PAR LE FROID
En somme, lorsque le froid agit sur un nerf, son premier elfet est de produire une excitation douleureuse et de ré-' veiller son excitabilité. De là la fréquence si grande des névralgies a frigore. Que cette action du froid soit poussée plus loin, il y a anesthésie a frigore, laquelle est incontestablement beaucoup plus rare; dans quelques cas la période d’hyperesthésie a été tellement rapide qu'elle a passé inaperçue, alors la période anesthésique persiste, mais le plus souvent la période hyperesthésique est seule observee, et l’anesthésie que produit un froid plus intense est plus rarement constatée.
Je n’ai pas à insister sur les symptômes de l’anesthésie du trijumeau. Quand elle n’est compliquée ni de troubles trophiques du côté du globe oculaire, ni de paralysie des
masticateurs, elle est caractérisée uniquement par la perte
du sentiment dans toute une moitié de la face.
Charles Bell a même signalé (1) une bizarre coùséquence de cette insensibilité qui s’arrête sur la ligne médiane. Lorsque les malades portent un verre à leur lèvre, il leur semble que le verre est cassé. D’ailleurs cette sensation se retrouve dans l’hémianesthésie hystérique.
Quant aux paralysies du radial a frigore, elles surviennent en causant encore moins de douleurs que les paralysies du trijumeau. La période d’hyperesthésie, caractérisée par des fourmillements et des engourdissements, est loin d’avoir été constamment signalée. Cela tient peut-être à ce que la paralysie est survenue pendant le sommeü, dans un certain nombre de cas. Le malade se réveillait, avec une impuissance complète des muscles animés par le
(1) Ch. Bell. Philosophical Transactions, 182o, p. 71.