DES PARALYSIES SENSITIVES
un tronc nerveux, peut en déterminer la paralysie. Nous avons à voir en effet quelle est la véritable origine des paralysies dites rhumatismales : car le rhumatisme n’est qu’un être de raison. Il y a des rhumatisants chez qui le froid agit plus facilement que chez d'autres. Mais je ne comprends pas qu’on puisse dire que le rhumatisme paralyse un nerf ou l’irrite. Chez les rhumatisants les nerfs sont peut-être plus excitables, mais il est tout à fait antiscientifique de dire qu’une paralysie est produite par le rhumatisme.
Le froid agit rarement sur les nerfs sensitifs, il n’y en a guère que deux qui soient paralysés par le froid; le trijumeau et le nerf radial. L’anesthésie du trijumeau (1) est assez rare pour ne pas avoir été souvent le sujet de 1 attention des pathologistes. Ortel Ebrard (2) dit que sur 35 cas d’andsthésie du trijumeau, 7 sont attribuables au froid ; 4 sont rapportés aü rhumatisme : ce qui fait au total 11 cas d’anesthésie par refroidissement. Les autres sont dus presque uniquement à des tumeurs du crâne ayant
envahi le nerf trifacial.
Ce qu’il y a à remarquer dans ces anesthésies du trijumeau par refroidissement, c’est le contraste singulier qu’el ■ les offrent avec la névralgie de ce nerf. En effet, il n y a pour ainsi dire pas de douleurs, l’excitabilité du nerf est plus ou moins rapidement détruite, et, lorsqu’elle n existe plus, c’est à peine si les malades se rendent compte qu ils ont un côté de la face devenu insensible.
(1) Dixoa. Med. cUr. Transactions., t. XXVIII. - Taylor. Afed. Times and Gaz., juillet 1854. - Romberg. Lehrbuch der Nervenkrankheiten^ Berlin, 1850.—OrtelEbrard. Pamïysie du trijumeau. Th. inaug. Pans, 1867
(2) hoc. cit., p. 46.