‹ Recherches expérimentales, physiologiques et chimiques, sur la digestion, considérée dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 9 sur 57 · II. Ixi liqueur aqueuse, séparée des cristaux aciculaires · texte numérisé non relu

II. Ixi liqueur aqueuse, séparée des cristaux aciculaires

était d’un brun pâle ; elle donna , par l’évaporation , un extrait brun-jaunâtre, transparent, mou, d’une saveur douce et un peu âcre ^rougissant le tournesol , qui fournit du carbonate d’ammoniaque à la distillation sèche , et dont la dissolution aqueuse était précipitée par plusieurs acides, ainsi que par plusieurs sels métalliques. Par conséquent c’était encore un mélange de picromel avec un peu de résine biliaire et d’acide. *

b. La liqueur aqueuse , séparée du sulfure de plomb , donna, après avoir été évaporée , un extrait tenace , opaque, d’un brun foncé, qui avait une saveur non pas seulement douce , mais encore un peu styptique. En l’arrosant avec de l’eau, cet extrait devint blanc à la surfaces Par la chaleur, l’eau prit un aspect laiteux, et il se développa une odeur désagréable, analogue -à celle du méconium. Le liquide lactescent fut décanté de dessus la résine demeurée insoluble , qui formait la plus grande partie de la masse.

a. La résine, purifiée par des décoctions répétées avec l’eau (qui prit une saveur douceâtre), était d’un jaune brun foncé , peu transparente et cassante. A l’exception de sa couleur, qui était plus foncée , elle se comportait absolument comme la résine biliaire.

(3. La liqueur lactescente fut filtrée. Elle passa très-lentement, d’abord un peu laiteuse, ensuite claire et jaune. Ayant été évaporée , elle laissa un extrait brun foncé , cassant, quoique en même temps un peu tenace, çt entouré d’une petite quantité d’un liquide aqueux très-acide , qui l’empêchait d’adhérer à la capsule. Cette liqueur acide fut enlevée par le lavage de l’extrait avec un peu d’eau froide.

I. La liqueur acide était d’un brun pâle et limpide; elle avait une saveur fort acide et légèrement ferrugineuse , et contenait en effet un peu de fer. Cependant, comme on ne' trouve point de fer dans la cendre de la bile , ce métal provenait vraisemblablement de l’acétate de plomb du commerce dont on s’était servi pour opérer la précipitation. Indépendamment du fer, la liqueur acide contenait beaucoup d’acide hy— dro-chloriquc et d’acide sulfurique. Il s’y trouvait aussi, à en juger d’après le précipité abondant qu’elle donna par la

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teinture de noix de gale, une matière animale qui était peutêtre de l’osmazôme, En évaporant et brûlant le résidu, on remarqua d’abord l’odeur de la corne brûlée , puis celle de l’urine. Cette dernière nous ayant fait soupçonner la présence de l’urée, nous fîmes dissoudre du chlorure de 'Sodium dans une autre portion du liquide ; mais ce corps cristallisa en cubes parfaits.

II. L’extrait lavé avait une saveur douce et légèrement âcre. Il exhala au feu une odeur d’abord un peu aromatique, puis urineuse, et laissa pour cendre une petite quantité de chaux. Il se dissolvait complètement dans l’eau, qui restait seulement un peu louche. En évaporant cette dissolution jusqu’à consistance sirupeuse, elle se partageait de nouveau en une masse solide , semblable à l’extrait primitif, et en un peu de liqueur acide. Si l’on ajoutait du chlorure de sodium à la dissolution aqueuse , il se précipitait une matière résiniforme brune , et le liquide surnageant, soumis à l’évaporation, donnait des cristaux de chlorure de sodium en cubes parfaits. Afin de purifier davantage cet extrait, s’il était possible, on le réduisit à l’état demi-fluide, par le moyen d’un peu d’eau, puis on l’agita avec de l’éther contenant un peu d’alcool , qt l'on décanta la liqueur.

1 . Le liquide éthéré était d’un jaune brunâtre. Abandonné à l’évaporation spontanée , il laissa quelques gouttes de résine , avec un peu d’une liqueur aqueuse, qui fut mise à part.

A. La résine était d’un jaune brunâtre, transparente et onctueuse dans l’origine ; elle resta même un peu molle après une longue dessiccation. Elle se montra un peu soluble dans l’éther privé d’alcool. Cette plus grande mollesse et cette solubilité un peu plus grande dans l’éther pur, sont les deux seuls caractères qui la distinguent de la résine biliaire ordinaire, dont nous donnerons la description plus bas. La manière de se comporter au feu , ainsi qu’avec l’acide sulfurique , l’ammoniaque, la potasse et les autres réactifs, était absolument la même. 11 serait possible que les différences qui viennent d’être signalées fussent le résultat de quelque mélange avec un# autre matière , telle, par exemple, qu’un corps gras.

B. La liqueur aqueuse séparée de la résine par décantation était trouble et d’un blanc jaunâtre. Soumise à l’évaporation , elle ne donnait qu'une petite quantité de la même résine. - '

2. La liqueur aqueuse qui se trouvait au-dessous.du liquide étbéré laissa, après l’évaporation , un extrait ferme, brun et brillant , qui avait une saveur d’abord âcre et acide puis douce, qui répandait au feu une odeur non-seulement d’empyreume animal , mais encore d’ammoniaque , et qui laissait une cendre composée d’un peu de sulfate de soude avec beaucoup de carbonate et de phosphate de chaux. Cet extrait se dissolvait entièrement dans l’eau. La dissolution , de couleur brune , rougissait faiblement le tournesol ; elle précipitait plusieurs acides , plusieurs sels métalliques , et la teinture de noix de galle. En conséquence , nous considérons l’extrait comme un mélange de picromel , d’un peu de résine et d’acide , avec une substance animale précipitable par le tannin , qui est peut-être l’osmazôme.

