‹ Recherches expérimentales, physiologiques et chimiques, sur la digestion, considérée dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 34 sur 57 · II. Chiens nourris avec des alimens composés. Exp ÏIX · texte numérisé non relu

II. Chiens nourris avec des alimens composés. Exp ÏIX

-Sur la digestion du lait . - A sept heures du matin , nous donnâmes , à un petit chien qui jeûnait depuis vingt heures

“ e ^°P ine de lait de ^che , dont il prit les deux tiers. Ati bout de quatre heures , on le tua.

Du canal thoracique , qui lut sur-le-champ mis à découvert et lié, coula en abondance dn chyle semblable à du lait pour la couleur , et qui ne tarda pas à se fcoagùler. Les vaisseaux lymphatiques du canal intestinal étaient également remplis d'un chyle blanc. ' ’

A - On trouva dans l’estomac la partie caséeuse du lait pelotonnée en une masse qui pesait 3o grammes. Il y avait * en outre, i5 grammes d’un liquide muqueux blanc, qui rougissait le tournesol avec force. Ce liquide , après avoir été filtré , parut sans couleur et clair. Le caséum était un peu ramolli à la surface, et il avait une consistance pultacée.

B. Le duodénum contenait 4 grammes d’une masse pultacée jaune. Cette masse fut filtrée avec de l’eau. Il resta sur le filtre un peu de mucus translucide , jaune verdâtre et blanchâtre , qui ne rougissait pas sensiblement le papier de tournesol. La liqueur filtrée était d’un jaune très-pâle et claire.

C. Il y avait , dans la première moitié du reste de l’intestin grêle, i5 grammes de masses muqueuses, d’un blanc rougeâtre, avec un peu de liquide jaune. La masse fut étendue d’eau et filtrée. Il resta sur le filtre du mucus translucide blanc, et de petites masses caséeuses , opaques et blanches ’ qui rougissaient sensiblement le tournesol. La liqueur filtrée était d’un jaune rougeâtre très-pâle et faiblement trouble.

D. La seconde moitié de l’intestin grêle contenait 8 grammes de masses muqueuses, jaunes et translucides, avec un peu de liquide transparent et orangé. De plus on enleva 8 grammes d’un mucus rougeâtre en râclant les parois de 1 intestin. Cette matière muqueuse ne rougissait pas le papier de tournesol. Ayant été délayée dans de l’eau et filtrée , elle donna une liqueur d’un jaune pâle et assez trouble. ?

E. On trouva dans le cæcum et dans le reste du gros intestin a grammes d’une masse orangée , composée de petits flocons coagulés et entremêlés d’un peu de mucus jaune.

DE LA DIGESTION

Après la filtration avec de l’eau , il resta sur le filtre une faible quantité de matière d’un jaune-brunâtre , en partie muqueuse et en partie pulvérulente. La liqueur , filtrée et très-étendue d’eau , était d’un jaune très-pâle et très-légèrement troublée. . :J •-! - (

F. Le chyle étaitfortementtroubléenblanc. 3 , 19 grammes de ce fluide , mis dans un entonnoir , après leur coagulation , y laissèrent 0,08 gr. de caillot frais (2,5 pour cent) , qui était d’un rouge pâle et transparent. Le sérum qui s’écoula représentait un lait très-blanc et opaque ; il ramenait au bleu la teinture de tournesol rougie-

RÉACTIONS DES LIQUEURS FILTRÉES DU CANAL

DE LA DIGESTION

Exp. xx* (•)• — 5t/r la digestion du lait. — Nous donnâmes à un chien de moyenne taille , qui n'avait ni mangé ni bu depuis vingt et une heures, une demi-chopine de lait , mêlée avec une égale quantité d’eau , afin de nous assurer si le lait était absorbé dans l’estomac. Vingt-cinq minutes après, l’animal fut mis à mort. >

Les vaisseaux lymphatiques de l’estomac étaient gorgés d’un fluide aqueux semblable au sérum du lait. Le canal thoracique contenait un liquide analogue. Le sang recueilli dans la veine porte , et qui se coagula rapidement , ne renfermait pas beaucoup de sérosité.

