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DES DIFFÉRENTES VARIÉTÉS DE LA SENSIBILITÉ GÉNÉRALE

Cette question est une des plus obscures de la physiologie, et malgré de nombreux travaux elle n’est pas encore sur le point d’être élucidée. Avant d’entrer dans le détail des faits il est nécessaire de résumer les données que nous possédons aujourd’hui sur les rapports des nerfs avec les centres nerveux.

Un nerf n’a pas d’autre fonction que celle de transmettre une excitation. La transmission de cette excitation est ce que nous avons étudié plus haut sous le nom de courant nerveux. Il y a un courant nerveux centripète et un courant nerveux centrifuge. Les courants centripètes agissent sur les centres, les courants centrifuges agissent

sur les muscles. Ils ne font que mettre en jeu l’irritabilité des parties avec lesquelles ils sont en rapport, et cette irritabilité peut être éveillée par d’autres excitants que l’excitant nerveux. Ainsi d’une*part l’électricité agit sur un muscle dont les nerfs sont paralysés par le curare, et d’autre part des excitations portant directement sur la moelle donnent des impressions sensitives.

Si après l’excitation du nerf optique il y a une sensation visuelle, la spécificité de cette sensation tient non pas au nerf lui-même, qui est simplement un cordon conducteur, mais au centre avec lequel il est en rapport. Il en est certainement de même pour le nerf acoustique, et probablement aussi pour les nerts de l’olfaction et du goût.

Mais si cette distinction est facile à établir pour les nerfs sensoriels, il n’en est pas ainsi pour les nerfs de la sensibilité générale. A l’état normal, des excitations différentes éveillent des sensibilités différentes. Un corps chaud appliqué sur la main donnera une sensation de chaleur, la pression une sensation de pression, le contact une sensation de contact, etc.

Cette distinction entre les diverses formes de la sensibilité n’est pas une pure abstraction. Dans la plupart des maladies des nerfs, l’une d’elles peut être atteinte sans que les autres le soient, et les paralysies de ces sensibilités se font isolément, l’une étant détruite, quand l’autre est exaltée, ainsi que nous l’avons démontré au chap. IV de la première partie.

De là, deux hypothèses qu’il faut poser le plus nettement possible. Naturellement l’une est vraie, à l’exclusion de l’autre. Ou bien le mode de transmission par le nerf

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