‹ Recherches Expérimentales et Cliniques sur les PancréatitesChapitre 19 sur 49 · RP · texte numérisé non relu

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lette de lapin vivant et montrant qu’elle résiste à la digestion. Gette action vitale, propre, de. résistance, est attribuable, en partie, à la non pénétration des cellules. De même, un tissu vivant, plongé dans une solution colorée, ne se laisse pénétrer qu’à peine : l’action est bien différente s'il est malade ou s’il est mort.

Fermi (Arch. italiennes de Biologie, 1895) a repris le problème : le suc gastrique est sans action sur les hyphomycètes, les blastomycètes qui s’y développent très bien. De même, la trypsime n’agit pas sur les schizomycètes, non plus que sur les amibes, in vitro ou dans l'intestin. Les cellules embryonnaires des plantes, les vers, les larves de mouches ne sont pas altérés. La trypsine stérilisée n’agit pas sur le cobaye en injection hvpodermique, ni sur la grenouille. Elle est même détruite, comme lorsqu'on la triture avec des organes frais.

Pourtant, ALBERTONI, LANGENDORFF, BÉCHAMP et BALTUS ont tué des animaux très rapidement par injection intra-veineuse de pancréatine ; il s’agit probablement de mort par embolie.

LANGERHANS, DETTMER, HiLDEBRAND, KOERTE, WILLIAMS, ayant abandonné dans le péritoine un morceau de pancréas frais, déterminèrent ainsi une inflammation diffuse. Peut-être n’était-il pas aseptique. En certains cas, ces auteurs ont obtènu de la nécrose graisseuse.

Derrmer, commence la dissociation : l'injection de trypsine dans le péritoine détermine une exsudation séro-hémorrhagique, et non une nécrose graisseuse.

FLEexNER, injecte, dans le péritoine, le ferment pancréatique des graisses (stéaptase) et reproduit expérimentalement, parfois, la nécrose graisseuse. Cliniquement il retrouve, dans des foyers de nécrose graisseuse, le ferment pancréatique spécial qui ne se trouve pas dans la graisse normale. Les cas humains de nécrose graisseuse au cours de pancréatites hémorrhagiques, cas rapportés par Hicps- BRAND, PONFICK, BALSER, FITZ, CHtARI, etc., sont à rapprocher de ces expériences. Nous avons, de même, obtenu parfois expérimentalement ces nécroses graisseuses dans nos infections du pancréas.

En réalité, l'incertitude la plus grande règne quant à l’action pathologique des ferments : certains auteurs n’ont rien obtenu, d'autres

ont obtenu, dans des conditions défectueuses (défaut d’asepsie) des

résultats contestables, et variables. La seule question des nécroses graisseuses, avec toutes ses incertitudes, para abordée nettement.

Nous pensons que la question de doses, ici comme ailleurs, est capitale, et que toute la gamme des lésions peut se rencontrer, suivant la virulence ou la dose du ferment.

Nous avons,dans ces derniers temps, repris entièrement le problème pathologique de l’action des enzymes. Nous ne donnons ici que quelques résultats, intéressant le pancréas. Mais nous avons fait en même temps, avec Mile DEFLANDRE, des essais analogues pour un grand nombre de ferments et pour un grand nombre de glandes. Les résultats seront bientôt publiés. Ils paraissent déjà extrêmement intéressants.

Nous publierons, ici, seulement quelques mots sur la gamme des lésions obtenues avec la papaine, à doses variables, en injections dans le canal de Wirsung.

La papaïne (trypsine végétale), se rapproche beaucoup d'un des ferments pancréatiques. Celle que nous avons employée paraît avoir une virulence considérable. Nous graduons ici son effet, uniquement par la dose employée. Mais, dans d’autres expériences, encore en cours, nous avons cherché à augmenter ou diminuer par différents moyens la virulence du ferment et nous avons, chaque fois, appré-

cié cette virulence par une digestion in vitro.

Expérience n° 163. — Injection de papaïne (très forte dose). — Pancréatite hémorrhagique en 24 heures.

Chienne jaune, 10 kilogs. Le 31 janvier, injection de papaïne (environ 0 gr. 20 diluée dans 30 centimètres cubes d’eau) dans le canal de Wirsung : une partie de la substance reste en suspension et n'est pas injectée.

On assiste, presque immédiatement, à des phénomènes réactionnels du côté de la glande : elle se congestionne ; pointillé hémorrhagique à la surface.Teinte inaccoutumée,difficile à décrire.Onrefermel’abdomen.

Le chien boit, mange un peu, se promène, est assez bien portant jusqu’au lendemain. Le lendemain matin, il reste couché, son corps est par instants agité de secousses, le ventre se ballonne. Mort à 1 heure, 25 heures après l'injection.

Auropsie quelques minutes après. Péritoine entièrement rempli de sang, liquide jaillissant en jet après incision de la paroi, ayant imbibé tout l’épiploon, le petit bassin.

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