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CLASSIFICATION

sente pas un contact léger; la piqûre très-superficielle d'une épingle ne provoque ni douleur, ni même perception. Que si on enfonce l’épingle profondément, il ressentira nettement la douleur (1). Il n’est pas anesthésique à proprement parler, puisqu’il sent encore nettement des excitations, mais il a perdu la finesse, et, comme je le disais plus haut, la fleur de la sensibilité. Il distingue mal les pointes de l’esthésiomètre, il ne sent pas un effleurement, tandis qu’un contact brusque et un peu plus fort éveille une sensation très-nette; l’excitation, portant sur la face profonde du derme, produit une vraie douleur. Il y a donc lieu, selon moi, de distinguer une sensibilité superficielle et une sensibilité dermique.

Je crois que ces distinctions, insuffisantes peut-être, au point de vue de la physiologie absolue, sont très-vraies et très-sûres au point de vue clinique.

Voici donc la division que je proposerais d’établir pour les sensibilités perceptives qui constituent, par leur ensemble, le sens du toucher :

Sensibilité musculaire, répondant à une excitation physiologique, à la fois à la périphérie par une contraction musculaire, et dans les centres par la mise en jeu des noyaux moteurs juxtaposés aux noyaux sensitifs;

Sensibilité thermique, répondant à une excitation physique, et permettant d'apprécier la température des corps ;

Sensibilité tactile, répondant à une excitation mécanique, et ainsi subdivisée :

Sensibilité superficielle;

Sensibilité dermique ;

(1) Cf. Mesnôt. Th. inaug., 1852.

Sensibilité profonde (sens de la pression des anciens auteurs).

Toutes ces sensibilités peuvent, si l’excitation est trop forte ou le nerf trop excitable, ce qui revient au même, devenir des sensibilités à la douleur; ainsi une contraction musculaire exagérée devient une crampe atrocement douloureuse : une température très-élevée, une excitation mécanique trop forte, causent des douleurs dont par l’effet de l’habitude on arrive à distinguer la cause, mais qui n’ont en réalité qu’un seul résultat, une sensation douloureuse.

Q.uant à la sensibilité provoquée par l’électricité ou par des actions chimiques, comme à l’état normal, il n’y a pas d’excitations de cette nature; elle ne répond à aucune perception, et on ne peut leur supposer de conducteurs spéciaux, puisque l'électricité et les corps chimiques actifs mettent en jeu un tronc nerveux dans sa totalité, de sorte que c’est le courant nerveux que ces excitations produisent et que leurs effets ont déjà été étudiés plus haut (1).

Il est toutefois un point sur lequel je voudrais insister de nouveau, car il me tient à cœur pour ainsi dire, et il serait à désirer que l’attention des histologistes se portât sur cette question. Il y a certainement à la périphérie, pour la sensibilité tactile, des appareils destinés à renforcer l’impression mécanique, et je ne comprends guère qu’un aussi bon physiologiste que Weir Mitchell ait pu dire (2) :

« L’hypothèse d’appareils de réception spéciaux à la périphérie reste sans fondements physiologiques solides, d

Or ces fondements physiologiques nous les trouvons,

(1) Yoyeï partie, chap. II,

(2) Lo<i. cit., trad. frang., p. 48.

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