B. La liqueur précipitée par l’acétate de plomb était d’un jaune pâle. On y versa du sous-acétate de plomb jusqu’à ce qu’il ne se formât plus de précipité, La liqueur surnageante fut séparée du précipité par la décantation et filtrée ; le précipité lui-même fut purifié par le lavage à l’eau froide.

a. Le précipité opéré par le sous-acétate de plomb était blanc, opaque, et plus tenace que la térébenthine. On le délaya avec un mélange tiède d’eau et de vinaigre distillé, après quoi on le décomposa complètemént par un courant de gaz acide hydro-sulfurique , et on le filtra.

a. Le sulfure de plomb qui resta sur le filtre fut bouilli avec de l’alcool. La liqueur filtrée, qui était jaune , donna, par l’évaporation , un extrait brun-jaunâtre , opaque , ferme , grenu. Cet extrait ayant été bouilli avec de l’eau , se dissolvit en partie , et laissa des flocons résineux qu’on recueillit sur un filtre. , ...

I. La résine, qui n’était qu’en très-petite quantité, pa- , raissait être de la résine biliaire ordinaire.

II. La dissolution aqueuse ayant été soumise à l’évaporation , laissa un sirop brun pâle , qui devint un peu grenu*

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quand on l’eut exposé au froid. Après l’avoir desséché autant que possible , on le traita par l’alcool anhydre , qui laissa , sans les dissoudre , quelques cristaux de l’asparagine biliaire dont on trouvera la description plus loin , et qui , après avoir été évaporé, donna un sirop épais , transparent , d’un brun pâle , d’une odeur fade et d’une saveur très-douce. Ce sirop était indubitablement un mélange d’une grande quantité de picromel avec un peu de résine et d’acide.

(3. La liqueur aqueuse séparée du sulfure de plomb par la filtration était d’un jaune brunâtre pâle. Ayant été évaporée juqu’à consistance sirupeuse , elle se sépara en une niasse brune , tenace , d’apparence résineuse, et en une petite quantité d’un liquide aqueux très-acide , qui donna , par le refroidissement , un grand nombre de gros cristaux. On sépara le reste du fluide aqueux des cristaux et de la masse résinoide.

I. Le fluide aqueux séparé de ces deux substances laissa, après avoir été évaporé , un extrait brun foncé , transparent et mou, dans lequel se trouvaient plusieurs petits cristaux. Ceux-ci , pressés entre deux feuilles de papier joseph et soumis â une nouvelle cristallisation , afin de les débarrasser de l’extrait qui avait pu y rester adhérent , furent reconnus pour être de l’asparagine biliaire.

II. La masse résinoide , avec les gros cristaux, fut chauffée avec de l’eau. Celle-ci dissolvit les cristaux , ainsi qu’une très-petite quantité de la masse résinoide , d’où résulta un lait blanc-brunâtre. La plus grande partie de la masse résinoide demeura non dissoute, sous la forme d’une résine. On 1a lava , à plusieurs reprises , avec de l’eau chaude , et le liquide également laiteux qu’on obtint de cette manière fut mêlé avec la première solution aqueuse.

i . La résine , même après avoir été lavée plus de dix fois avec de l’eau , retenait encore du picromel, de manière que l’eau mise en contact avec elle contractait toujours une saveur douceâtre. Afin de l’obtenir aussi pure que possible , et de pouvoir ainsi déterminer ses propriétés , on la • lit dissoudre dans l’alcool , et l’ou ajouta à la dissolution

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un grand excès d’eau chaude. Le précipité résineux obtenu de cette manière fut une seconde fois dissous dans l’alcool et précipité par l’eau. Le liquide aqueux qui surnageait le premier et le second précipités avait une saveur douce et un aspect laiteux dû à une petite quantité de résine qu’il tenait en suspension. La résine bilkiire précipitée fut mise en fusion à une chaleur modérée , pour la réduire én une seule masse. Alors elle montra les propriétés suivantes :

Elle était d’un brun pâle (i), transparente , cassante et trèsfragile à froid. A une chaleur modérée, elle se ramollissait et devenait susceptible d’être tirée en longs filamens. Un peu audessous de la chaleur de l’eau bouillante , elle entrait incomplètement en fusion ; mais sa fusion était complète un peu au-dessus de cette température.

Chauffée à l’air au-dessus de son point de fusion , elle se boursoufilait , brûlait avec une flamme vive et fuligineuse , en répandant une odeur aromatique , et laissait une petite quantité d’un charbon spongieux , facile à consumer , qui donnait lui-même quelques traces de cendre.

Distillée à sec , elle donnait une huile empyreumatique et une liqueur aqueuse très-acide , qui ne contenait qu’un atome d’ammoniaque , mais point d’acide hydro-chlorique.

L’acide nitriqe froid la corrodait et la convertissait en une niasse jaune, tenace, boursoufîlée , qui ne se dissolvait complètement dans l’acide que par une longue ébullition avec lui. La dissolution, d’un jaune pâle , se troublait quand on y versait de l’eau , et déposait de grands flocons blancs.