L’estomac fut lié au-dessous du pylore ; il contenait une demi - chopine de liquide. La partie caséeuse du lait était coagulée, et le liquide réagissait fortement à la manière des acides.

L’intestin grêle était vide , à l’exception d’un peu de bile qu’il contenait ; il n'y avait du moins pénétré aucune parcelle de matière caséeuse. La portion moyenne et la dernière portion de cet intestin offraient quelques flocons jaunâtres , formant un commencement d’excrémens.

Ain si , dans cette expérience , la moitié du liquide avalé avait été absorbée , durant un laps de temps fort court, par les vaisseaux lymphatiques de l’estomac et peut-être aussi du canal intestinal.

Exp- xxi*. — Sur la digestiondu bœuf cru ( 2 ). — Le matin, vers huit heures , nous donnâmes à un chien qui était à jeun , un quarteron de bœuf cru , coupé en cinq morceaux allongés. L’animal fut tué et ouvert à midi environ. Les vaisseaux lymphatiques de l’intestin grêle étaient remplis d’un chyle blanc. Ils se vidèrent sous nos yeux , dans l’espace de dix minutes , et parurent ensuite transparens.

L’estoma c était très-distendu, et embrassait la viande contenue dansson intérieur. Celle-ci avait une teinte brune foncée à l’extérieur. Sa couleur rouge avait disparu , surtout dans

(1) Cette expérience a été faite depuis la présentation de notre travail il l’Institut.

( 1 ) Il en est de cette expérience comme delà précédente.

les points qui s’étaient trouvés en contact avec les parois de l’estomac , moins dans les surfaces tournées vers l’intérieur. On détachait des morceaux de viande une masse pultacée brune , qui ressemblait presque à de la gélatine. Dans leur intérieur , la viande n’avait encore éprouvé aucun changement , et l’on y distinguait clairement les fibres musculaires, avec leur couleur rouge. La viande et la très-petite quantité de liquide brunâtre qui existait près du pylore, rougissaient tous deux la teinture de tournesol avec beaucoup de force.

Le duodénum contenait un liquide brun pâle, mêlé de bile et extrêmement consistant , qui réagissait un peu à la manière des acides. Dans la première moitié de la portion suivante de l’intestin grêle , le liquide , qui rougissait encore faiblement le tournesol , était chargé de petits flocons d’un brun verdâtre. Ces flocons, en se rapprochant de l’extrémité de l’intestin grêle, devenaient peu à peu plus grands, plus consistons , plus muqueux , et prenaient une couleur verte noirâtre ; ils ne se comportaient plus à la manière des acides. Composés de la matière colorante altérée de la substance musculaire, unie avec la résine, la graisse et le principe colorant de la bile , ib représentaient d'une manière manifeste le commencement des excrémens.

On trouva dans le cæcum une substance analogue à celle qui existait dans b dernière portion de l’intestin grêle. Cette substance répandait une mauvaise odeur, et rougissait un peu le tournesol. Le reste du gros intestin contenait une matière d’un brun noirâtre , consistante et moulée.-

Exp. xxii*. — Sur la digestion du bœuf bouilli. — Un chien de moyenne taille mangea une demi-livre de bœuf bouilli , entre-lardé et coupé en morceaux. Quatre heures après il fut tué.

A l’ouverture du bas-ventre, on aperçut les vaisseaux lymphatiques de l’intestin grêle remplis de chyle blanc.

