GÉNÉRALE
Or, à vrai dire, cette objection ne nous paraît pas fondée, puisque nous ne nous faisons aucune idée de la complexité des organes nerveux centraux, et que cette complexité paraît extrême. Dans l’une et l’autre hypothèse, il n’y a pas de simplification possible, et la science est forcée de reconnaître qu’elle ne sait rien de précis sur cette sorte de travail intérieur des centres, qui fait que telle excitation est suivie d’une sensation de chatouillement, telle autre d’une sensation de douleur, etc.
La seconde objection est qu’il faudrait créer alors une infinité de conducteurs spéciaux (Vulpian), le besoin de respirer, de tousser, d’éternuer, de vomir, etc., constituant des sensibilités spéciales.
Malgré l’autorité du professeur Vulpian, il me paraît impossible d’admettre cette objection et pour plusieurs raisons. D’abord parce que le nombre de ces besoins n’est pas extrêmement considérable, qu’on pourrait le ramener à une dizaine, tout au plus ; que le nombre des centres moteurs spéciaux, d’après les nouvelles recherches, paraît devoir être beaucoup plus grand, et qu’en tout cas l’existence de ces centres de sensibilité est nécessaire, puisque ces sensibilités existent réellement, et ne peuvent être niées comme existences distinctes. La principale raison pour laquelle cette objection n’a pas de valeur, c’est que ces différents besoins n’ont rien de caractéristique que le réflexe qu’ils provoquent. Cligner, respirer, bâiller, éternuer, sont des fonctions dans lesquelles le nerf sensitif, qui va aux centres et le nerf moteur, qui en vient, jouent également leur rôle. Ce qu’on appelle un besoin n’est autre qu’un réflexe sollicité avec énergie par le nerf sensitif. La sensation vient donc, à proprement parler, de ce qu’on Richet. 36