‹ Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilitéChapitre 94 sur 132 · RÉCEPTION · texte numérisé non relu

RÉCEPTION

nerveuses qui conduisent à l’encéphale les excitations delà périphérie cheminent parla substance grise et s’entre-croisent (au moins une fois), et il est avéré aussi que les cordons postérieurs ont un certain rôle dans cette transmission, mais qu’il faut bien se garder de les considérer comme les seuls conducteurs, ainsi qu’on l’admettait autrefois,

Dans la moelle allongée et dans l’encéphale, il y a encore de plus nombreuses incertitudes. Ainsi, il n’est pas certain que les impressions passent par les cordons restiformes, comme le veut Longet (1), ou qu’elles soient sans route déterminée (2) ou même qu’elles passent toutes par la substance grise, comme le suppose Brovim-Séquard.

Quant à l’encéphale, des travaux remarquables et tout récents (3) ont déterminé avec précision le point où se faisait la concentration générale de tous les conducteurs de la sensibilité. Ce point qui est comme le centre et le foyer de toutes les sensations qui viennent de la périphérie, a été démontré, tant par les expériences physiologiques que par les observations d’hémi-anesthésie suivies de mort, être à la limite de la couche optique (capsule interne de Meynert). Toute lésion, dit M. Charcot, qui interrompt la

(1) Traité de physiol., t. III, p. 367.

(2) Vulpian. Leçons sur le système nerveux, p. 491.

Laborde. Art. Moelle allongée du Dict, encyclop., p. 608,

(3) Türck. Situngsberickte der Acad, zu Wien., 1859, t. XXXVI, p. 191. — Jackson. London Hospitals Reports, 1866, t. III, p. 373. — Veyssières. Th. inaug. Paris, 1874. — Charcot. Leçons sur les maladies du système nerveux, 2« édit., p. 300 [Progrès méd., 23 janv. et 6 fév. 1875, et Gaz. méd.. 1876, p. 380). —Raymond. Th. inaug. Paris, 1876.— Lasègue, Arch. gén. de méd., mars 1876. — Pitres. Gaz. méd., 1876, p. 361.

continuité de la capsule interne dans son tiers postérieur a pour conséquence une anesthésie totale du côté opposé et qui porte simultanément sur la sensibilité cutanée et les sensibilités spéciales.

Au delà de ce point y a-t-il dans le cerveau des parties spécialement destinées à la sensibilité? On regarde les lobes postérieurs comme étant probablement destinés à cette fonction : mais il faut encore de nombreuses recherches pour que le fait puisse être affirmé. En tout cas, le développement de ces lobes cérébraux paraît, en anatomie comparée, être corrélatif à la perfection de la sensibilité, laquelle est elle-même en rapport avec la perfection de l’intelligence.

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