La résjne se dissolvait avec lenteur, mais en totalité, dans l’acide sulfurique froid. La dissolution était peu, coulante et d’un brun jaunâtre. Traitée par l’eau, elle donnait des flocons très-épais , d’un jaune brunâtre , nageant dans un liquide, incolore.

La résine se dissolvait facilement dans Tqmmoniaque pure et dans le carbonate d’ammoniaque liquide. La dissolution

(l) La résine biliaire précipitée par l’acétate de plomb neutre avait une teinte plus foncée , ce qui tenait sans doute à ce qu’elle était mêlée avec un peu de matière colorante altérée de la bile.

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avait une couleur brune pâle. L’acide hydro-chlonque la coagulait.

Si l’on mettait un peu de résine dans une grande quantité de potasse liquide concentrée , il ne s’en dissolvait que trè^-peu; mais elle se convertissait en un fluide épais, brun et transparent (savon résineux) , qui se dissolvait facilement dans l’eau , après qu’on avait décanté la potasse liquide surnageante. Cette dissolution était d’un jaune pâle ; elle avait june saveur alcaline et un peu amère ; elle était précipitée tant par la potasse concentrée que par les acides.

La résine se dissolvait très-facilement dans l’alcool , auquel elle communiquait une couleur brune pâle. La dissolution avait une saveur sensiblement ainère , et l’eau la précipitait.

L’éther dépouillé d’alcool ne dissolvait que très-peu de résine ; mais l’éther ordinaire en dissolvait un peu davantage.

L’acide liydro-clilorique , l’acide acétique et la dissolution aqueuse de carbonate de potasse n’exercèrent pas d’action dissolvante sur cette substance (i).

2. La liqueur aqueuse, séparée de la résine et réunie aux eaux de lavage de cette dernière , fut réduite à une trèspetite quantité par l’évaporation. Alors elle se sépara de nouveau en une masse molle , d’un brun pâle , perlucide , d’apparence résineuse , et en un liquide jaune pâle, qui surnageait cette masse. Ce dernier liquide ayant été mis à part , évaporé de nouveau et soumis à la cristallisation , donna des cristaux et une eau-mère acide. La masse résino'ide , traitée*par l’eau , se partagea en véritable résine et en une liqueur d’un brun pâle , qui , par l’évaporation , se divisa de nouveau en une masse résineuse et en un liquide acide , dont on retira quelques cristaux. Par conséquent on obtint

(l) D’après les caractères qui viennent d’être énumérés, cette résine est identique avec celle que Bucholz ( Journal Je Schweigger, t. xvir, p. l) a trouvée dans un calcul urinaire d’un cheval. Il est probable, par conséquent , que le cheval dans le corps duquel se forma cette concrétion remarquable avait été atteint d’une maladie du foie.

quatre substances qui vont être examinées chacune à' part : de la résine , une masse résinoïde, des cristaux particuliers et une eau-mère. *

A. La résine , après avoir été purifiée , se comporta absolument comme la résine biliaire qui vient d’être décrite.

B. La masse résinoïde était d’un brun jaunâtre , transparente , un peu cassante , quoiqu’en même temps légèrement tenace, très-dbuce , et éntourée d’un peu {le liquide trèsacide qui l’empêchait d’adhérer à la capsule. Elle forma , avec une petite quantité d’eau, , une solution sirupeuse et limpide qui , exposée à l’air , -déposa quelques cristaux sur les bords du vase. Mêlée avec une plus grande quantité d’eau, elle donna une liqueur laiteuse qui , à l’évaporation , s’éclaircit et laissa encore déposer un peu de résine. Afin d’obtenir la matière cristalline qui se trouvait dans la masse résinoïde, nous traitâmes cette dernière, desséchée autant que possible , par l’alcool absolu , qui la dissolvit complètement, à l’exception de petits grains cristallins qui furent recueillis sur un filtre.

a. Les grains cristallins se comportèrent comme l’asparagine biliaire, dont nous donnerons bientôt la description.

b. La solution Alcoolique était d’un brun foncé et sirupeuse. Après avoir été évaporée, elle laissa un résidu transparent et d’un brun foncé. L’eau chaude ne se chargea que d’un tiers environ de ce résidu. La portion non soluble se comportait comme la résine biliaire qui a été décrite précér deinment. La liqueur aqueuse était lactescente ; elle donna , par l’évaporation , une masse transparente de laquelle on parvint ençore à extraire un peu d’asparagine biliaire par le moyen de l’alcool absolu. La portion soluble dans l’alcool absolu était indubitablement un mélange de picromel, de résine et d’acide.

C. Les cristaux particuliers furent purifiés tant par la digestion avec l’alcool absolu , qui enleva la résine et. le picromel , que par plusieurs dissolutions dans l’eau et cristallisations successives. Dans cet état de pureté, ils avaient les propriétés suivantes :

C’étaient de grands prismes transparens et incolores, à six

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pans inégaux , terminés par des pyramides à quatre ou six faces. On peut admettre pour leur forme primitive un prisme rhomboïdal droit à angles de 1 1 1 ° 44' et de 68“ i6', tronqué sur les arêtes obtuses , et terminé par une pyramide à quatre faces j dont les quatre pans reposent perpendiculairement sur les quatre pans du prisme primitif. Cette pyramide était quelquefois .tronquée au sommet. Fréquemment aussi ses deux arêtes correspondantes aux arêtes aiguës du prisme étaient émoussées, de même que ses deux angles correspondons aux 4 deux arêtes obtuses du prisme. Les cristaux croquaient sous la dent ; ils avaient une saveur fraîche , qui d’ailleurs n’était ni douce , ni salée , ni caractérisée d’une autre manière quelconque ; ils n’agissaient ni sur la teinture de tournesol rouge , ni sur la bleue , et ne subissaient aucune altération à l’air , même à la température du bain— marie.

