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CHAPITRE PREMIER

Pancréatites hémorrhagiques.

$S 4. — Pathogénie.

Les hémorrhagies du pancréas surviennent dans des conditions fort différentes : tantôt à la suite d’un traumatisme de l'abdomen (coup de pied de cheval etc.), tantôt au cours d’une intoxication (sublimé, morphine), tantôt enfin et surtout par l'effet d’une infection suraiguë du pancréas, qui n’a généralement pas le temps d'évoluer vers la gangrène ou la suppuration.

Doit-on séparer ces cas, éliminer, par exemple, de notre sujet les hémorrhagies traumatiques ? Eaire, comme les auteurs, un chapitre

distinet pour les apoplexies du pancréas ?

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Nous ne le pensons pas.

En effet le pancréas doit à ses fonctions physiologiques d’avoir une sécrétion digestive : le seul fait d’une infériorité transitoire de ses cellules l’expose donc à se digérer lui-même : car leur seule vitalité les protège.

Le pancréas doit, d'autre part, à sa situation anatomique, d’avoir un canal plongeant en plein duodénum, mal défendu contre les micro-organismes intestinaux, sinon par la chasse automatique effectuée par la sécrétion et par son pouvoir bactéricide et digérant. Dans une glande lésée, les infections secondaires seront donc extrêmement rapides.

Il en résulte que toute cause d’affaiblissement de la glande l’exposera à être digérée et infectée. La glande porte en elle-même ses causes d'intoxication et d'infection.

On comprend donc que, quelle que soit la lésion primitive d’amorce, le processus pathologique continuera de lui-même et avec des caractères sensiblement identiques.

A côté des phénomènes propres aux circonstances causales (traumatisme, intoxication, infection), nous aurons donc toujours des phénomènes communs et constants qui déterminent l’entité morbide : la pancréatite traumatique elle-même devient rapidement toxique et infectieuse. Nous réunirons donc, dans une même étude, des variétés morbides, bien différentes au point de vue pathogénique, mais qui se rapprochent bientôt par des complications fermentatives et infectieuses inévitables.

A. — Pancréatites traumatiques. — Sauf les cas rares de mort rapide par hémorrhagie, cas uniquement chirurgicaux et dont nous ne parlerons pas, les traumatismes déterminent en général des lésions plus ou moins tardives, s’effectuant en plusieurs temps :

Telle observation de Newron Prrr et JacoBson (1):

Coup de pied dans l’abdomen en 1886. Depuis, plusieurs accès de douleurs abdominales. En 1889, ictère. Douleur vive, vomissements.

(4) Newrox Prrr et Jacopson, Lancet, 1891.

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Ponction exploratrice, liquide verdâtre albumineux sans bile. Laparotomie. Guérison.

Telle aussi l’observation de LiTrLewoop (1):

Coup de pied de cheval dans l'abdomen. Il se développe, en 13 jours, une tuméfaction dont on retire du sang par ponction. Laparotomie au bout de 20 jours. Poche ouverte et suturée à la paroi abdominale, guérison. (Le liquide renfermait sérum albumine, trypsine, amylopsine, stéapsine, ferment faisant cailler le lait).

Telles aussi les deux observations de LLoyp (2).

4° Coup de genou dans le ventre : ponction exploratrice (sang en partie digéré). Laparotomie. Guérison (le liquide avait la réactïon du suc pancréatique).

2° Homme de 20 ans renversé dans une rixe. Quelques jours après, douleurs épigastriques. Formation au bout de 3 mois, d’une tumeur arrondie. Ponction, liquide brun sombre se reproduisant en deux jours. Laparotomie. Mort en quelques heures : la tumeur est reconnue pour un hématome enkysté d’une capacité de deux litres.

Citons encore l'observation de Swain (3) : après une course,hématome pancréatique. Laparotomie, guérison.

Cette évolution des hématomes en plusieurs jours, mois ou années, par poussées successives, la présence de ferments digestifs dans la poche, et l’altération du sang indiquent bien les multiples processus qui suivent la lésion initiale et lui donnent un caractère particulier.

Se rapprochant des hématomes mécaniques sont les hématomes survenus au cours d’une maladie du cœur, des poumons, ou du foie (FRIEDREICH) (4) qui détermine une stase prolongée dans le système veineux, augmente la pression dans les vaisseaux pancréatiques, facilement altérables et déjà malades.

Généralement ces hémorrhagies, petites, passent inaperçues et constituent des trouvailles d’autopsie.

Expérimentalement, LÉPINE (5) a vu,chez le chien, l'injection de pou-

1) Lirrcewoon, Lancet, 1892.

2) Lroyp, Brit. med, Journ., 1892.

3) Swan, Brit, med. Journ. 1893.

4) Frispreicx, Ziemssen’s Handb.

( ( ( ( (5) Lépine, Lyon médical, 1892.

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