CARNOT
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de savoir si l'on a hyperproduction (Cnauveau et KaurMmaNN) où hypodestruction de sucre (BoucHARD, LÉPINE).
L'action pancréatique peut s'exercer par excitation réflexe, par excitation bulbo-médullaire, ou directement par un produit de sécrétion.
Cette dernière théorie est très habilement et très vaillamment soutenue par LÉPINE : ce savant admet que, normalement le pancréas sécrète un ferment glycolytique, dont la présence dans le sang avait été déjà entrevue par CLAUDE BERNARD. La destruction du pancréas amenant la suppression du ferment, on a une hypodestruction de sucre et une hyperglycémie consécutive.
On le voit, chaque théorie s'appuie sur des faits exacts. Le problème, qui était, un moment, apparu si simple, s’est de nouveau compliqué. On n’entrevoit pas, à l’heure actuelle, de cause unique, de laquelle découlent toutes les autres. Le pancréas agit, probablement à la fois sur la glande hépatique, sur le rein, sur la nutrition générale, sur le système bulbo-médullaire, etc.
Un seul fait physiologique apparaît certain : c’est que la supppression totale de la glande, provoque la glycosurie : c’est qu’il suffit de 1/10 de glande pour éviter le diabète.
Ces résultats sont-ils d'accord avec les faits cliniques ? Dans les cas de diabète, observe-t-on une disparition complète de la glande ? non, il ne s’agit plus alors de la persistance du 1/10 de glande, mais d’une proportion beaucoup plus forte (plus des deux tiers parfois).
On observe la glycosurie dans un certain nombre de cas de cancer de la tête. Plus de la moitié de la glande est le plus souvent intacte.
Dans les scléroses, un grand nombre d’éléments histologiques paraissent conservés et l’on a pourtant du diabète.
Inversement, des cas très accentués de destruction glandulaire né s’accompagnent pas de diabète. Au cours de pancréatites hémorrhagiques, la presque totalité de la glande a disparu, sans que l’on ob- . serve de glycosurie.
I en est de même dans les pancréatites suppurées. Nos expériences reproduisent, très nettement, des cas analogues. Celles qui nous ont offert de la glycosurie n'étaient pas celles où le pancréas était davantage altéré. Bien loin de là : tel le cas n° 62 (alcool naphtolé) où
la sclérose entourait un très grand nombre d’acini intacts ; tel le cas (n° 66) (tuberculose), où dans les points les plus malades, une partie des cellules glandulaires paraissait bien portante. Par contre, nous avons, souvent, obtenu des altérations presque totalés sans glycosurie, (cas n° 121, 131, tuberculose, cas no 143, pancréatite hémorrhagique consécutive à la papaïne; cas n°444, pancréatite hémorrhagique chez l'homme). Après injection de paraffine où de suif, on obtient de même un moignon de glande informe ; on n'a, pourtant, pas de fglycosurie. Par contre, l’extirpation du moignon suffit à la provoquer.
C’est sur ce point bien spécial que toute l'attention des physiologistes devra se porter. Il sera nécessaire de déterminer, avec pré- cision, la proportion de glande suffisante pour éviter le diabète, suivant les différents cas, suivant la vitesse du processus, enfin et surtout suivant l’altération des autres organes. Nous avons commencé des expériences dans ce sens, dont les premiers résultats paraissent satisfaisants. Pour le moment, nous pensons que c'est, en partie, dans l’altération des autres organes (et du foie en particulier) que nous devons chercher l'explication de ce paradoxe : une parcelle insignifiante de glande empêchant le diabète physiologique, une quantité parfois considérable, ne l’empéchant pas toujours en clinique. Dans des expériences faites avec notre excellent maître, M. Gaz: BERT (1), nous avons vu que l’extrait hépatique agissait sur la glÿco+ surie provoquée, d’une part, et d'autre part sur le diabète humain. Si-nous injectons à deux lapins 10 grammes de sucre dans les veines, 4 grammes passent dans les urines du lapin normal, l'élimination commençant immédiatement ; 2 grammes environ passent dans cel: les du lapin qui recoit en même:temps de l'extrait de foie. Cetté proportion:serait encore moindre sile début de l’élimination n’était pas : immédiat. On n’observe, du reste, rien de pareil avec l'extrait de pancréas, du moins dans les conditions où nous nous sommes placés. - -Gette expérience se: réclame de raisons de même ordre que celles invoquées pour la sécrétion interne du pancréas : action hépatique et
(4) Gizserr et Caro, C. R. Soc. biologie, 1896-97 ; Sem. médicale, 1897:
fixation du glycogène ; action générale et augmentation de la destruction du sucre.
Elle semble prouver que le foie normal agit par lui-même, ajoutant peut-être son action à celle du pancréas. Si le foie est normal, une très minime quantité de pancréas est nécessaire. S’ilest malade, une beaucoup plus grosse quantité de pancréas est nécessaire pour éviter la glycosurie, S'il est malade davantage encore, le pancréas, méme intact, ne suffit pas'à conjurer la glycosurie : on a le diabète gras hépatique.
Ce que nous disons du foie, parce que nous l'avons étudié, nous pouvons très probablement l’étendre à d’autres tissus, à la façon dont se font les oxydations générales etc.
Nous avons vu avec M. Gilbert que les muscles notamment, avaient un faible pouvoir analogue vis-à-vis du sucre. Les muscles du fœtus qui fixent le glycogène, ont ce pouvoir beaucoup plus: accentué, mais moins que le foie.
En d’autres termes la propriété du pancréas ne lui est pas spéciale, mais elle est en lui plus développée qu'ailleurs. Il en est du reste ainsi de toutes les fonctions glandulaires.*
Donc, à côté du diabète pancréatique pur, celui des physiologistes, extrêmement rare chez l'homme, à côté du diabète gras, arthritique, le plus fréquent, attribuable, en partie au foie d’après nous, en partie au mode de nutrition générale (ralentissement, Boucaarv), nous avons toute une classe de transition. Le pancréas est malade : mais la quantité de glande intacte serait plus que suffisante, expérimentalement, pour éviter le diabète. Elle serait également suffisante si, par l'état de son foie, ou de sa nutrition générale, le diabétique n'était un prédisposé Certains sujets s’'accommodent fort bien d’un quart de pañcréas ; pour d’autrés, la glande-entière est nécessaire. On! trouve du reste, d’un sujet à l’autre, des variations considérables de volume
“de la glande. Le HA SA cœcoti Scan
Nous pensons donc que les différences d’altération trouvées aux autopsies de diabétiques s'expliquent par l'existence de ces formes mixtes, le détail du mécanisme ‘invoqué nous ‘échappe ‘encore. À cette conception se rattachent aussi lés cas de diabète à type fran.