DE LA D CESTI0X
l'alcool modérément cliauil , la liqueur filtrée, puis débarrassée de son alcool par l’évaporation, et dépouillée, par l’éther, de la clioline et de l’acide oléique. Le reste fut dissous daiis l’eau, et l’on y ajouta , à une chaleur modérée , assez d’acide sulfurique étendu d’eau, pour faire naître un précipité suffisant. .
I. La liqueur acide qui surnageait le précipité résineux fut mise en digestion avec du carbonate de baryte pour la débarrasser de tout l’acide sulfurique libre qu’elle pouvait contenir , de manière à ce qu’elle ne rougît plus les couleurs bleues végétales. Alors on la filtra , et on la fit réduire de beaucoup par l’évaporation. Le liquide ainsi réduit était d’un jaune pâle ; la teinture de noix de galle y faisait naître un précipité abondant , et les réactifs y annonçaient la présence d ? une grande quantité de phosphate et de sulfate de soude. C’est pourquoi on l’évapora à siccité , et l’on traita le résidu par l’alcool. •
1 . La portion non soluble dans l’alcool était une masse saline cristalline, qui , après avoir été chauffée au rouge, réagit à la manière des alcalis , et qui contenait en outre beaucoup de phosphate et de sulfate de soude.
2. La solution alcoolique donna, par l’évaporation, des cristaux octaédriques de chlorure de potassium et de chlorure de sodium , ainsi qu’un sirop d’un jaune brun clair , ayant une saveur aromatique , douce et un peu salée. Elle colorait faiblement en bleu la teinture rouge de tournesol, faisait légèrement effervescence avec les acides nitrique et hydro-chlorique , demeurait claire avec le premier, mais se troublait avec le second, et déposait alors, pendant la nuit, Sur les parois du vase , une matière transparente , jaune et résinoide. Outre divers sels de soude, ce sirop contenait probablement encore du picromel , avec un peu de résine et peut-être une petite quantité d’asparagine biliaire.
II. Le précipité résineux qu’avait produit l’acide sulfurique fut mis en digestion pendant quelque temps avec un excès de carbonate de baryte et avec de l’eau , après quoi on filtra.
t • La liqueur filtrée fut évaporée. Elle laissa un résidu
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transparent et d’un brun, verdâtre , qu’on doit considérer comme la matière biliaire de llerzclius. En l’incinérant ou trouva que ce résidu contenait une grande quantité de baryte. Vraisemblablement l’acide acétique contenu dans la bile est précipité par l’acide sulfurique avec cette matière biliaire , et il- doit par conséquent former un acétate avec le èarbonate de baryte pendant la digestion du précipité dans ce dernier sel.
2. La matière demeurant sur le filtre n’était pas un simple mélange de carbonate et de sulfate de baryte , mais côntcnait encore une grande quantité de résine biliaire , dont il était facile de faire l’extraction par l’alcool, et qu’on précipitait en étendant la liqueur avec de l’eau.
Ces résultats nous- déterminèrent à suivre tout-à-fait la marche indiquée par Berzelius , afin de voir si nous n’obtiendrions pas aussi dans ce cas une matière biliaire contenant de la baryte , et s’il restait de la résine' dans la portion que l’eau ne pouvait dissoudre.
Traitement par l’acide sulfurique. — On ne versa d’abord dans la bile de bœuf que la quantité d’acide sulfurique nécessaire pour y produire le précipité jaune et muqueux dont il a déjà été parlé , et pour lui faire perdre ainsi sa viscosité , après quoi elle fut filtrjée. Pendant cette dernière opération , on remarqua que la teinte verte de la liqueur devenait de plus en plus foncée , comme lorsque l’on avait traité la bile par l’acide hydro-chlorique. On versa une plus grande quantité d’acide sufurique étendu d’eau dans la liqueur filtrée ; on favorisa la séparation de la masse résineuse par une douce chaleur au bain-marie ; on décanta ensuite la liqueur qui surnageait le précipité résineux vert ; on lava ce dernier à l’eau froide aussi long-temps qu’il fut possible de* le faire sans le dissoudre, puis on le décomposa en le faisant digérer avec du carbonate de baryte. Les résultats furent les mêmes que dans l’expérience précédente , c’est-à-dire qu’on obtint une matière bilieuse verte qui laissa beaucoup de baryte après avoir été incinérée , et qu’il se trouva, dans le mélange yert pâle de carbonate et de sulfate de baryte , beaucoup de résine biliaire , qu’on parvint à extraire au moyen de l’alcool , d’pù on la précipita ensuite
74 ■ DE DIGESTION
par l’eau. Cependant le résidu bary tique conserva , même ■ après avoir été traité par l’alcool , la couleur verte qu'il devait au principe colorant de la bile.