A feu nu , ils se fondaient en une liqueur épaisse , brunissaient, se boursouflaient, développaient une odeur empyreumatique douceâtre , semblable 4 celle de l’indigo qui brûle , seulement un peu plus piquante , -et laissaient un charbon boursouflé, qui brûlait facilement, sans laisser de résidu.

Par la distillation sèche , après s’être fondus , brunis et boursouflés, ils donnaient beaucoup d’huile empyreumatiquc épaisse et brune , ainsi qu’un peu d’un liquide aqueux incolore , qui exhalait une odeur empyreumatique douceâtre, rougissait fortement le tournesol, dégageait beaucoup d’ammoniaque par la potasse , et rougissait le per-chlorure de fer. Par conséquent ces cristaux contenaient une petite quantité d’azote.

Ils se dissolvaient facilement dans l’acide nitrique fumant, à froid, sans produire ni dégagement de chaleur ni effervescence. Il ne s’opérait même pas de décomposition en continuant à faire bouillir la dissolution; et en évaporant la liqueur, l’acide se vaporisait, laissant la matière cristalline , qui n’avait pas changé d’état. Celle-ci rougissait faiblement le tournesol, à cause d’un peu d’acide nitrique qui y était resté adhérent, et ne dégageait pas d’ammoniaque par la potasse.

Plongés dans l’acide sulfurique froid, les cristaux nageaient

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d’abord à la surface , en raison de leur pesanteur spécifique moins considérable, puis se dissolvaient peu à petf , eh produisant une liqueur claire, un peu épaisse et d'un brun pâle. Une partie de cette dissolution, mêlée avec de l’eau, demeura claire ; une autre , chauffée jusqu’à l’ébullition, devint plus foncée en coifleur : cependant il ne se dégagea pas de gaz acide sulfureux, et la'liqueur demeura claire ; malgré même l’addition de l’eau.

L’eau à 12 degrés c. dissolvait de ces cristaux. L’eau bouillante en dissolvait une plus grande quantité , mais laissait déposer des cristaux par le refroidissement. La dissolution aqueuse n’ offrait rien de remarquable avec l’acide hydro-chlorique , l’acide nitrique , l’ammoniaque , la potasse , l’eau de chaux , l’alun, le chlorure d’étain, le per-clilorure de fer, le sulfate de cuivre, le per-chlorure et le proto-nitrate de mercure et le nitrate d’argent : seulement ce dernier mélange, exposé à la lumière , prenait une teinte rougebrunàtre au bout de plusieurs jours, et laissait déposer quelques flocons.

L’alcool absolu ne dissolvait presque rien de cette matière cristalline (i). L’alcool à 36 degrés B. n’en dissolvait que à 1 2 degrés c. Il en prenait cependant davantage par la chaleur.

Ces caractères de la matière cristalline ont beaucoup d’analogie avec ceux de l’aspaiagine découverte par Vauquelin et Robiquet. Par conséquent, jusqu’à ce qu’d soit démontré (pie les deux substances sont identiques ou ne le sont pas, nous donnerons à la première le nom d 'asparagine biliaire. Les circonstances suivantes paraissent s’élever contre son identité avec l’asparagine proprement dite : la différence dans les angles des prismes, l’insolubilité de l’asparagine dans l’alcool, la propriété qu’a cette dernière substance d’être décomposée par l’acide nitrique, et enfin cette autre circonstance , qu’on ne l’a encore trouvée que dans le règne végé-

(1) Cependant si L’on traite de la bile de beeuf évaporée jusqu’à siccitô par l'alcool absolu , cette matière s’y dissout , sans doute à la faveur de» autres partie» constituantes.

DE LA DIGESTION

tal. La saison ne nous a pas permis d’éclaircir ces doute9 en préparant l’asparagine de l’asperge. Au reste , comme Vauquelin l’a trouvée aussi dans la pomme de terre, elle pourrait bien exister également dans plusieurs des végétaux qui servent à la nourriture du bœuf (1).

D. L’eau-mère acide donna encore ,' par l’évaporation et le refroidissement, quelques cristaux d’asparagine biliaire, et déposa quelques flocons bruns. Le reste de la liqueur était brun, et rougissait fortement le tournesol. Ayant été étendu d’eau , il donna un précipité abondant par la dissolution d’argent, et un léger par la teinture de noix de galle. En le chauffant, il se boursouflla, développa une odeur d’empyreume animal, et laissa un charbon difficile à incinérer, dont la cendre contenait du chlorure de sodium et du phosphate de soude. Par conséquent l’eau-mère contenait quelques sels , de l’acide libre , de l’asparagine biliaire , un peu de picromel et de résine , et, 'si l’on en juge d’après la précipitation par la teinture de noix de galle, un peu d’osmazûme , ou une matière analogue.