L’estomac, encore bien rempli , s’appliquait exactement sur son contenu, et présentait çà et là de faibles resserremens. La viande qu’il renfermait, était, à l’exception de quelques morceaux , que l’animal avait avalés entiers, convertie en un chyle gris brunâtre , dontla plus grande quantité se trouvait auprès

DE LA DIGESTION

<lu pylore. Les morceaux encore entiers étaient ramollis à la surface , et l’on pouvait en détacher une matière d’un gris brunâtre. Dans l’intérieur, où le suc .gastrique n’avait point encore pénétré , ils n’étaient nullement altérés, et l’on y distinguait sans peine les libres musculaires , endurcies par la coction, dont il ne restait, au contraire , aucune trace à l'extérieur. On voyait aussi çà et là de petites niasses de graisse. Le chyme avait une odeur aigre , et rougissait fortement la teinture de tournesol. Cette même teinture , versée goutte à goutte sur la membrane muqueuse de l’estomac , rougit également sur-le-champ.

Le duodénum contenait un liquide blanc jaunâtre , avec des flocons blancs , de consistance muqueuse , et rougissait faiblement la teinture de tournesol. Les flocons blancs diminuaient de plus en plus en se rapprochant de la seconde moitié de 1 intestin grêle , dans la dernière portion duquel ils disparaissaient cnün totalement. Celle-ci ne contenait qu’une matière muqueuse d un brun jaunâtre, qui ne rougissait plus le tournesol , et qui exhalait une odeur désagréable.

Ou trouva dans le cæcum des excrémens liquides, d’un brun jaunâtre , qui rougissaient un peu le tournesol.

à ers le rectum , les excremens devenaient plus consistans , plus secs, et d un brun plus foncé ; Us n’agissaient plus sur le tournesol. 1 ,

h-xp. xxm e . — Sur la digestion du bœuf et du pain blanc . — .Nous donnâmes à un chien-loup de moyenne taille plus d’une demi-livre de bœuf bouilli et un petit pain blanc. Au bout.de quatre heures , on l’étrangla.

L estomac contenait des morceaux de viande , de cartilage , dé graissé et de pain , ramollis à la surface. Il y avait, aux alentours du pylore , une bouillie homogène , d’un blanc giisatre , qui répandait une odeur très-aigre , et rougissait fortement le. tournesol.

On trouva , dans le duodénum , beaucoup de chyme mêlé avec de la bile et des. flocons blancs muqueux, qui rougissait moins le tournesol que celui de l’estomac. Les 'flocons blancs diminuaient de plus en plus dans l’intestin grêle , à mesure qu on s approchait du cæcum. Ce fut dans sa dernière portion

qu'on rencontra les premières traces d’excrémeus liquides et d’un jaune brunâtre.

Il y avait , dans le cæcum , des excrémens liquides , d’une odeur fétide , qui rougissaient faiblement le tournesol.

On retira du canal thoracique une assez grande quantité de chyle blanc , qui ne tarda pas à se coaguler. Après qu’on l’eut évaporé à siccité , et traité ensuite par l’acidè nitrique affaibli , il s’en dégagea le lendemain une graisse très - fusible.

Distillation du contenu de F estomac. ■ — Les atimens que contenait l’estomac furent exprimés dans un morceau de linge. On distilla au bain-marie lè liquide ttOuble et acide qui passa. Le produit de la-distillation était clair et incolore ; il exhalait une légère odeur d’empyreume, etrdugïssait pres» qu’autant le tournesol qu’aüparatant. Afin de fbcer l’àridé , on fit digérer le produit avec de l’oxide de plcfinb, puis on le filtra. La liqueur filtrée , qui tenait du plomb en dissolution , fut évaporée à siccité; elle ne lâiSsa (pi’une très-petite quantité d’un sel blanc. Celui-ci , sür lequel on versa nne goutte d’acide phosphorique, répandit une odeur pénétrante et désagréable d’acide butyrique, et les vapeurs qui se dégagèrent: produisirent un nuâge blanc avec l'ammoniaque. ■ ;• '-i ‘ ' ''*'i * •' > d.i.^i,. : .y-'. Oî!p )

.j Le résidu de la distillation avait une consistance syrupeuse , et rougissait fortement le tourhésbî , ce qui provenait peut-être d’un acide no» volatil. On le-traita par l’alcool, £uis on filtra la liqueur et on l’évapora. Il ; resta une masse gommeuse, qui se dissolvait dans l’eau , ! en laissant de là graisse. La dissolution filtrée rougissait le tournesol. Elle fut bouillie avec de l’oxide de zinc, puis filtrée et évaporée. Mais il ne s’en sépara pas de cristaux , même après un laps de quinze jours* et il resta un syrop épais , brun , qui était probablement une combinaison d’acide acétique avec l’oxide dè zinc et avec Une matière animale.