Ces expériences, répétées plusieurs fois, nous conduisirent à penser que la matière biliaire de Berzelius est un principe impur , hon pas seulement sous ce point de vue quelle doit naissance à l’association de diverses substances organiques simples, telles que résine biliaire, matière colorante, pi- •cromel , asparaginè , choline , acide margarique , acide oléique, etc., mais encore sous cet autre rapport, qu’elle contient de plus une combinaison de l’acide acétique avec la baryte ou avec l’alcali par le moyen duquel on l'a mise en évidence.
Traitement de la bile de bœuf par le vinaigre. — ba bile de bœuf , mêlée avec du vinaigre distillé , donna un faible précipité en grands flocons jaunes. Ces flocons se desséchèrent, sur le filtre, en une pellicule mince, verte, brillante et cassante. La liqueur filtrée prit peu à peu une couleur verte pure , et qp se troubla plus par une nouvelle addition de vinaigre. Du reste, elle offrit les réactions suivantes :
Acide phosphorique , per-cldorure de mercure, teinture de noix de galle : trouble léger. — Acide sulfurique étendu d’eau , acide hydro-chlorique , chlorure d’étain , acétate de plomb neutre , sous-acétate de plomb , sulfate de fer , perchlorures de fer et de mercure : une très-grande quantité de très-grands flocons caséeux , la plupart d’un blanc verdâtre. — Acide nitrique en petite quantité : trouble médiocre , vert. — Le même acide en plus grande quantité : liqueur claire, avec changement de couleur en bleu et rouge.
Evaporée jusqu’à ce qu’il ne restât plus qu’un faible résidu , cette liqueur ne se sépara pojnt en dépôt résinoïde et en liquide aqueux ; mais il se forma un sirop vert , qui devint demi-fluide , extrêmement visqueux et collant par la chaleur , qui offrait une teinte rougeâtre quand on le regardait à contre-jour , et qui , exposé au froid , devenait cassant.
On traita cet extrait, par l’alcool absolu modérément
chaud , qui le dissolvit presque complètement. La liqueur filtrée» laissa sur le papier de petits cristaux blancs, avec des flocons muqueux. Les cristaux se dissolvirent dans l’eau chaude , d’où ils se séparèrent , • par l’évaporation , sous la forme de cubes de chlorure de sodium , avec lesquels on ne remarqua pas qu’il se fût déposé une quantité notable d'asparagine biliaire. La portion non soluble dans l’eau se montra insoluble également dans l’alcool bouillant.' Elle se comporta au feu comme du mucus. Par conséquent , ce dernier n’avait point été précipité entièrement par le vinaigre.
Recherche de l’acide acétique. — On introduisit de labile de bœuf fraîche dans une cornue , et l’on versa dessus' de l’acide phosphoi'ique en abondance, puis on distilla -au bainmarie jusqu’à ce qu’il eût passé environ un dixième de la bile dans le récipient ; ce dernier fut alors changé , et l’on continua, la distillation de manière à obtenir encore une égale quantité de liquide. Les deux produits se comportèrent de la même manière ; ils étaient tous deux incolores et limpides ; leur odeur était particulière et fortement herbacée. Essayés.par les réactifs, ils donnèrent lieu aux phénomènes suivans :
Sous-acétate de plomb : trouble léger. — Acétate de plomb neutre , sulfate de cuivre , nitrate de mercure et nitrate d’argent : rien. — Le per-chlornre de fer parut devenir un peu plus coloré par le second produit. — Teinture de tournesol : coloration très-forte en rouge.
On fit digérer ces deux produits avec du carbonate de baryte , après quoi on les filtra , et on les soumità l’évaporation. Tous deux laissèrent une pellicule jaune qui, arrosée avec de l’acide sulfurique étendu, exhala une faible odeur d’acide, • mêlée d’une très-légère odeur animale, sans aucune trace d’odeur d’acide butyrique. Sa dissolution dans l’eau se troubla légèrement par le nitrate d’argent, et communiqua au perchlorure de fer une vive couleur d’un rouge jaunâtre , que l’addition d’un peu d’acide hydro-clilorique fit disparaître'.
