemble, réunir des faits épars, et les grouper dans un cadre quj n’existait pas, tâche aussi délicate que périlleuse. En présence de la difficulté de ma tâche, j’espère qu’on m’accordera une indulgence qui m’est si nécessaire.

Qu’il me soit permis, en terminant, de remercier M. le professeur Verneuil et M. le professeur Marey qui par leurs conseils et leur enseignement m’ont été un si utile appui. Ils savent qu’ils n’ont pas d’élève plus dévoué et plus reconnaissant.

Richet.

Scientia magis ex errore quant ex confusione.

Bacon,

La sensibilité est cette fonction par laquelle les êtres vivants sont en rapport avec les objets extérieurs, et sont ébranlés par eux. Elle nous met aussi en rapport avec nos propres organes, en sorte qu’on pourrait distinguer une sensibilité externe, et une sensibilité interne, plus obtuse et plus imparfaite.

Envisagée ainsi, la sensibilité a trois termes : l’extrémité du nerf, modifiée de manière à renforcer et perfectionner l'excitation ; le tronc nerveux qui est un simple

conducteur, et les centres nerveux qui conduisent et perçoivent l’excitation.

Nous ne savons presque rien des fonctions spéciales des organes terminaux : aussi, étudierons-nous seulement la sensibilité d’abord dans les nerfs, et ensuite dans les centres.

Nous ne traiterons pas des sensibilités spéciales, telles que l’odorat, la vue, l’ouïe et le goût, et nous n’envisagerons que la sensibilité dite générale.

Page 1