Exp- xxiv.'. — Sur la digestion des os .— Un chien mâlé , de moyenne tailla , mangea , à trois heures du soir, six onces d’os provenant de pieds, du veau bouillis, et les dévora avec avidité. Une pareille portion lui fut encore donnée le lcndc-

210 DE LA DIGESTION

main matin à sept heures. A onze heures, on le mit à mort

Le chyle du canal thoracique e'tait d'un beau blanc de lait ; il s écoula en abondance, et se coagula sur-le-champ en rougissant un peu. Les vaisseaux lymphatiques de l’intestin grêle étaient également remplis d’un chyle blanc.

L’estomac était encore très-distendu par- les os grossièrement triturés, sur les faces articulaires desquels on apercevait des portions de cartilage. Le poids total de ces os s’élevait à 164 grammes. Leurs bords et leurs angles, comme aussi ceux des cartilages , étaient un peu ramollis. L’estomac contenait , en outre , g 5 grammes d’un liquide blanc grisâtre et trouble , qui rougissait le tournesol avec force. Ce liquide laissa déposer quelques flocons , et une sorte de crème blanche se forma à sa surface. Après qu’il eut été filtré , on lui trouva une codeur jaune-pâle. On le partagea en deux portions, dont l’une fut traitée par les réactifs, et l’autre distillée.

Il y avait , dans le duodénum , un liquide muqueux , pultacé, d’un blanc jaunâtre et rougeâtre , entremêlé de petits fragmens d’os. Etendu d’eau et filtré , il laissa sur le papier un mucus blanc et opaque , avec quelques petites parcelles d Os. La masse se dissolvait en partie dans l’acide liydro-chlonque , et la dissolution fut précipitée abondamment par l'ammoniaque , après quoi l’oxalate de potasse y fit encore naître un précipité médiocre. La liqueur filtrée était d’un jaunepâle, un peu plus foncée que celle qui provenait de l'estomac..

Le reste de l’intestin grêle contenait un mélange pultacé de mucus consistant, d’un blanc rougeâtre sale , et d’une matière terreuse , d’un blanc sale. Ce mélange fut étendu d’eau et filtre. Il resta sur le filtre une matière peu muqueuse et presqu’cntièrement terreuse , dont la couleur était d’un gris blanchâtre dans l’état humide, et d’un blanc sale dans l’état sec. Cette matière se dissolvait en grande partie dans l’acide hydro-chlorique , en faisant fortement effervescence. La dissolution était précipitée si abondamment par l’ammoniaque, qu’elle devenait un peu épaisse, et après qu’elle avait été filtrée , l’oxalate de potasse y produisait encore un précipité considérable. C’était la partie terreuse des os. Le

DES MA3JÎHFÈRES. 217

liquide filtré était un peu moins jaune que; celui qui provenait du duodénum.

On trouva dans le cæcum un mélange semblable à celui qui existait dans la seconde moitié de l’intestin grêle ; seulement , il était plus intime , plus pâteux , et d’un gris blanc brunâtre. On le délaya dans de l’eau, qui fut ensuite filtrée. Il resta sur le filtre une matière qui se comportait , avec l’acide hydro-chlorique et les autres réactifs , de la même manière que celle qui avait été tirée de la seconde moitié de l’intestin grêle. La liqueur filtrée était d’un jaune un peu plus brunâtre que celle qui provenait de cette dernière.

