‹ Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilitéChapitre 96 sur 132 · DOULEUR · texte numérisé non relu

DOULEUR

tions de la douleur ne peuvent plus avoir lieu.. Dans ce cas la douleur ne serait plus une réalité ; ce serait une sorte d’abstraction théorique, mais non la douleur véritable, celle qui fait souffrir et crier.

Il est donc probable que les réflexes de la vie organique dont nous parlons ici n’ont aucun rapport direct avec la douleur. Ils sont produits parla meme cause qui a produit la douleur ; et l’excitation forte d’un nerf de sensibilité, laquelle amène une impression douloureuse, se réfléchit en même temps sur les organes délicats et impressionnables comme le cœur, l’iris et les vaso-moteurs; quant aux réflexes de la vie animale, portant sur les muscles du larynx et de la face, ils sont en quelque sorte des mouvements de défense plus ou moins instinctifs et coordonnés.

§ II. De l’influence de Vétat des nerfs sur la douleur, et de l’influence de la douleur sur le système nerveux.

Variations de la sensibilité dans les nerfs. — L’état des nerfs joue un rôle important dans la sensation douloureuse, et on commettrait une grave erreur en supposant au nerf une excitabilité toujours égale, et aussi régulièrement soumise à des lois physiques, qu’un fil de métal conducteur de l’électricité. Les exemples d’hypéresthésie liée uniquement à des troubles nerveux périphériques sont assez communs pour qu’on ne puisse mette en doute cette affirmation.

Ainsi, par exemple, quand le bras est fortement comprimé au-dessus du pli du coude, au moment où il y a de la thermo-hypéresthésie. Un quart d’heure après le

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début de la compression des nerfs, il suffit de presser fortement un doigt de la main pour faire éprouver au patient une vive douleur. Cette douleur semble une sensation de chaleur, mais ce n’en est pas moins une vraie douleur cependant les centres ne sont en rien modifiés par cette compression périphérique.

Dans tous les cas de phlegmon, d’arthrite, de névralgie, etc., le moindre contact est douloureux, la plus légère excitation dans la sphère du nerf hjpéresthésié produit une douleur intense, extrêmement redoutée par le malade.

Cet état d’hypéresthésie des nerfs, à la suite de causes diverses, soit inflammatoires, soit névralgiques, explique fort bien comment l’avulsion d’une dent malade est plus douloureuse que celle d’une dent saine, l’incision de la peau phlegmoneuse plus pénible que celle de la peau intacte. Ce sont comme des tissus tout préparés à la douleur par les souffrances antérieures, et une incision au milieu de ces tissus est en effet beaucoup plus douloureuse qu’au milieu des tissus sains. L’observation de chaque jour est là pour le confirmer.

Cette différence de sensibilité entre des parties enflammées et des parties saines est telle que certains organes absolument insensibles normalement, deviennent sensibles aux excitations douloureuses quand ils s’enflamment. Flourens, remarquant que les observations de Haller (1) étaient en désaccord avec les affirmations des chirurgiens et en particulier de J.-L. Petit, a fait sur ce sujet des

(là Mém. sur la nature des parties sensibles et irritables, etc., 1.1, p. 136. Lausanne.

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