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ACTION ANESTHÉSIQUE

aireTanestliésia (1), est toujours le même, non-seulement elle est obtenue au prix de douleurs plus ou moins vives, mais encore il peut se faire, pour quelle soit obtenue, qu’il y ait destruction plus ou moins complète du tissu.

Les expériences sur les animaux faites comme nous venons de les décrire, ne peuvent résoudre cette question de la persistance de la vitaïité du tissu consécutivement à l’anestLésie: en effet, les voies circulatoires sont interrompues, et les parties séparées condamnées fatalement à la mort. Sur l’homme, on a fait un grand nombre d’essais pour trouver des anesthésiques locaux, mais on ne peut les employer tous indifféremment. Le chloroforme pur produit une vésication violente, souvent même une escharification, et son action s’accompagne de douleurs très-vives.

On a employé l’éther et aussi le sulfure de carbone. Mais ce qui est un avantage au point de vue du résultat thérapeutique, est un inconvénient pour une conclusion scientifique, etces corps agissent plus par le froid qu’ils produisent en s’évaporant que par leur action chimique sur les nerfs. On a essayé le mélange de chloroforme et d’acide acétique (2). On atrouvé aussi des propriétés anesthésiques au hromoforme (3), à l’iodoforme (4), au sesquichlorure de carbone (5).

L’acide phénique (alcool phénylique semble agir à la fois comme caustique et comme anesthésique, et

(1) Marc. Th. inaug. Pa* s, 1866. - Neis. Th. inaug. De Vanesthésie localisée. Paris, 1870. — Perrin. Art. Anesthésie {Dict. encyclop. des sciences médicales).

(2) Fournier. De la chloroacétisatian. Paris, 1861.

(3) Rahuteau. Bull, de la Soc. de biologie, 1875, p. 169.

(4) Bull. gén. de the'rap.," janvier 1857.

(5) Aran et Mialhe.

DE l’acide PHÉNIQUE.

il présente cet avantage sur le cliloroforme qu’il n’est pas douloureux, et cet avantage sur l’éther qu’il ne produit pas de réfrigération. Aussi peut-on s’en servir commodéipent pour étudier l’action des anesthésiques locaux. D’ailleurs, comme M. Verneuil se sert de l’acide phenique pulvérisé pour désinfecter les plaies, c’était une occasion toute naturelle de vérifier la propriété anesthésique de cette substance, propriété que quelques auteurs ont déjà constatée (1).

Au point de vue du soulagement qu’un pansement à l’acide phénique apporte à la douleur des plaies, il ne m’a pas semblé que les résultats fussent absolument décisifs. L’irrigation continue, l’ouate, et les autres pansements sont quelquefois aussi puissants contre la douleur. Il est même quelques malades à qui l’acide phénique concentré semble causer quelques douleurs : mais c est là une exception que je n’ai rencontrée qu’une seule fois, et la plupart du temps l’action de l’acide phénique employé comme pansement est non seulement antiseptique, mais analgésiqué. X..., âgée de 28 ans (salle Saint-Augustin, n“ 22), atteinte d’adénite chronique des ganglions sousmaxillaires, est opérée par M. Verneuil, qui enlève la tumeur le 3 j uillet, après avoir endormi la malade. L’opération, sans être difficile, fut assez longue, il fallut faire une incision d’environ 15 centimètres, et extirper la tumeur qui résistait beaucoup. La malade en se réveillant souffrait si peu, qu’elle ne voulait pas se croire opérée ; on lui fit le pansement phéniqué, pendant qu’elle était encore

(1) Adelmann. Action anesthésique de Vaeide phénique {Berlin Klin. WochensUatt, 1873. n» 52).-Smith (cité par Lahhée, J-ourn. de thêrap., I, P 33'7. 1874). — Bergonzini. Lo spallanzani, 1874.

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