Le contenu du rectum ressemblait à celui du cæcum ; seulement il était plus consistant et plus terreux* Son poids s’élevait à vingt-quatre grains. Après avoir été broyé avec de l’eau et filtré , il laissa un résidu qui se comporta avec l’acide hydro-clilorique et les autres réactifs de la même manière absolument que celui qui provenait du cæcum , dont il ne ; différait qu’en ce qu’il était d’un jaune brunâtre plus foncé* La liqueur filtrée était d’un jaune brunâtre , comme celle qui provenait du cæcum , et fortement trouble ; elle déposait un sédiment blanc-brunâtre.

Le chyle était blanc , tirant un peu sur le rougeâtre, et crémeux. Il se coagulait complètement , et se prenait en une masse très-solide.

Le sang de l’artère circonflexe iliaque ne se coagula pas d’une manière bien ferme ; le caillot était mou et gélatineux , et le sérum d’un rouge pâle.

Distillation du liquide de l’estomac. — La liqueur filtrée fut distillée au bain-marie. Le produit rougissait faiblement le tournesol. On le fit digérer avec du carbonate de baryte , puis on filtra le tout , et on l’évapora. Il resta une matière cristalline d’un blanc jaunâtre, formée en partie d’aiguilles et en partie de cristaux grenus , qui se dissolvait facilement dans l’eau. La dissolution dégageait , par l’acide sulfurique , une odeur acide pure , sans aucune trace de celle de l’acide butyrique. Le per-chlorure de fer, assez étendu pour qu’il parût presqu’incolorc , était fortement teint par elle en jaune-rougeàtre , et elle produisait , avec le nitrate d’argent , un abon-

2l8 0E LA DIGESTION

dant précipité blanc , caséeux , insoluble dans l’acide nitrique.

Par conséquent , le liquide de l’estomac contenait de l’acide hydro-chlorique et de l’acide acétique , à l’état de liberté.

Distillation des liquides filtrés du duodénum et du reste de F intestin grêle , mêlés ensemble. — Comme ils ne renfermaient pas d’acide libre, ou du moins qu’ils n’en contenaient que fort peu , nous les distillâmes avec de l’acide phosphorique. Le produit , saturé avec du carbonate de baryte , filtré et évaporé , laissa un extrait transparent et presqué sans couleur. La dissolution de cet extrait imprégnait les doigts d’une odeur pénétrante d’acide butyrique , colorait fortement en rouge le per-chlorure de fer très-étendu d’eau , et troublait bien faiblement le nitrate d’argent.

Par conséquent e’était un grande quantité d'acides acétique et butyrique , avec très-peu d’acide hydro-chlorique , qu ? on avait obtenue des liquides filtrés du duodénum et du réste de l’intestin grêle , en les distillant avec de l’acide phosphorique.

RÉACTIONS DES LIQUEURS FILTRÉES DU CANAL INTESTINAL

220 DE LA MGESTlOflt

Exp. xxv*. — - Sur la digestion des os et des cartilages.

— Un grand chien de boucher, qui était à jeun depuis vingtquatre heures , mangea , le matin , à trois heures , une livre d’os de veau , auxquels adhéraient encore quelques fragmens de cartilages. 11 les dévora avec avidité , et fut tué vers midi.

L’estomac contenait , i°. a 5 o grammes de cartilages et d’os grossièrement broyés , dont les bords et les coins étaient r ramollis et dissous de distance en distance; 2°. 16 grammes d’un liquide blanc sale , filant et savoneux au toucher, que troublaient des flocons brunâtres. A la surface de ce li'quide nageaient des gouttes de graisse fluide , provenant vraisemblablement de la moelle des os , fondue par la chaleur de l’estomac. Le liquide rougissait médiocrement le tournesol.

Il se troublait un peu par l’ammoniaque , et ensuite davantage par l’oxalate de potasse. La bile de l’animal n’y faisait naître de trouble ni à froid , ni à chaud.

