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DES DIFFÉRENTES

appelle le sens musculaire et n’en est qu’une variété. Au demeurant, du moment qu’on est forcé d’admettre l’existence de centres moteurs spéciaux pour ces différentes fonctions, on ne peut regarder comme trop complexe la coexistence, à côté de ces centres moteurs, de centres sensitifs qui leur sont étroitement liés.

Dans l’une comme dans l’autre hypothèse, on doit reconnaître qu’il existe plusieurs genres de sensibilité, et pour ma part je trouve la difficulté tout aussi grande d’admettre que selon le mode d’excitation du nerf les cellules nerveuses de la moelle seront irritées d’une certaine manière, et produiront une perception spéciale, que de reconnaître à la moelle certaines régions spéciales, desservies par des nerfs spéciaux, lesquels entrent en jeu sous l’influence des excitations diverses.

La troisième objection a beaucoup plus de force que les deux autres. Elle n’est cependant point énoncée dans l’article de Vulpian (1) sur les fonctions de la moelle. Le fond de cette objection est qu’il y a à la périphérie une série d’appareils (corpuscules de Pacini, de Vater, de Malpighi, de Krause, etc.), encore assez imparfaitement connus au point de vue anatomique, et dont la fonction est absolument ignorée. Or, il est très-possible que ces appareils ne soient pas également impressionnés par les différentes excitations, telles que la chaleur, le contact, la pression, etc. ; et selon leur mode d’excitabilité ils transmettraient aux centres telle ou telle sensation à 1 e;^clusion des autres sensations.

Vulpian (2) gssimile cette spécificité des cellules ner-

(1) Dict. encyclop., t. VIII, p. 398 et suiv.

(2) Loc. eit., p. 423.

veuses périphériques à la fonction que certains auteurs attribuent à la rétine. En effet M. Donnell (1) et Dor (2) pensent, contrairement à la doctrine d’Helmholtz et de Young, qu’il n’y a pas de conducteurs spéciaux pour les différentes couleurs du spectre, et que la sensation de telle ou telle couleur dépend du rapport entre l’excitabilité du nerf et la qualité physique des excitations lumineuses. Cependant, en pareille matière, les autorités de Young et d’Helmholtz sont tellement imposantes qu’on a de la peine à se décider contre eux, surtout quand leur opinion n’est pas solidement réfutée.

En résumé, la valeur des objections dirigées contre l’ancienne doctrine de Brown-Séquard, que Schifl admet encore aujourd’hui, est presque nulle, et il est extrêmement facile de les mettre à néant de fond en comble. Nous ne prétendons pas la défendre ; elle est trop hypothétique pour être inattaquable, mais cette doctrine explique si clairement les faits qu’elle offre une très-grande commodité pour le langage, et c’est à ce titre que nous nous en servirons. Il n’est pas besoin de rappeler ici que ce n’est qu’une hypothèse, que par conséquent elle est sujette à caution, mais nous attendrons pour la rejeter qu’on ait trouvé contre elle des arguments plus sérieux que ceux qui ont été invoqués jusqu’ici.

Voici donc ce que nous admettrons dans le courant de cette étude.

Il existe dans l’axe encéphalo-médullaire des centres de sensibilité qui, lorsqu’ils sont mis en jeu, éveillent te^Ie

(1) Bull, de la Soc. de bîol., 1874.

(2) Site, der Bern. naturfors. Gesellchaft, juillet 1872.

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