Recherche du bi~ carbonate de soude. — 1. En mêlant de la teinture de tournesol rouge avec de la bile de bœuf fraîche, on obtint un liquide à la fois rouge et vert. 11 suffisait
DE LA DIGESTIOff
inèuie «le verser une petite quantité «le teinture de tournesol pour que la couleur rougeâtre devînt sensible. La poudre et le papier de curcumà ne fiycnt pas non plus rougis par la bile de bœuf. D’un autre côté, la teinture de tournesol bleue n’éprouva aucun changement, tandis qu’en ajoutant une goutte de vinaigre distillé à un mélange de douze grammes de bile et de quelques gbuttes de teinture de tournesol bleue , il se manifestait sur-le-champ une teinte rougeâtre bien prononcée. • •
II. On fit bouillir de la bile fraîche dans une fiole garnie d’un tube recourbé , au moyen duquel les fluides élastiques qui s’en dégagèrent furent dirigés dans un récipient rempli d’eau de chaux. Cette dernière ne tarda pas à se troubler beaucoup, même avant que la bile commençât à bouillir. La bile , ainsi bouillie pendant quelque temps , et mêlée avec un peu de teinture de tournesol rouge , la colora manifestement en bleu, car il se forma le même mélange vert, «ans aucun nuance de rouge , que l’on obtenait en versant de la teinture bleue dans de la bile fraîche ou bouillie. Cette dernière
1 rougissait aussi la poudre de curcuma d’ui\p manière bien sensible.
En conséquence, le bi-carbonate de soude était converti par l’ébullition en carbonate simple.
III. Voulant déterminer à-peu-près la quantité de ce sel , on fit chauffer 137 grammes de bile fraîche dans un matras, avec de l’acide hydro-chlorique , et l’on reçut dans de l’eau de chaux le gaz acide carbonique qui se dégageait. L’évaporation ne put pas être continuée assez long-temps, parce- que la bile menaçait de monter dans le tube. Le carbonate de chaux <]ue l’on recueillit pesait, après avoir été légèrement chauffé au rouge , o, i/j8 gr., indiquant o,o65 gr. d’acide carbonique , qui avaient dû être combinés avec o,o48 gr. de soude. Il résulte de là , pour 100 parties de bile , o,o5i d’acide carbonique combiné avec o,o35 de soude. Cependant ce résultat n’est pas juste , d’un côté parce que tout l’acide carbonique 11e fut pas obtenu, de l’autre parce que la bile contient un peu de carbonate d’ammoniaque , et peut-être même un peu d’acide carbonique à l’état de liberté. '
Recherche de l’acide hjrdro - sulfurique et de l’ ammoniaque. — A. Yogel (i) remarqua que le fluide .qui passait quand on distillait la bile de bœuf possédait la propriété de noircir les sels de plomb, et que la bile, lorsqu’on y versait des acides plus forts , répandait une odeur d’acide hydrosulfurique.
C’est pourquoi nous distillâmes à part environ huit onces de bile extraite de plusieurs vésicules. Le produit avait une odeur particulière , un peu analogue à celle du musc ;’il précipitait abondamment l’acétate de plomb neutre pn blanc ( 2 ', colorait le tournesol en bleu, faisait légèrement effervescence lorsqu’on le mêlait à chaud, avec de l’acide livdrochlorique, et donnait ensuite-, par l’évaporation , sans se colo- 1 rer en rouge, un résidu considérable d’hydro-chlorate d’ammoniaque. Par conséquent, il ne contenait pas d’acide hydro-sulfurique, mais seulement du carbonate d’ammoniaque, qui existait probablement , dans la bile, à l’état de bi— carbonate.
Nous versâmes aussi de l’acide hydro-chlorique en excès dans un matras presque entièrement rempli de bile. Le mélange fut chauffé d’abord au bain-marie, puis à feu nu , et le gaz qui se dégageait conduit, par le moyen d’un tube , dans un vase contenant de la dissolution d’acétate de plomb neutre qu’on avait garantie de l’action précipitante de l’acide eârbonique en y ajoutant quelques gouttes de vinaigre distillé. Ce fluide demeura parfaitement clair et incolore pendant la distillation. Comme nous avons répété cette expérience deux autres fois, toujours avec une bile différente , et cependant avec le même résultat , il paraît qu’aü moins la bile de bœuf fraîche ne contient de l’acide liydro-sulfurique que dans des circonstances fort rares (3).
