LES NERFS SENSITIFS
duction très-légitime, et je crois qu’il est permis de conclure que toutes les substances volatiles, étant absorbées par la peau, peuvent être considérées comme des anesthésiques locaux. En premier lieu viennent les substancés non miscibles à l’eau ; en second lieu les substances acides ou alcalines, et en troisième lieu les substances avides d’eau.
D’après ce que nous avons vu des conditions d’excitabilité d’un nerf, toutes ces substances agiront sur le nerf, car elles changeront l’état chimique de ce nerf. Q.ue ce soit l’acidité ou l’alcalinité trop forte, que ce soit l’absorption d’eau, que ce soit une oxydation ou une réduction, le résultat sera toujours le même, une excitation forte du nerf sensitif, lequel, d’abord hypéresthésié, deviendra finalement anesthésié quand la destruction chimique sera complète.
Tous ces corps agiront d’autant mieux qu’ils seront plus volatils, et que par conséquent l’absorption cutanée sera plus facile. En somme, dans tous ces cas, substance anesthésique signifierait presque substance volatile caustique. Quelle est donc en vérité la limite précise qui sépare une substance caustique d’une substance anesthésique? Est-ce la désorganisation du tissu? Mais le chloroforme qui détruit le muscle de la grenouille est à la fois un caustique et un anesthésique, et l’alcool qui, injecté dans le tissu cellulaire produit de l’anesthésie générale, est, étant appliqué locament, un caustique puissant qui détruit à la fois la peau, le muscle et le nerf (1).
Il faut noter cependant que la période d’anesthésie est plus ou moins longue, et que si le résultat final, c’est-à-
(1) Verstraeten. Buîî. de la Soc, de biologie, 1875, p. 163.