b. La liqueur précipitée par le sous-acétate de plomb fut débarrassée -du plomb par le gaz acide b y dro— sulfurique , filtrée et évaporée. Il resta un sirop qui , par le refroidissement, déposa un grand nombre de grumeaux blancs. Ceuxci formaient la moitié du tout : on les recueillit sur un filtre.

a. La matière qui resta sur le filtre fut lavée avec un peu d’éau froide, et pressée entre deux feuilles de papier joseph. Comme elle retenait beaucoup d’acétate alcalin , on la purifia en grande partie en la faisant dissoudre à plusieurs reprises dans l’eau chaude , et pressant dans du papier non collé la substance qui cristallisait par l’évaporation. Ainsi purifiée , cette matière présenta les propriétés suivantes :

Sa dissolution dans un peu d’eau chaude se prit, par le refroidissement, en une masse molle, opaque , d’un blanc brunâtre, dont la surface était sillonnée et mamelonnée.

(i)~ Cette matière cristalline serait-elle identique avec colle que Cadet obtint , en 1767, en traitant la bile jiar les acides, et qu’il trouva analogue au sucre de lait ?

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Celte masse se montra composée , dans son intérieur , de petits grains cristallins, parmi lesquels se trouvaient entrelacées quelques aiguilles déliées d’acétate de soude. Elle était inodore , même à la chaleur. Elle avait une saveur douce très-prononcée et très-durable, mêlée d’un petit goût d’amertume, et qu’on ne peut mieux comparer qu’à’ celle du jus de réglisse.

A leu nu, elle entrait incomplètement en fusion , se boursoufflait , brunissait , développait une odeur en partie aromatique et en partie analogue à celle de la corne brûlée, brûlait avec une flamme rouge et fuligineuse , et laissait un charbon très-spongieux. Ce dernier contenait beaucoup de carbonate de soude , après la soustraction duquel , au moyen de l’eau , il brûlait facilement.

Distillée dans des vaisseaux clos , cette substance entrait en fusion , prenait alors l’apparence d’un sirop jaune et transparent, se boursoufllait considérablement, redevenait ensuite solide et blanche par la perte de son eau de cristallisation , entrait de nouveau en fusion lorsqu’on poussait davantage le feu , et fournissait , tout en se boursouflant et se noircissant, pne grande quantité d’huile empyre lunatique brune et épaisse , avec un fluide aqueux d’un jaune pâle. Ce dernier exhalait l’odeur de l’esprit de corne de cerf , et rougissait fortement le papier de curcuma.

L’acide nitrique fumant et froid dissolvait cette matière en abondance et d’une manière rapide, avec dégagement de chaleur et d’une grande quantité de gaz nitreux. La solution était -d’un jaune pâle , et déposait , par le refroidissement , quelques particules cristallines. Une portion de cette liqucar fut mêlée avec de l’eau, qui en précipita des floGons blancs. Une autre- fut évaporée : il demeura un résidu blancjaunâtre et boursouflé , dont l’eau ne prit qu’une faible quantité. Cette dernière dissolution était d’un jaune pâle, acquérait uue couleur jaune plus foncée par l’addition de l’ammoniaque , et ne donnait point de précipité avec l’eau de chaux. La partie non soluble dans l’eau de la dissolution nitrique évaporée représentait une masse jaune , tepace , résinoide , qui , traitée par l’ammoniaque , se résol-

vait , avec dégagement de quelques bulles de gaz , en un liquide d’une teinte orangée foncée , lequel était précipité en flocons d’un blanc jahnâtre par l’acide liydro - chloriquc. ‘

La matière sucrée se dissolvait dans l’acide sulfurique froid , très-rapidement , en grande abondance , et avec t un fort dégagement de chaleur. La dissolution , de couleur orangée, se prit à moitié, après le refroidissement , en une masse cristalline. Une certaine quantité de la partie encore liquide fut étendue d’eau , et déposa des flocons qui se dissolvirent dans un excès d’eau. Le reste de la dissolution , en partie fluide et en partie concret, fut chauffé ; le tout devint liquide , d’une couleur orangée de plus en plus foncée , ensuite brune , et enfin d’un brun noirâtre , quand l’a- . eide sulfurique entra en ébullition , époque à laquelle il se dégagea de l’acide sulfureux. Cependant , cette dissolution chaude était encore claire , et se comportait comme la primitive lorsqu’on y versait de l’eau.

La matière sucrée se dissolvait aussi avec beaucoup de facilité dans l’acide hydro-clilorique médiocrement concentré. La dissolution , qui était presque incolore, ne subissait de changement qu’après avoir été chauffée pendant plusieurs heures au bain-marie. Le fluide aqueux laissait alors déposer une liqueur oléagineuse transparente , d’un jaune brunâtre , qui , par le refroidissement , se prenait en une masse consistante , quoiqu'on core molle et visqueuse. On décanta la liqueur acide qui surnageait. Elle donna par l’eau un précipité blanc, pulvérulent , et par l’évaporation, un résidu brunâtre , grenu , complètement soluble dans l’eau qui avait une saveur. très- amère, rougissait le tournesol, et, mêlé avec la chaux , produisit "un dégagement à peine sensible d’ammoniaque. L’acide hydro-chloriquc concentré précipitait , de la dissolution aqueuse de ce résidu , une masse brune, résinoïde, soluble de nouveau dansl’eau. Le précipité oléagineux que nous avons décrit plus haut , et qui se forme pendant la digestion de la solution liydro-chlorique , fut lavé plusieurs fois à l’eau froide , ce qui le rendit blanc et opaque. Plongé ensuite dans l’eau chaude, il s’y dissol—

vait très-facilement , et communiquait à ce liquide une couleur jaune , avec une saveur très-amère.

