‹ Recherches Expérimentales et Cliniques sur les PancréatitesChapitre 17 sur 49 · PP REUR · texte numérisé non relu

PP REUR

Dans nos tentatives, peu nombreuses et peu prolongées d’intoxication par injection sous-cutanée de toxine diphtérique, nous avons

obtenu un processus local beaucoup moins intense.

Expérience n° 61. — Toxine diphtérique sous-cutanée, — Par places infiltration hémorrhagique. — Par places infiltration de leucocytes. — Prolifération des cellules glandulaires.

Jeune chien blanc et brun.

Le 17 septembre, injection sous-cutanée de 3 gouttes de toxine diphtérique diluées dans 2 centimètres cubes d’eau distillée ; le 49'septembre, 4 gouttes. A partir du 20, l'animal est malade, ne mange plus, reste couché ; le 21 septembre, 3 gouttes : le 22, l’animal est très fatigué ; il vomit. Mort le 23, six jours après l’injection initiale.

Auropsie. — Ictère. Foie très congestionné. Vésicule biliaire pleine d'une bile épaisse et noire. Reins congestionnés, malades ; les urines contiennent de l’albumine ; pas de sucre. Capsules surrénales très malades, rouges, congestionnées. Pancréas très malade, surtout au voisinage de l'intestin. Il est congestionné et présente par places de fines granulations superficielles.

EXAMEN MICROSCOPIQUE. — La glande parait altérée de différentes manières. On observe, du côté des vaisseaux, une vaso-dilatation très considérable : les vaisseaux sont très larges et gonflés de globules rouges. Une transsudation d’hématies s’observe en un grand nombre de points dans les fentes interlobulaires et interacineuses voisines.

Les canalicules présentent, d'autre part, une remarquable prolifération de leurs cellules. Celles-ci présentent, parfois, plusieurs noyaux. Elles ont l’air de se bousculer, s'aplatissant réciproquement. Certaines font saillie très loin dans la lumière du canal et se pédiculisent.

Les acini glandulaires sont, eux aussi, en pleine activité ; leurs cellules prolifèrent. Là aussi, on a l’impression d'une bousculade de cellules par hyperproduction.

Les espaces interacineux paraissent normaux sur une grande étendue, Sur certains points, ils sont remplis, soit d'hématies exsudées, soit de leucocytes. L'aspect de la glande est, par endroits, totalement changé. Elle prend alors une apparence compacte : les espaces interacineux et interlobulaires étant comblés par ces cellules. La plupart de ces cellules ont l’aspect de leucocytes mononucléaires et de lymphocytes. Certaines cellules s’allongent et tendent à se modeler. On voit donc déjà une tendance à l’organisation, et déjà apparaît une substance intercellulaire à contours encore peu distincts : fibres conjonctives très jeunes.

Sur d’autres points, l’organisation du tissu conjonctif est plus avancée ; les cellules sont moins nombreuses ; celles qui restent se sont

ÉARNETE

allongées ; les fibres prenant mieux la couleur, se sont mieux délimitées.

En résumé : multiplication cellulaire intense des cellules glandulaires et canaliculaires. Par places, infiltration hémorrhagique et leucocytaire des espaces interlobulaires et interacineux.

Par places, les lésions sont plus anciennes ; elles montrent un allongement et une fixation des cellules conjonctives, la naissance de fibres conjonctives et un certain degré de digestion des hématies.

Expérience. — Lapin. — Toxine diphtérique (une goutte par injection sous-cutanée). — Mort le 2e jour.

Pancréas paraissant médiocrement altéré. Acini normaux, cellules glandulaires normales. Canaux très légèrement irrités. En certains points, infiltration interacineuse par des leucocytes et des cellules conjonctives très jeunes. Vaisseaux très dilatés.

Expérience. — Lapin. — Toæine diphtérique. — 1 goutte. — Injection intra-veineuse.

Mort en 3 jours. Pancréas altéré. Vaso-dilatation considérable. Acini remarquables par une prolifération des éléments cellulaires. Espaces interacineux infiltrés de débris épithéliaux amorphes. Par places, hyperleucocytose interacineuse. Canaux irrités, présentant des cellules en prolifération.

Si nous voulons résumer les lésions observées après: intoxication par toxine diphtérique, nous voyons que : les injections locales qui n’agissent d’une facon spéciale que par une multiplication locale des doses, déterminent les lésions les plus intenses ; c'est-à-dire des pancréatites hémorrhagiques typiques, toute la glande était transformée en caillot, et l'animal mourut d’hémorrhagie péritonéale.

Les injections sanguines et sous-cutanées, qui n’agissent sur le pancréas que par une faible partie seulement de la dose employée, déterminent de faibles lésions: infiltration de leucocytes, et plus tard début d'organisation de la sclérose.

Ici encore, on a la gamme de lésions déjà observées. Doses considérables : pancréatites hémorchagiques. Doses moindres : hyperleucocytose de la glande, puis tendances à la sclérose.

De ces cas expérimentaux, nous rapprocherons l'étude d’un pan-

créas provenant d’un enfant mort de diphtérie toxique :

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