Le premier tiers de l’intestin grêle ne contenait qtie 3 s grammes d’un mucus blanc jaunâtre , floconneux , et adhérent aux parois du vase , dans lequel on apercevait quelques petites masses muqueuses plus fermes et d’un jaune brunâtre ( provenant du mucus concrété de la vésicule du fiel ) , avec une très-petite quantité d’un liquide , jàune brunâtre et caché -dans le mucus, qui rougissait légèrement le tournesol.

On trouva dans le second - tiers de l’intestin grête^i gram. d’un mucus blanc jaunâtre , comme celui' du premier, mais composé d’un plus grand nombre de masses d’un jaune brunâtre plus foncé, et d’un liquide jaune brunâtre , plus trouble , qui rougissait médiocrement le tournesol.

Il y avait dans le troisième tiers de l’intestin grêle , i°. 46 grammes de grandes masses muqueuse! d’tm jaune brunâtre, compactes et fibreuses; a 0 . 46 grammes d’un liquide jaune brunâtre foncé, un peu trouble et légèrement écumeux , qui rougissait fort peu ou même ne rougissait pas du tout le tournesol.

Le cæcum contenait seulement 2 grammes d’un liquide transparent, brun jaunâtre , et semblable à de la bile, avec quelques flocons muqueux bruns. Filtré , ce liquide était

d’un jaune brunâtre vif. Il paraissait rougir le tournesol , autant du moins qu’il était permis d’en juger à travers sa couleur foncée. Il donnait un précipité jaune abondant par l’acide nitrique , et lorsqu’on employait davantage de ce dernier , on obtenait un liquide trouble , d’abord verd , ensuite bleu.

Mucus du second tiers de l’intestin grêle. — On chercha à purifier autant que possible le mucus blanc , en le lavant avec de l’eau froide et enlevant les masses muqueuses brunâtres. Ensuite on le fit digérer, à une chaleur très-modérée, sur le bain-marie , avec les substances suivantes (la digestion se fit cependant à froid avec l’ammoniaque ) : — Ammoniaque ; le mucus était légèrement gonflé , mais peu dissous ; la liqueur était trouble, et elle le devint encore davantage par l’addition de l’acide bydro-ehlorique. — Carbonate de potasse ; le mucus s’était dissous en grande partie , à l’exception de quelques flocons placés au fond du vase , et d’une épaisse crème blanche (graisse?); l’acide hydro-chlorique produisait un précipité abondant dans la liqueur, — Acide hydro-chlorique ; le mucus s’y réduisit , à l’exception d’un petit nombre de flocons , en une crème blanche très-fine ; la liqueur était incolore et claire ; elle se troublait très-faiblement par la teinture de noix de galle. — Acide nitrique faible ; le mucus ne changea presque pas ; le liquide ne se troublait ni par la teinture de noix de galle , ni par le cyanure de fer et de potassium. — Vinaigre distillé ; le mucus n’éprouva aucun changement ; la liqueur, incolore , se troublait très-faiblement par la teinture de noix de galle , et ne le faisait pas sensiblement par le cyanure de fer et de potassium. — Alcool ; mis en ébullition avec le mucus et filtré bouillant , il déposa des flocons nombreux de graisse en se refroidissant; ces flocons, recueillis sur un filtre et séchés, représentaient une poudre blanche , douce au toucher, qui n’entrait pas en fusion à une température de cent degrés , et dont la dissolution dans l’alcool chaud ne rougissait point le tournesol , mais se troublait par l'addition de l’eau î il fallait que ce fût quelque substance analogue à la cholestérine.