En mêlant la dissolution aqueuse de la matière sucrée avec du per-clilorure de fer, il en résultait une liqueur claire (à cause de l’acétate de fer formé) et rougeâtre ; mais si l’on venait à chauffer modérément le mélange , il ne tardait pas à se séparer un grand nombre de flocons d’un brun rougeâtre pâle.

La chaux mise en contact avec la matière sucrée ne dégageait aucune trace d’ammoniaque.

La solution aqueuse de cette matière , mêlée avec de la levure de bière lavée , ne dégagea pas une seule bulle de gaz dans l’espace de dix -huit heures et à la température de 1 6 degrés c. , tandis que la même levure , mise en contact avec du sucre ordinaire , le fit passer à la fermentation dans les mêmes circonstances.

La matière sucrée ne subit aucune altération à l’air , soit sec , soit humide. Elle se dissolvait très-facilement et en abondance dans l’eau ; elle se dissolvait même presque en toutes proportions dans l’eau chaude ; la dissolution concentrée avait une consistance sirupeuse . Cette dissolution aqueuse ne donnait de précipité à froid qu’avec 'l’acide nitrique concentré , qui y faisait naître de gros flocons blancs. Du reste -, à' froid , elle n’éprouvait rien de la part de l’iode , du chlore, de l’acide sulfurique, de l’acide hydro-chloVique concentré i de l’alun , dtr chlorure d’étain, de l’acétate de plomb neutre , des sulfates de fer et dé cuivre , des per-ebiorures de fer et de . mercure , des nitrates de mercure et d’argent , de l’acide acétique , de la teinture 3e noix de galle, et de celle de tournesol, soit rouge, soit bleue. Nous regardons comme accidentel le léger trouble que le sousacétate de plomb y faisait naître.

La matière sucrée se dissolvait avec facilité et en abondance dans l’alcool, tant ordinaire qu’absolu. Mais elle né se dissolvait pas du tout dansTélher pur , et très-peu sculeme^dans celui qui contenait de l’alcool. En faisant digère* sa- dissolution aqueuse avec de la résine biliaire purifiée, rfle eu dissolvait une certaine quantité. La liqueur obtenue dç cette manière devenait laiteuse par l’addition de l’eau ,

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reprenait sa limpidité par l’évaporation , et laissait pourrésidu une masse jaune , transparente , ayant d’abord la consistance de la térébenthine , prenant ensuite l’aspect d’une gomme , qui devenait visqueuse à l’air libre , et se dissolvait facilement dans l’eau. Cette nouvelle dissolution était précipitée abondamment à froid par l’acide sulfurique, l’acide by- ■dro-chlorique, le sous— acétate de plomb et plusieurs autres sels métalliques. Elle ne l’était cependant pas par l’acétate de plomb neutre. Ainsi, en combinant la matière sucrée avec la résine biliaire , nous avions reproduit le picromel ordinaire.

Si nous comparons ces caractères de la matière sucrée avec ceux que Thénard assigne au picromel, dont on lui doit la découverte, nous trouvonsles analogies suivantes : Les deux matières sont sucrées, incolores, azotées, inaltérables à l’air, non susceptibles de subir la fermentation alcoolique , trèsfacilement solubles dans l’eau et l’alcool , et précipitables de leur dissolution aqueuse par l’acide nitrique , mais non par la plupart des autres réactifs : leur présence rend la résine biliaire soluble dans l’eau. Mais il existe entre elles plusieurs différences. D’abord le picromel de Thénard a l’aspect et la consistance d’une térébenthine épaisse , tandis que notre matière est opaque et composée de petits grumeaux cristallins. En second lieu , le picromel ne donne pas , ou du moins donne très -peu de carbonate d ? ammoniaque quand on le distille dans des vaisseaux clos , tandis qu’on en retire beaucoup de notre matière. Enfin le picromel est précipité à froid par les sels de fer, le sous-acétate de plomb et le protonitrate de mercure, tandis que notre matière conserve sa limpidité , à cela près d’un léger trouble qu’y fait naître le sous-acétate de plomb.

On peut expliquer ces différences en admettant que le picromel de Thénard est une combinaison de la matière sucrée que nous venons de décrire avec très -peu de résine : car comme cette dernière donne beaucoup d’acide acétique libre par la distillation sèche, cet acide doit saturer en totalité ou en grande partie l’ammoniaque produite par la matière sucrée. Les expériences rapportées précédemment font vorë aussi que notre matière sucrée , lorsqu’elle est unie avec un

DES MAMMIFÈRES. g-

peu de résine , prend l’aspect, de la térébenthine, et acquiert la propriété d’être précipitée par quelques acides et par le sous-acétate de plomb.

Si nos expériences et nos conclusions viennent à se confirmer, nous regarderons notre matière sucrée comme le picromel pur (abstraction faite de l’acétate de soude qui y est mêlé ) , et le picromel de Thénard comme cette même substance contenant encore un peu de résine. Cependant, dans aucun cas, notre matière sucrée, qui est si riche en azote, ne peut être rangée dans la classe des autres espèces de sucre, mais elle forme , avec le sucre de gélatine que Braconnot a obtenu en traitant la colle animale par l’acide sulfurique , une série particulière de substances sucrées contenant de l’azote. La grande analogie qui existe entre la saveur sucrée de l’acide cholique et de ses sels et celle du picromel, pourrait faire soupçonner que l’une de ces matières entre dans la composition de l’autre. Mais nous ne pouvons au moins pas considérer le picromel comme un cholate, puisqu’il ne donne pais de précipité à froid avec la plupart dès acides , et qu’il ne laisse pas dégager .d’ammoniaque par la chaux .