( 1 ) Journal de Schweigger. t. vi , p. 3a5.
( 2 ) Thénard a obtenu aussi un produit qui précipitait faiblement l’acé-
tate de plomb neutre en blanc II attribue ce •phénomène à une’ petite quantité de résine qui aurait passé dans le récipient. . ,
(3) Lorsqu’on distille la bile dans des vaisseaux clos , il.se dégage de
l'acide hydro-sulfurique nu commencement; mais cet acide est évidemment un produit de l’opération, • • ‘ . .
DE LA DICESTIOX
Si l’on ajoute de la chaux hydratée à la hile , la présence de l’ammmoniaque qui s’y trouve devient encore plus sensible. Comme elle contient en même temps du carbonate de soude , l’ammoniaque ne peut y exister que combinée avec l’acide carbonique.
Action de la bile de bœuf sur les corps gras. — On versa une goutte d’huile d’olive dans environ *4 grammes de bile filtrée, et l’on agita souvent le mélange. Comme il ng s’opérait pas la moindre dissolution , on exposa le liquide à une chaleur modérée; mais chaque fois que l’on cessait de l’agiter, on voyait la goutte d’huile gagner la surface. Cette huile demeura fluide ; elle pauut seulement devenir un peu trouble , ce qui tenait'peut-être à ce qu’elle s’était chargé» de choline. Si l’on ajoutait à la bile quelques gouttes d’acide liydrochlorique ou d’acide acétique , pour imiter ce qui a lieu quand la sécrétion acide de l’estomac se mêle avec elle", il 11 e s’ensuivait pas non plus la moindre dissolution de l’huile, soit à froid, soit à chaud.
La bile se comporta de la même manière à l’égard du suif avec lequel on l’agita à une température suffisante pour mettre ce dernier en fusion.
Elle ne possède donc, ni par elle -même, ni par l’addition d’un peu d’acide, la propriété de dissoudre la graisse.
Sur la matière colorante de la bile. — Fourcroy admettait déjà un principe colorant dans la bile, et quoique diverses expériences paraissent avoir, fait douter ensuite de l’existence d’une matière particulière de cette espèce, puisque la couleur de la bile fu{ attribuée en partie à la matière biliaire , Thebard a cependant admis (3) qu’il existe une matière jaune particulière dans la bile de presque tous les animaux. Il pense que cette substance colorante constitue entièrement les calculs biliaires du bœuf, et qu’elle se rencontre dans presque tous ceux de l’homme. Guidés par nos expériences, nous adoptons complètement cette opinion. Les circonstances suivantes démontrent qu’il existe réellement.
( 1 ) Traité Je Chimie, 4' édit:, t. tv, p. 58o. '
dans la bile de tous les animaux , un principe colorant particulier. . .
i°. Si le mucus était le principe colorant, lorsqu’on traite la bile évaporée à siccité par l’alcool , toute la couleur devrait rester dans le résjdu muqueux insoluble , ce qui n’a pas lieu. Quand on précipite le mucus par les acides , il entraîne bien avec lui une quantité assez considérable de matière colorante; mais la plus grande partie de cette. dernière reste dissoute.
2 0 . Tous les autres matériaux cobstituans de la bile ont encore moins de couleur , et peuvent par conséquent moins encore être considérés comme le principe colorant de cette liqueur.
3°. La matière colorante de la bile, telle qu’elle existe dans ce liquide , offre des réactions extrêmement remarquables, qui n’ont pas encore été assez étudiées jusqu’à présent, mais qui la distinguent en général de toutes les matières connues. Les pltts importantes sont celles qui suivent.
