SENTIMENT COMPARÉ
que pendant peu de temps; à cet effet on adapte à la tige du métronome un fil métallique qui à chaque oscillation du balancierplonge quelques instants dans le mercure. Toutes les fois que le courant passe, l’interrupteur vibre et on peut s’arranger de manière à ce que le nombre des vibrations pour chaque fois que le courant est rétabli par le métronome soit invariable. Les signaux électriques de la figure ci-jointe (fig. 1, ligne e), indiquent bien comment se fait 1 excitation, par différents groupes de huit excitations réunies. Or, si on se sert de ces courants disposés ainsi, pour explorer la sensibilité, on ne sent pas tout d’abord, mais peu à peu on arrive à sentir l’excitation. Il semble que les premières secousses servent seulement à préparer les centres nerveux à sentir les suivants.
Quoique le fait paraisse purement psychique, on peut reproduire la même expérience sur le muscle, et le tracé de la fig. 1, p. 117 en montre les résultats.
Le premier groupe des excitations électriques de la ligne e ne produit pas d’effet musculaire. Le second groupe, au contraire, donne un commencement de contraction et enfin au troisième et surtout au quatrième groupe , il y a une contraction manifeste, de sorte que si l’on traduisait la perception sensitive par une représentation graphique schématique, on aurait absolument le tracé de la courbe myographique m delà figure 1.
En réalité, le phénomène est beaucoup plus complexe qu'il ne paraît l’être, et nous verrons plus loin à que] ordre de faits il convient de le rattacher. Constatons seulement ici qu’il y a une éducation de la perception et que dans le muscle il y a un fait analogue, une sorte d’éducation de la contraction ce qui rapproche avantageusement
AU MOMENT l'O
un phénomène en apparence psychique d’un phénomène moins complexe et mieux connu comme la contraction musculaire.
§ II. Des variations de la sensibilité selon le nombre, la
fréquence et l'intensité des excitations.
1, Des deux courants d’intensité moyenne développés dans la bobine induite par la rupture et la clôture d’un courant de pile, un seul agit en apparence sur le nerf sensible, c’est le courant de rupture. Pour que le courant de clôture agissé, il faut que la bobine induite soit tout à fait rapprochée de la bobine inductrice, et alors, tandis que le courant de clôture est faiblement perçu, le courantde rupture est extrêmement douloureux.
Ainsi, avec des courants d’intensité moyenne ou faible, c’est la rupture qui donne une sensation. Mais ce qu il est nécessaire d’ajouter, c’est que le courantde clôture qui semble ne pas agir, agit en réalité efficacement lorsqu’il est très-rapproché du courant de rupture. Si pour un courant de moyenne intensité, la rupture et la clôture sont proches l’une de l’autre, la sensation perçue est unique, mais plus forte que si la rupture et la clôture étaient séparées par un intervalle de temps notable.
Cela est vrai aussi à la limite. Il arrive un moment où la rupture isoléeou séparée de la clôture par un intervalle suffisant, n’est pas sentie, tandis que la rupture suivant
ITION
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immédiatement la clôture est légèrement, quoique nettement, sentie.
Fig. 2. — Série A. La rupture et la clôture étant très-rapprociées, sont bien perçues. — Série B. La rupture et la clôture (r et e) étant plus espacée» ne sont pas perçues. L’intensité de l’excitation ne varie pas.
La figure 2 qui reproduit graphiquement des interruptions électriques faite au métronome fera comprendre ceci plus facileqient. On percevait une sensation aux interruptions très-courtes des lignes A, la rupture et la clôture se succédant de très-près, tandis qu aux lignes B indiquant des interruptions (c clôture, r rupture) un peu plus longues il n’y avait pas de perception.
On arrive donc par cette expérience très-simple à ce fait qui ne laisse pas d’être imprévu. Deux excitations, étant isolées ou séparées par unlong intervalle, sont insuffisantes pour produire un effet sensitif, tandis quelles produisent cet effet lorsqu elles sont rapprochées Vune de Vautre.
Il faut donc admettre qu’il y a un accroissement d’excitabilité ou une accumulation d effet, ce qui revient absolument au même, soit dans les nerfs sensitifs, soit dans les centres. Or, de ces deux hypothèses, la première est manifestement erronée. Gruenhagen a montré que, quelle que fût la fréquence des interruptions, jusqu’à dix mille