(3. Le sirop , séparé du picromel par le filtre , était d’un brun pâle et limpide. Il avait une saveur très-douce et salée, et exhalait une faible odeur d'acide acétique , qui se développait davantage en ajoutant de l’acide sulfurique. Il rougissait le tournesol et le per - chlorure de fer, précipitait faiblement le nitrate d’argent , le chlorure d’étain et celui de baryte, et abondamment (par la formation d’acétate de mercure) le nitrate de mercure. Le chlorure de chaux, le sulfate de cuivre , le pe'r-chlorure de mercure et la teinture de noix de gajle étaient sans ifttion sur lui. Après la combustion , il laissait une très-grande quantité de carbonate alcalin. Par conséquent cè sirop était un mélange de picromel , d’acide acétique, d’acétates de soude et de potasse, et d’une petite quantité d’autres sels. • .

Il résulte de ‘ l’analyse dont on vient de lire les détails que la bile de bœuf contient de la choline , de l’acide margarique , de l’acide oléique , de l’acide cholique , de la résine biliaire, du picromel, de l’asparagine biliaire, une matière.

DE LA DIGESÏIOJt

soluble .dans l’eau et l’alcool cjiauil , mais non dans l’alcool froid , une matière soluble dans l’eau et l’alcool , et précipitableparla noix de galle (osmazôme), uhe matière qui développe une odeur urineuse par la chaleur, une autre insoluble dansl’eau,maissolubledansl’alcool chaud (gliadine), une troisième insoluble dans l’alcool , mais soluble dans l’eau (matière caséeuse), et du mucus. D’autres parties constituantes de cette humeur seront mentionnées dans les expériences Suivantes.

Parmi ces matériaux , la résine biliaire et le picrome'l sont les plus abondans, à beaucoup près. La première paraît être tenue en dissolution à la faveur du second , et communiquer à la bile la saveur amère qui la distingue. Cependant il reste encore quelques doutes à cet égard y car les expériences relatées ci - dessus font voir que la résine se sépare de plus en plus complètement à mesure qu’on soumet la bile à un plus grand nombre d’opérations. L’évaporation , le traitement par l’alcool ordinaire et absolu, les précipitations par les sels de plomb , l’action de l’acide hydro-chlorique , toutes ces circonstances paraissent rompre le lien qui existe entre la résine biliaire et le picromel, de sorte que, quand on traite ensuite le mélange par l’eau , une partie de la résine reste sans se dissoudre. Nous présumons, par conséquent, ou que la résine existe dans là bile sous une autre forme , et qu’elle ne passe à un état moins soluble que par l’effet des diverses manipulations auxquelles on soumet le liquide biliaire, ou que, durant ces opérations, le picromel subit un changement qui diminue en lui la faculté de dissoudre la résine , ou en0n , qu’indépendamment du picromel , la bile contient encore un autre principe , qui contribue à la dissolution de la résine, et qui change de nature d.Tns le cour^des opérations. Au reste, nous croyons devoir expliquer de la manière suivante l’action des deux acétates de plomb sur l’extrait alcoolique de la bile. Le précipité produit par l’acétate neutre , outre du chlorure, du phosphate, du sulfate, du margarate et du cholate de plomb , contient le principe colorant de la bile , et quelques matières animales particulières, principalement de la résine et du picromel ; la résine toutefois en proportion plus considérable et le picromel en proportion moin-

dre que dans la bile. Après la décomposition de ce précipité par l’acide hydro-sulfurique , lù picromel ne suffit plus pour rendre toute la résine soluble dans l’eau , de sorte qu’une partie de cette dernière reste , accompagnée d’un peu de picromel , avec le sulfure de plomb. Le sous-acétate produit , dans la bile précipitée par l’acétate neutre , un nouveau précipité contenant le reste de la résine , avec beaucoup de picromel, qui a été entraîné par cette résine. Une portion de picromel , libre de matière résineuse , reste cependant dans la liqueur, avec l’acétate alcalin qui s’est formé aux dépens des sels de la bile et de l’acide acétique de l’acétate de plomb .

Traitement de la bile de bœuf par V acide bjdro-chlo— tique. — De la bile de bœuf ayant été mêlée avec une quantité médiocre d’acide liydro - clilorique étendu d’eau, il se forma un précipité muqueux, coloré d’abord en jaune, puis en vert , qui était probablement composé de mucus , de matière caséeuse et de matière colorante , mais qu’on n’examina pas ultérieurement. La liqueur filtrée , qui devint peu à peu d’un vert de plus en plus pur, et perdit tout-à-faU sa teinte brunâtre , fut abandonhée à elle - même pendant quelques jours. 11 s’en sépara des particules blanches très-déliées, qui se rendirent presque toutes à la surface , et qui -, recueillies, sur un filtre , se comportèrent avec les réactifs de manière à montrer qu’elles étaient de l’acide margarique.