Quand Ton mêle de la bile jaune, du chien avec de l'acide hydro-chlorique , à l’abri du contact de l’air , par exemple dans un tube de verre renversé et rempli de mercure, il ne s’opère aucun changement de. couleur, même au bout de quelques jours. Ce changement ne s’effectue que peu à peu , lorsqu’on introduit de l’oxigène ; le» portions du liquide qui avoisinent le gaz se colorent en vert, et le phéno-’ mène est accompagné d’une absorption . sensible d’oxigène , qui en peu de jours s’élève au moins à la "moitié du volume de la bile.,On sait aussi que la bile mêlée avec de l’acide sulfurique, de l’acide hydro-clilorique ou de l’acide acétique, n’acquiert une coule‘ur verte , quand on l’expose à l’air, qu’au bout de quelques jours, et sans doute à mesure que la matière colorante s’oxide.
L’acide nitrique produit le même effet, mais d’une manière instantanée , ce qui dépend sans doute de ce qu’il fournit lui-même l’oxigène nécessaire pour opérer le çhangement de couleur. Toutes les especes de biles , soit de mammifères ou d’oiseaux , soit de reptiles ou de poissons , que nous avons examinées sous xe rapport, se sont colorées, quand
• 8o DE Là DIGESTION
nous v versions peu à peu de l’acide nitrique ,■ d’abord en vert 1 , puis en bleu, ensuite en violet,, enfin en rouge, et elles ont pris toutes ces teintes dans l’espace de quelques secondes lorsque nous ajoutions une suffisante quantité d’acide. Plus tard , au bout de quelques heures , ou , quand l'excès d’ ackle était plus considérable, en quelques minutes, la couleur rouge se détruisait' et la liqueur devenait jaune; Ainsi la succession des teintes était la même que dans le caméléon minéral. Ce changement- de couleur est d’autant plus beau que la bile est plus riche en matière colorante , et qu’elle contient moins de matière précipitable par l’acide nitrique. Cette circonstance nous a fait découvrir le principe colorant de la bile dans le sérum du sang* dans celui du chvle' et dans l’urine des ictériques.. Elle pourrait donc devenir importante sous le point de vue médical , puisqu’elle offre le moyen le plus sûr que nous possédions pour découvrir la présence de la bile.
Le chlore détermine bien un changement de couleur analogue à celui' que produit l’acide nitrique, mais les teintes sont, beaucoup moins viyes. La couleur verte passe au rouge pâle sans devenir sensiblement bleue, et un peu plus de •chlore occasione une décoloration totale, avec un trouble blanc.
Si Fon verse de la potasse dans de la bile de chien colorée 'en vert par l’acide nitrique , ou obtient un liquide jaunebrunâtre tirant un peu sur le vert. La bile colorée eii bleu ou en violet paf 'l’acide nitrique donne une liqueur d’un vert jaunâtre pâle par ht potasse en excès ; l’aiLlition de l’acide hydro-chlorique ou de l’acide sulfurique dans ces liqueurs alcalines rétablit les colorations produites par l’acide nitrique ; et l’acide sulfurique, cpti élève la température du liquide , accélère ainsi l’apparition de la couleur rouge. Que l’on verse , par exemple, daus de la hile de chien assez d’acide nitrique pour y faire naître une feinte bleue, qu’on la sature ensuite jixee la potasse , puis qu’on y verse de l'acide sulfurique en quantité suffisante, ou obtient un jeu de couleur qui rappelle celui de l’arc-en-ciel , c’est-à-dire qu’on aperçoit audessus de l’acide sulfurique incolore 411e couche d’un rouge
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rosé, plus haut une autre couche bleue , puis une verte , et enfin , tout - à - fait à la surface , une autre d’un vert jaunâtre.
La bile des animaux est diversement colorée suivant les espèces et les individus. Elle est ordinairement d'un brnn jaunâtre et très-peu verte chez le chien , d’un vert brunâtre chez le bœuf, et la plupart du temps d’un vert d'émeraude très-vif et dkm vert de pré chez les oiseaux. Il est vraisemblable qu’on pourrait tirer de là des conclusions relatives à son plus ou moins d’alcalescence ou d’acidité , et au plus ou moins d’oxidation de son principe colorant.
4°. Nous avons examiné aussi un calcul biliaire de bœuf. Il était facile de le réduire en une poudre d’un rouge brun vif. Traité par l’alcool absolu bouillant , il colora en jaune très-pâle ce liquide , qui ne se chargea toutefois que d’une graisse un peu solide , qu'on ne put pas obtenir cristallisée. Quand on versa de l’ammoniaque sur le résidu, cet alcali prit une couleur un peu plus foncée ; il en résulta une li-> qucur qui était d’abord jaune , mais qui devint d’un vert de pré à l’air libre , se colora en rouge pâle par l’acide nitrique , et fut décolorée par le chlore.
