SUR LES TRONCS NERVEUX SENSITIFS
de gouttière osseuse qui les maintient immobiles, et il suffit que les parois du canal ostéo-fibreux qui les enchâsse augmentent de volume, pour que sur-le-champ il y ait compression du nerf et paralysie. Voilà pourquoi, à 1 exclusion de tous les autres nerfs, le radial et le facial peuvent être paralysés par Timpression du froid brusque. Ainsi que l’expérience journalière l’enseigne, chez les rhumatisants le froid gonfle et dilate les tissus fibreux, c’est donc la compression qui est en réalité la cause des paralysies du radial et du facial. Mais ce n’est pas la compression telle que M. Panas la comprend, c’est la compression par le froid.
D’ailleurs plusieurs auteurs (1) ont fait des expériences sur l’action du froid portant sur les troncs nerveux euxmêmes, et les symptômes sont tout différents. En plongeant le coude dans l’eau glacée, grâce à la situation si superficielle du* nerf cubital en ce point, on peut refroidir énergiquement ce nerf. La première sensation est une sensation locale de froid, et justement rapportée à la peau du coude; mais au bout de quelques minutes, le froid gagnant le tronc nerveux lui-même, on ressent des fourmillements et des picotements dans tout l’avant-bras; en même temps survient une douleur extrêmement vive, et pour la supporter, il faut, dit Romberg, beaucoup de courage. L’hyperesthésie des 3® 4® et 5“ doigts est telle que le moindre contact provoque une douleur extrême. Enfin l’anesthésie survient; et elle est complète, alors que la
(1) Weber. De pulsu, resorptione, et tactu.—Waller. Proc. Royal Soc. London, 1860, t. II, p. 89. — Weir Mitchell. Loc. cit., p. 62. — Romberg. Zur Kritik der Valleixsche Schmerzenspuncte {Arch. für Psychiatrie, 1868, 1.1, p. 1).
Richet. 1^
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motilité n’a pas encore tout à fait disparu. Même quand il y a anesthésie, il y a des crampes et des contractions involontaires, douloureuses dans les muscles. Enfin je noterai une sensation générale de malaise sur laquelle nous reviendrons plus loin et qui survient presque toujours par suite de l’excitation trop forte d’un tronc nerveux volumineux.
Quelquefois ces paralysies par le froid ont assez longue durée, mais en général elles disparaissent facilement. Le traitement par la faradisation a une influence très-heureuse ; sans qu’on puisse exactement se rendre compte de son mode d action, il est incontestable qu’il agit avec une grande puissance.
§ III. Action de l’anhémie.
Ainsi que tous les tissus, les nerfs ont besoin, pour vivre, d’être en contact avec le sang oxygéné. La privation de sang produit donc la mort du nerf. C’est un a priori que l’expérience vient confirmer.
Ce n’est donc pas de l’anesthésie proprement dite; toutefois nous pensons qu’il faut rester attaché à la définition donnée plus haut de l’anesthésie, privation de sensibilité, et étudier les effets de cette anesthesie, et son mécanisme.
En second lieu nous verrons comment en pathologie, l’anhémie ou l’oligohémie amènent tantôt la douleur, tantôt J'anesthésie. Enfin nous traiterons de l’hypoalgésie produite par la soustraction soit locale, soit générale d’une certaine quantité du fluide sanguin.