On fit évaporer la liqueur filtrée : à mesure que l’acide hydro - chlorique qu’elle contenait se concentrait davantage, elle se partageait en deux portions. *La portion inférieure était, une masse d’un vert foncé , molle , et d’apparence résineuse ; la supérieure un liquide q^ide et d’un vert pâle. Après avoir décanté cette dernière pour la séparer du précipité résineux , on continua à la faire évaporer; il se sépara encore une substance résineuse , qui cependant ( parce que l’acide liydrochlorique concentré avait exercé une action décomposante plus énergique sur la matière colorante) n’était pas verte mais d’un rouge brunâtre. 11 se forma de même, en continuant toujours l’évaporation , plusieurs autres précipités résineux semblables , auxquels se joignirent sur la fin des eris-

DÊ LA D1GEST10X

taux abondans de chloruré de sodium. Enfin il resta une petite quantité d’une liqueur jaune et très -acide, qui déposa, outre du chlorure de sodium et une matière résineuse âcre , des cristaux d’asparagine biliaire , de manière qu'on n’eut plus pour résidu qu’une quantité extrêmement petite du liquide acide. Au reste, la quantité d’asparagine qui fut obtenue ainsi était moins considérable qu’on ne devait s’y attendre d’après celle de la bile employée, et F011 reconnut aussi par la suite qu’une partie de cette substance se trouvait contenue dans les précipités résinoïdes. Ces derniers furent traités de deux manières différentes , savoir par l'eau et par l’alcool absolu.

Traitement par l’eau. — En les faisant digérer avec de l’eau, ils s’y dissolvaient en grande partie : cependant ilrestait, la plupart du temps , un peu de résine verte , qui n’était point soluble dans l’eau. C’est ce qui arriva particulièrement au précipité résineux obtenu en premier lieu. La dissolution aqueuse était en général rendue trouble et laiteuse par des molécules très-fines de résine qu’elle tenait en suspension, de sorte qu’elle avait beaucoup de peine à traverser le filtre , et que , même au bout de plusieurs jours, à peine avait-elle déposé quelque peu de résine. Soumise à l’évaporation , elle se partageait de nouveau , quand elle contenait assez d’acide hydro-chlorique, en un précipité résinoïde et en une liqueur acide , d’où l’on pouvait encore obtenir uu peu d’asparagine en la faisant évaporer.

En traitant de nouveau ce dernier précipité par l’eau , il • se dissolvait presque entièrement , et la liqueur obtenue de cette manière pouvait être considérée comme une combinaison de résine biliaire , de picroi^l et d’un peu d’acide liydro-cldorique. Voici quelles étaient les propriétés de cette combinaison: sa dissolution aqueuse, qui, très-étendue, était laiteuse , à cause des particules déliées de résine qu’elle tenait en suspension, devenait, par l’évaporation, transparente, sirupeuse, puis semblable à la térébenthine, et laisrsait. enfin un extrait pelliicidc f jaune ou brun, qui rougissait le tournesol, et qui avait une saveur sucrée, pénétrante et persévérante. Traité par l’eau, cet extrait donnait une dis-

solution claire , qui devenait laiteuse quand on y ajoutait une plus grande quantité d’eau. Cette dissolution fournissais un précipité résinoide , non-seulement par l’acide hydro-cblo— rique, mais encore par le chlorure de sodium. On pouvait quelquefois extraire encore un peu d’asparagine biliaire de ce mélange, en le faisant dissoudre dans l’eau bouillante, le précipitant par un excès d’acide bydro-chlorique , et évaporant la liqueur qui surnageait le précipité résinoide.

Traitement par l’ alcool absolu. — On fit sécher aussi complètement que possible , au bain-marie , une portion du précipité que* la bile mêlée avec l’acide liydro-chlorique avait donné pendant qu’on l’évaporait, et la niasse, qui était presque sobde , fut mise en digestion dans>de l'alcool absolu. Elle s’y dissolvit en si grande abondance qu’il en résulta un épais sirop qu’on fut obligé d’étendre avec une certaine quantité d’alcool absolu pour qu’il pût passer à travers le filtre. Il resta sur ce dernier de petits cristaux blancs d’asparagine biliaire. Une portion de la liqueur filtrée , ayant été mêlée avec de l’eau, se prit presqu’en masse, tant il s’en sépara de résine. Le reste fut débarrassé, par la distillation au bain-marie, de l’alcool , qui ne se dégagea toutefois entièrement qu’après qu’on eut ajouté encore de l’eau. Ce qui resta dans la cornue se dissolvait à peine à moitié dans l’eau ; la plus grande partie, qui était de la résine, demeurait inattaquée par le liquide. Cependant la résine retenait encore une grande quantité de matière sucrée , car , quoiqu’on la fît bouillir très-souvent avec de l’eau , celle - ci n’en prenait pas moins chaque fois une saveur sucrée. La portion soluble dans l’eau se comportait comme la résine et l’acide contenant du picromel , c’està-dire comme le picromel impur. Ce qu’il y avait de remar-» quable , c’est qu’après avoir dissous le précipité résineux dans l’alcool , on en retirait beaucoup plus de résine qu’aupara— van| , époque à laquelle cette substance se dissolvait presque entièrement dans l’eau. Nous avons déjà signalé ce phénomène à l’occasion de la première expérience sur la bile de bœuf.

Traitement par l’alcool et V acide sulfurique . — On fit évaporer de la bile de bœuf à sjccité; l’extrait fut épuisé par de

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