DE PRESSION
brûler la peau sans provoquer ni perception, ni douleur. Mais si on presse fortement dans la main le membre tout entier, le malade sentira une douleur d'ans quelques cas, dans d’autres cas il aura la simple perception sans douleur. Cela suffit-il pour faire de la sensibilité à la pression une classe à part (1)?
Pour résoudre la question, rappelons-nous la manière dont meurent les nerfs sensitifs : d’après les expériences rapportées plus haut, le nerf sensitif meurt de la périphérie au centre et des parties superficielles aux parties profondes ; il arrive alors très-souvent que les rameaux profonds et les branches volumineuses d’un nerf sont encore sensibles, alors que les ramuscules terminaux dispersés dans la périphérie tégumentaire ont perdu leurs propriétés vitales. Or, l’excitabilité de ces rameaux profonds est mise en jeu par une pression forte, tandis que le contact, le toucher proprement dit, ne met en jeu que les ramuscules terminaux dont la fonction est abolie en premier lieu. Il y a donc lieu de distinguer une sensibilité superficielle, tégumentaire, et une sensibilité profonde qui appartient aux muscles, aux troncs nerveux eux-mêmes, au tissu conjonctif et aux os. Ce n’est pas une différence dans la nature de la sens ibilité, mais uniquement une différence dans son siège (2).
Cette sensibilité tégumentaire et superficielle doit même être subdivisée en deux classes fort distinctes, surtout au point de vue pathologique ; en effet, il arrive souvent, surtout dans les anesthésies légères, que le malade ne
(1) M. Brown-Séquard {Journ. de physiol., t. VI, p. 613), se refuse aussi à admettre la sensation de pression comme une espèce distincte.
(2) Weir Mitchell. Loc. cit., p. 228.