La plus grande partie de la poudre était demeurée sans se dissoudre. En la faisant digérer long-temps avec de la potasse , elle se dissol vit complètement, à quelques flocons près de phosphate calcaire. La dissolution, d’abord d’un brun jaunâtre , devint également d’un brun verdâtre durant la nuit. Elle éprouva , par l’acide nitrique , les mêmes changemens de couleur que ceux dont il a été parlé plus haut. Par l’acide hydro-chlorique elle donna un précipité abondant de flocons d’un vert foncé, et quand ces flocons se furent entièrement déposés , le liquide surnageant , qui d’abord était encore vert , se montra coloré en jaune très-pâle. Quant aux flocons verts qui s’étaient précipités , on les fit sécher , puis on les traita par l’acide nitrique , avec lequel ils formèrent une dissolution d’un rouge pâle , qui ne tarda pas à devenir jaune . Ils se dissolvaient complètement dans l’acide hydroçhlorique , auquel ilsi communiquaient une couleur verte d’émeraude. Cette dissolution hydro-chlorique ne se tremblait
DE lk DIGESTION
paspar l’addition de l’eau. Elle se colorait en jaune par l'ammoniaque , devenait rouge par l’acide nitrique , et était décolorée parle chlore. Les flocons se dissolvaient aussi très-facilement dans l’ammoniaque , qui prenait une teinte vertpré. Nous pensons d’après cela que l’oxidation que la matière colorante de labile éprouve de la part de l’air dans la dissolution alcaline , la rend soluble dans l’acide hydro-chlorique et dans l’ammoniaque.
Les expériences qui viennent d’ètre rapportées nous permettent de penser que le calcul biliaire dont nous avons fait l’analyse était de la matière colorante de la bile presque pure, accompagnée seulement d’une petite quantité de graisse et de sels calcaires, peut-être aussi d’un peu de mucus. Nous sommes tentés de placer cette matière colorante à côté de l’indigo , à cause de l’azote qu’elle contient.
Évaporation et incinération de la bile de bœuf. — 43 / ( 03 i grammes de bile de bœuf fraîche furent évaporés * au bain-marie dans un creuset garni d’une spatule, en les remuant souvent jusqu’à ce qu'ils ne perdissent plus rien de leur poids. 11 resta un extrait jaune-brunâtre , Solide "et cassant, même à la chaleur , qui pesait 3,687 grammes (=8,49 pour cent).
L’incinération ne put être opérée d’une manière complète qu’en ayant l’attention d’enlever, au moyen de l’eau, le» sels entrés en fusion , de brûler le reste du charbon , d’évaporer la dissolution saline avec le reste de la cendre , et de faire rougir le tout. On obtint ainsi 0,517 grammes de cendre (=i, ti) pour cent delà bile fraîche , = 1 4,02 pour cent de la bile desséchée), qui était blanche et fondue. Sa portion soluble dans l’eau s’élevait à o,\oji grammes, et se composait «j’une très-grande quantité de carbonate , d’une quantité médiocre de phosphate et de chlorure, et d’un peu de sulfate alcalin. L’alcali était de la soude , avec très-peu de potasse. La portion insoluble dans l’eau pesait 0,024 S r - i elle Consistait en phosphate calcaire.
Résultats des expériences sur la bile de bœuf. — D’après Les expériences qui viennent d’être décrites , nous admettons
pour principes constituons de la bile de bœuf les substances suivantes :
i°. Un principe odorant, qui passe à la distillation;
2°. La choline , ou graisse biliaire , ou cholestérine ;
3°. La résine biliaire ;
4°. L’asparagine biliaire ;
5°. Le picromel ;
6°. Une matière colorante ;
•j 0 . Une matière très-azotée , faiblement soluble dans l'eau , insoluble dans l’alcool ïi froid , mais soluble dans ce réactif à chaud ;
. 8°. Une matière animale ( gliadine ? ) insoluble dans l’eau , mais soluble dans l’alcool à chaud ;
g°. Une matière soluble dans l’eau et l’alcool, et précipitable par la teinture de noix de galle (osmazôme ?) ;
io°. Une matière qui répand une odeur ur in euse quand on la chauffe ;
1 1°. Une matière soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool , et précipitable par les acides (matière caséeuse , peutêtre avec de la matière salivaire?) ;
ia°. Du mucus ;
1 3°. Du bi-carbonate d’ammoniaque ;
i4« — 2o°. Des margarate , oléate , acétate , cholate, bicarbonate , phosphate et sulfate de soude ( avec peu de potasse ) ;
2i°. Du chlorure de sodium ;
22°. Du phosphate de chaux ;
23°. De l’eau, qui. s’ élève à 9 1 ,5i pourcent.
