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rapide et excessif, Il l’est davantage encore dans les cas fréquents de cancer avec compression du cholédoque.
La voracilé, ici encore, est excessive : elle paraît, du reste, plus: en rapport avec l'intensité de la dénutrition générale qu'avec la quantité, assez faible, de matériaux rendus sans être assimilés.
Peut-on préciser cliniquement le problème ? Se rendre compte de la proportion d’aliments élaborés ? Cette recherche dans les selles:est longue, délicate, répugnante. Elle ne deviendra jamais un procédé de diagnostic clinique.
Tout au plus, dans les cas tout à fait typiques, attirera-t-elle l’attention :
Ce défaut d’assimilation portera, d'une part sur les graisses, d’autre part sur les albuminoïdes.
a) Pour les graisses un grand nombre d’auteurs ont insisté notam-: ment sur la sééarrhée, sur les vomissements graisseux, sur la lipurie, symptomatiques d’une pancréatite.
Longtemps avant les travaux de CL. BEerRNAR», et la découverte du ferment saponifiant, Kunrzmanx (1820), Bricar (1833), UncreLz (1836) ont signalé la présence de selles graisseuses au cours de maladies du pancréas.
Depuis la découverte de CL. BERNARD, les faits se sont multipliés, acquérant une véritable valeur.
Ce sont parfois de petites boulettes grosses comme des pois, blanchâtres, onctueuses, solubles dans l’éther, combustibles. D’autres : fois, ce sont des taches huileuses à la surface du liquide.
Bonnamy recommande, en cas embarrassant, d'extraire par l’éther les graisses et d’y tremper un papier qui reste transparent. En décantant l’éther, en l'évaporant, on peut recueillir la graisse, on peut l’enflammer ou l’examiner histologiquement. k |
. Frignreïcu, Zieuz ont décrit l’aspect microscopique des cristaux, en faisceaux, solubles dans l’éther.
IL semble que cette graisse provienne des corps gras ingérés et non assimilés. C’est évidemment la règle. Pourtant CLARCK, ANCELET, Frieoreicn, insistent sur ce fait que, toute ingestion de graisse étant supprimée, la stéarrhée peut persister. S'agit-il de graisse antérieu-
rement ingérée et retenue ? FRIEDREICH suppose que cette graisse provient de la désassimilation des tissus et qu’elle est en rapport avec l'amaigrissement des malades.
Peut-être ÿ a-til, en certains cas, une véritable élimination de graisse par l'intestin. |
Nous rapprocherons, quant à nous, ces cas de ceux dans lesquels, sous l'influence d’une maladie du pancréas, des troubles considérables se remarquent dans la mutation dés graisses organiques.
A côté du diabète maigre, on a des diabètes pancréatiques avec d’incroyables surcharges adipeuses en certains points (transformation graisseuse du pancréas, surcharge considérable de graisse dans l’épiploon, le mésentère, le tissu peri-rénal, etc.).
Nous avons eu l’occasion de pratiquer ces jours-ci (n° 140) l’autopsie d’un diabétique âgé (72 ans), légèrement amaigri vers la fin, mais gras encore, urinant seulement deux litres, avec 50 grammes de sucre total en moyenne. Cet homme présentait le type du diabète gras. Il mourut de gangrène diabétique de la jambe avec oblitération complète de la : fémorale.
Or à l’autopsie, le pancréas était, en presque totalité, transformé en une masse de graisse ; quelques rares lobules seuls étaient visibles.
L’épiploon, le mésentère, la surface de l'intestin, du cœur, le tissu péri-rénal surtout présentaient une quantité colossale de graisse. Le foie était gras, le rein aussi. La couche sous-cutanée avait beaucoup diminué, et c'était la partie la moins adipeuse. Au microscope, dégénérescence graisseuse très avancée du foie et du pancréas. Malgré les
apparenees, ce diabète était donc, au moins en partie, un diabète pancréatique.
Nous signalerons aussi les métamorphoses graisseuses observées au cours de maladies aiguës du pancréas sans diabète, et reproduites . expérimentalement, Ces lésions de nécroses graisseuses ont été surtout bien étudiées par LANGERHANS, POoNrick, BALSER, Firz,: Cuir, chez l'homme. DETTMER, HiLpEBRAND, Korte, WiLLiams, FLEXNER expérimentalement, ont bien étudié ce processus, à peine mentionné en France. |
Enfin nous signalerons des cas de lipurie qui s’en rapprochent, Tuzpius (1685) les avait déjà signalés. ELriosron (1833) appelle aussi l'attention sur elles. MARSTON (1854) signale la lipurie chez un
malade de 35 ans dont le pancréas était atrophié, les conduits excréteurs oblitérés. Bowprrscu constate la lipurie chez un malade à l’autopsie duquel le pancréas était en partie détruit (4).
