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DU SENS MUSCULAIRE

demment rapporter ce fait à la persistance de l’impression, en vertu de laquelle le sujet éprouve encore la sensation, alors que la cause qui l’a provoquée a disparu. Il serait sans doute très-intéressant de rechercher le temps et les conditions nécessaires à la persistance de cette impression ; mais je n’ai pu tenter cette recherche, et je me contente de signaler le fait qui est assez intéressant pour être noté.

Le sens du toucher nous fournit encore beaucoup d’autres notions sur les objets extérieurs; il nous permet déjuger leur forme, leur consistance, leur poids, leur température. La forme relève évidemment de la notion de contact et de la notion de localisation. La consistance et le poids dépendent du sens musculaire.

Bien des travaux ont été faits sur le sens musculaire (1), et ce qui résulte le plus clairement de la lecture des principaux mémoires écrits sur ce sujet, c’est que le sens musculaire existe, ou tout au moins qu’il y a une notion complexe de cei'taines qualités des objets extérieurs, notion que le contact simple ne peut pas donner (2). Quels sont les conducteurs dans la moelle de ces impressions? c’est ce qu’on ne saurait bien déterminer. Il y a complet désaccord sur cette question entre la plupart des physiologistes.

(1) Bernstein. Untersuchungen ueber den Erregungsvorgang. Heidelberg, 1871, p. 239. — Bernhardt. Zur Lehre von muskelsinn (Arch. fur Psychatrie, 1872, p. 618). — Sachs. Recherches sur les nerfs sensibles des muscles (Archiv fur anat., 1874, p. 645). — Schultze et Furbringer. Sehnenreflexe. (Centralblatt, 1875, p. 929). — Schiff. Lehrbuch der Physîol., p. 118. — Rolliker. Zeitschrift fur Wissenschaflliche zoologie, t. XII, p. 157.

■■'2) Vulpian n’admet pas l’existence du sens, musculaire (art. Moelle du Dict. encyclop., p. 422). Il en est de même de Bernhardt (Archiv fur Psychiatrie, 1872, t' III, P- 518).

DE LA THERMOESTHÉSIE. ^

En tout cas faire du toucher un sens ne relevant que del sensation de contact, ce serait sinsuUërement rétrécir e domaine de ce sens. Le sens sens particulier, il ne fait que dans une mesure très-grande. Lorsqu on ai UTCC l’esthcsiomètre, invariablement les sujet P ^

riencc font des mouvements pour donner p us

leursensation.Régulièrementilenesttoujoursains^

toucher un objet et le connaître, nous ne nous contenton pas de reffleurer, mais de le palper, de le presser pour juger de son poi^s, de sa résistance, de sa consistance, toutes données qui ne sont fournies que par le sens mus-

“cè qu’il y a de plus curieux dans l’étude du sens musculata c’e« que souvent il conserve son intégrité au milieu del’ane’sthésiegénérale.Ainsileshystériquesneperdentque ILment le seL musculaire, et alors que toutes les autres sensibilités tacüles ou aSectives sont abolies, ont “nse^e la faculté de coudre, de tricoter, d’écrire, etc., mouvements oui exigent des sensations très-parfaites et complexes. ^

Le sens de la température ou thermoesthésie existe ventablement et il fait encore partie du sens du toucher, observe très-rarement sa paralysie isolée, mais souvent on

foît sa persistance au milieu de l’anesthésm

centrale, soit périphérique. Dans les affections u sys ^ nerveux central, la paralysie agitante ’ J

souventunesens.tiondechaleurinsuppottable{l). Dans les

.“toxicationsparl’arsenic(2),par la belladone, on retrouve

(1) Ch.™t. Xcc.» 1» Kl -Wi» d« ‘ '•

(2) Rabuteaa. Toæicoî., p. 137.

Richet.

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aussi cette sensation. Les amputés ont souvent des bouffées de chaud et de froid, et la compression d’un nerf produit aussi le même résultat; ce qui prouve que pour les sensations de froid ou de chaleur l’appareil tégumentaire périphérique n’est pas nécessaire.

Quant au sens dit de la pression, je ne comprends guère comment il a été admis, sans motif, par la plupart des auteurs : en effet, ou la pression est douloureuse, ou elle n’est pas douloureuse. Si elle est douloureuse, on ne sent plus de pression réelle, on éprouve une douleur qui ne donne aucune notion perceptive; si bien que certaines douleurs, ayant une tout autre cause, ressemblent aux douleurs produites par la pression, une forte brûlure par exemple (1). Il n’y a donc pas lieu de faire une classe à part pour la douleur produite par la pression, c’est une forte excitation des nerfs, toute mécanique, et qui n a rien de particulier ni comme excitation ni comme perception.

Si la pression est légère sans être douloureuse, on aura bien à la vérité une perception nette de la pression; mais si l’on voulait en faire une sensation spéciale, à ce compte il faudrait en créer une infinité d’autres, par lesquelles nous jugeons de la dureté, de l’humidité, de la rugosité des objets, etc. En somme ce n’est qu’une excitation mécanique qu’il faut assimiler aux excitations mécaniques que donne le contact.

Cependant, comme dans toutes les erreurs, il y a dans la classification généralement reçue, par laquelle la sensation de pression est distinguée des autres, un certain point de vue qui est exact. Souvent on voit des malades ayant une anesthésie incomplète. On peut piquer, pincer,

(1) Robin et Béraud. Elêm. de physîol., t. I, p. 140.

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