§ II. Bile du chien. — La bile de chien que nous avons analysée était tantôt d’un brun jaunâtre foncé, tantôt d’un brun vert foncé ; une seule fois nous la trouvâmes d’un vert de pré. Elle était transparente et légèrement filante. Elle contenait souvent beaucoup de flocons muqueux.
Les réactions d’une bile de chien d’un brun jaunâtre furent les suivantes :
Peu de chlore colorait la liqueur en vert ; un peu plus de chlore y faisait naître un léger trouble , et lui donnait une teinte bleue ; celle-ci persista plus de douze heures : au bout de
DI IA DIGE5ÏI0!»
ce laps de temps on ajouta encore du chlore , qui produisit d’abord une couleur rouge , et qui ensuite de'colora complètement la liqueur, dans laquelle il resta un trouble blanc. L’acide' sulfurique étendu ne détermina d’abord ni précipitation ni changement de couleur; mais, au bout de douze heures, la liqueur s’était colorée en vert de pré , et a\ait déposé des flocons d’un vert foncé. L’acide hydro-chlorique changea d’abord la couleur brune-jaunâtre de la bile en brun-rougeâtre, sans y susciter aucun trouble ; mais, au bout de douze heures, il était survenu les mêmes changemens que ceux qui sont produits par l’acide sulfurique. (Compa ez à ce sujet ce que nous avons dit sur l’absorption du gaz oxigèi e , à l’occasion de la matière colorante de la bile. ) L’acide nitrique donna lieu sur-le-champ, sans provoquer aucun trouble, aune coloration en vert vif, puis en bleu, ensuite en rou ’e ; cette dernière teinte sc changea plus tard en jaune, avec un faible dégagement de gaz; au bout de douze heures, le mélange était devenu trouble, d’un blanc jaunâtre et un peu consistant. Le vinaigre distillé colora la bile en vert^e pré pile , sans aucune précipitation , dans l’espace de douze heures. Le chlorure d’étain produisit un magma peu épais , ^ floconneux , d’abord jaune , mais qui devint vert d’émeraude au bout de quelques heures. L’acétate de plomb neutre donna lieu â une petite quantité de grands flocons transparens , d’un brun jaunâtre , qui ne subirent aucun changement pendant la nuit. Le sous -acétate de plomb fit naître un magma peu épais , jaune-brunâtre , qui devint vert-olive pendant la nuit : la liqueur était incolore.
Sulfate de fer : une petite quantité de petits flocons d un jaune brunâtre.— Per-cblorure de fer coagulum d’un vert de pré foncé , cohérent, floconneux: la liqueur resta verte. — Sulfate de cuivre : au commencement point d effet ; au bout de douze heures , une quantité médiocre de grands flocons d’un vert foncé : la liqueur était bleuâtre. — Protonitrate de mercure : une très-grande quantité de très-grands flocons d’un jaune brunâtre : la liqueur devint d’un bleu verdâtre foncé pendant la nuit. — Per-chlorure de mercure : une petite quantité de grands flocons d’un rouge brunâtre
et transparens ; pendant la nuit, la liqueur déposa beaucoup de grands flocons qui s’attachèrent aux parois du vase , et la liqueur était d’un bleu verdâtre foncé. — Nitrate d’argent neutre : il ne produisit aucune réaction, pas même celles qu’aurait dû faire naître l’acide nitrique ; pendant la nuit seulement, il se manifesta un précipité peu considérable, d’un jaune brun , et adhérent au fond du vase : la liqueur demeura d’un brun jaunâtre. — Teinture de noix de galle : une petite quantité de petits flocons bruns , transparens , qui ne subirent aucun changement pendant la nuit. — La bile se comporta comme une substance neutre envers la teinture de tournesol rouge et bleue , même après avoir été évaporée à siccité et redissoute dans l’eau. Une quantité , à la vérité peu considérable , de cette même bile , qui fut chauffée avec de l’acide hydro— chlorique , ne laissa pas nonplus dégager d’acide carbonique.