D'une part donc, stéarrhée en l'absence de toute ingestion de graisse, d’autre part lipurie. À |
Infiltration graisseuse complète en certains cas de diabète pancréatique. art
Nécroses adipeuses bien étudiées et reproduites au cours de pan-. créatites :
Ces faits paraissent indiquer un rôle spécial du pancréas dans l’élaboration des graisses, bien distinct du rôle digestif de son ferment saponifiant. Ce ferment est-il directement en jeu ? la glande présidet-elle par une autre diastase à un autre ordre de phénomènes, de même que l’action est double sur les hydrocarbonés (d’une part action formatrice de sucre aux dépens des amylacés, par l’intestin, : de l’autre, action destructrice du sucre (glycolyse) du côté de la sécrétion interne. |
Plusieurs exemples sont bien connus de cet antagonisme entre les sécrétions d’une même glande (pouvoir coagulant et anti-coagulant des leucocytes,du foie, etc.).De même on entrevoit la possibilité d'une double action antagoniste du pancréas sur les graisses.
Cette question est, du reste, tout entière à créer, et nous l'indiquons simplement ici.
b) Les constatations faites quant au pouvoir digestif des albuminoïides, au cours de pancréatites aiguës ou chroniques, sont beaucoup moins fréquemment notées : nous avons vu que la sécrétion gastrique seule était, en général, suffisante.
Nous citerons pourtant l'observation curieuse de FLes, citée par Friedreich.
Le malade, diabétique, rejetait une grande quantité de fibres muscu-
laires non digérées. Il mangeait beaucoup de lard et de viande. On lui > fit prendre chaque jour un pancréas de veau : graisse et fibres dispa-
rurent des selles.
L'expérience, plusieurs fois répétée, donna le même résultat. A l'au-
(0) Voir la revue. générale de Roserr (Schmidl{s Jahrbucher, 1881) sur la
lipurie.
topsie, on trouva une telle atrophie du pancréas que l’ôn ne put pas reconnaître le canal.
A ces troubles digestifs se relie le syndrome bien peu précis, entrevu par CORVISART, puis par GERMAIN SÉE, et décrit sous le nom de dyspepsie pancréatique (Douleurs abdominales, coliques, ptya- Hisme (?), diarrhée dite pancréatique {?), ete.).
Les faits existent certainement, de troubles digestifs attribuables à la glande. Mais ils sont bien difficiles à diagnostiquer et restent toujours vagues.
Nous rapporterons enfin à l’action du suc pancréatique le dédoublement du salol en acide phénique et acide salicylique, ce dernier passant dans les urines où on le reconnaît par le perchlorure de fer.
L'absence d'acide salicylique dans l'urine après ingestion de salol constituerait une preuve d'insuffisance pancréatique. Cette réaction décrite par von Nencxr et SauLi (1) serait trés pratique et très utile. Elle semble malheureusement ne pas mériter une entière créance.
Nous avons entrepris une série d'expériences, sur les différents signes qui semblent accompagner l'insuffisance pancréatique digestive. Nous ne ferons qu’en signaler le plan général. Car nos résultats sont encore très incomplets.
Une première question consiste à se demander si la sécrétion vicariante du suc gastrique ne devient pas particulièrement active en l'absence du suc pancréatique, à faire,en somme, l’étude du chimisme gastrique chez les diabétiques.
Une autre série de recherches nous a conduit à isoler dans de doubles enveloppes, l'une albumineuse interne, l’autre graisseuse externe, un principe chimique passant ensuite dans l'urine (KI par exemple, acide salicylique etc.) : la double digestion de l'enveloppe ne pouvait se faire que par le suc pancréatique, et le passage du corps décelable dans l’urine était synonyme de digestibilité des deux enveloppes. |
Enfin, nous avons pensé pouvoir retrouver et caractériser les
ferments pancréatiques' dans les selles en accélérant par un léger
(1) Sani, Sem.méd., 886.
purgatif le mouvement péristaltique. On se débarrasse en bloc de l’action des micro-organismes par un antiseptique puissant qui n’agit pas sur les ferments (acide cyanhydrique, cyanures), La recherche serait négative en cas d'insuffisance pancréatique.
Ces expériences seront communiquées, si leurs résultats complets
sont satisfaisants.