Analyse par l’alcool et l’acétate de plomb. — De la bile de chien évaporée jusqu’à consistance d’extrait, fut épuisé» par de l’alcool chaud à 36° B.
I. La liqueur alcoolique ayant été filtrée , il s’en sépara , par le refroidissement , une matière verte foncée.
i. Ce précipité, recueilli sur un filtre, parut d’un brun verdâtre foncé , oléo-résineux , et se convertit» par la dessiccation, en une masse d’un noir verdâtre. Cette masse, exposée à la chaleur, se boursouffia et répandit une odeur animale. Elle se dissolvait dans l’alcool bouillant , donnant ainsi un fluide qui ne se troublait pas par le refroidissement, qui devint cependant trouble lorsqu’on y versa de la teinture de noix de galle tandis qu’il était encore chaud , et qui laissa déposer ensuite , en se refroidissant, une multitude de trèsgrands flocons d’un vert foncé.
a. Le reste de la liqueur alcoolique fut évaporé à siccité; . Le résidu , traité par l’alcool absolu , s’y dissolvit presqu’en totalité.
A. Cette dernière solution laissa sur le filtre une petite quantité de matière résinoïde , d’un brun jaunâtre , dans laquelle la combustion fit reconnaître un mélange d’ua peu d» matière animale et.de sulfate de soude..
DE LA. DICESTIOX
B. La liqueur filtrée laissa , après l'évaporation , un résidu brunâtre et transparent dans lequel on apercevait des parties grenues. Ce résidu se dissolvait complètement dans l’eau , et sa dissolution se comportait de lp manière suivante avec les réactifs : L’acide liydro-cltlorique en précipitait une petite quantité de flocons brunâtres ; l’acide nitrique y produisait le changement de couleur dont il a déjà été parlé plusieurs fois ; le sous-acétate deJplomb neutre , un léger trouble ; le sous-acétate de plomb , un coagtilum épais , brun foncé , semblable à une résine molle , et le fluide surnageant perdait sa couleur.
On partagea cette solution en deux portions qui furent traitées , l’une par l’acide hydro-chlorique , l’autre par le sousacétate de plomb.
a. La portion dans laquelle on versa de l’acide hydrochlorique donna un précipité qui fut recueilli sur un filtre,
cr. Le précipité se comportait comme de l’acide margarique , car il entrait en fusion bien au-dessous de i oo° ; sa dissolution dans l’alcool chaud rougissait le tournesol , et donnait , par le refroidissement , des cristaux écailleux bien sensibles ; il se dissolvait aussi avec effervescence dans la solution aqueuse chaude de carbonate de' potasse , et formait ainsi une liqueur limpide , de laquelle il se séparait du savon par le refroidissement.
„ (5. La liqueur hydro-chlorique filtrée fut évaporée. Elle conserva son homogénéité dans le cours de l’opération , et ne donna pas de sédiment résinoide : après l’évaporation complète , il resta nne masse résinoide d’un brun verdâtre , qui se dissolvait complètement dans l’alcool absolu. Par conséquent cette bile ne contenait pas d’asparagine.
b. La portion dans laquelle on avait versé du sous-acétate de plomb fut chauffée pendant quelque temps , afin de rendre la réunion d.u précipité plus intime ; puis elle fut séparée , par la décantation et le lavage , en portion liquide et portion solide. La première fut débarrassée du plomb par un courant de gaz acide hydro-sulfurique , filtrée et évaporée. Il resta une matière visqueuse , d’un brun jaunâtre, transparente , brillante. Sa dissolution dans l’eau donna encore uq
DES MAMMIFERES. 8j
léger précipité par le sous-acétatc de plomb. La liqueur séparée de ce précipité fut traitée par l’acide hydro-sulfirrique et filtrée; elle donna, après avoir été évaporée, du picromel pur, avec de l’acétate de soude , sous la forme d’une masse sillonnée, opaque et d’un blanc jaunâtre.
II. La portion de la bile insoluble dans l’alcool fut bouillie dans de l’eau. * . ;