222 PE LA DIGESTION

On obtint, par la combustion de te mucus, bcaucoup.de cendre composée d’une petite quantité de chlorure et de carbonate alcalins , avec une grande quantité de phosphate et de carbonate calcaires. «

Mucus du dernier tiers de l’intestin grêle. — Comme Je dernier tiers de l’intestin grêle contenait des masses muqueuses de nature particulière , qui différaient du mucus intestinal ordinaire par leur couleur brune jaunâtre , leur opacité et leur consistance plus considérable , de sorte qu’on pouvait les croire dues au mucus de la vésicule du fiel , nous cherchâmes à connaître la différence qui existait entre ces masses muqueuses et celles qui formaient la plus grande partie du contenu du premier tiers, et qui d’ailleurs se trouvaient mêlées aussi avec quelques masses brunes. En conséquence , après avoir bien lavé le mucus du dernier tiers de l’intestin grêle , nous le traitâmes par les mêmes réactifs que celui du premier tiers. — Ammoniaque ; le mucus ne se gonflait pas , cependant redevenait d’un jaune plus pâle ; le liquide était de la même teinte et clair ; il ne se troublait que faiblement par l’acide liydro-chlorique. — Carbonate de potasse ; une grande quantité de matière terreuse d’un blanc sale et un peu d’une substance floconneuse restèrent sans se dissoudre ; le liquide était vert d’olive ; l’acide hydro-cblorique le troublait en vert , et le nitrique lui donnait un aspect laiteux ; ce dernier, versé en plus grande quantité , le rendait un peu plus clair et rougeâtre. — Acide hydro-chlorique ; le mucus se prenait en une masse plus ferme , et se colorait en vert vif ; l’acide était clair , et se troublait considérablement par la teinture de noix de galle. — Acide nitrique faible ; le mucus se réunissait en une masse cohérente , d’un brun grisâtre ; la liqueur , d’un jaune pâle , était précipitée par la teinture de noix de galle , mais ne l’était pas pair le cyanure de fer et de potassium. — Vinaigre distillé; il se colorait en jaune pâle, avec le mucus ; ensuite il se troublait légèrement par la teinture de noix de galle , et non par le cyanure de fer et de potassium. — Alcool bouillant ; il se colorait en jaune brunâtre , ne se troublait ni par le refroidissement , ni par l’addition de

l’eau , et prenait , quand on y versait de l’acide nitrique , une teinte d’abord verdâtre , puis bleuâtre.

Soumis à la combustion , ce mucus laissait encore plus de cendre que celui du premier tiers de l’intestin grêle. Cette cendre était d’un blanc-brunâtre. Elle contenait des traces de carbonate et de sulfate alcalins, surtout beaucoup de phosphate et de carbonate calcaires, et un peu d’oxide de fer. . </, -, -, -, ,

Par conséquent le mucus du dernier tiers de l’intestin grêle diffère de celui du premier tiers, tant parce qu’il se dissout un peu plus facilement dans les acides, qu’à raison du principe colorant de la bile, qui l’accompagne.

Exp. xxvi‘. — Sur la digestion du pain d’épeautre et du blanc dœuf liquide. — Un morceau de pain d’épeautre fut donné à un chien basset de moyenne taille , le matin , à six heures. Vers neuf heures on présenta à cet animal le blanc liquide de quatre œufs de poule , avec un peu de lard grillé , afin de l’exciter à manger, parce qu’il refusait de prendre l’albumine pure. Lorsqu’il eut tout avalé, on le tua, vers onze heures et demie. V -,

L’estomac ne contenait que quelques petits morceaux de pain presque entièrement ramollis et dissous. L’albumine avait disparu , à l’exception de quelques flocons légèrement coagulés, qu’on apercevait çà et là. On trouva aussi, dans le viscère , un morceau de vessie de cochon , que l’animal avait probablement avalé , à l’état sec , quelques jours avant l’expérience. Ce morceau était peu ramolli. Une masse liquide , et d’un blanc grisâtre , occupait principalement la région du pylore ; elle avait une odeur aigre , et rougissait avec beaucoup de force la teinture de tournesol.

Il y avait dans le duodénum une masse pultacée , d’un blanc grisâtre, qui rougissait le tournesol. C’était du mucus, mêlé avec de la bile.

On trouva dans l'intestin grêle des flocons muqueux blanchâtres , nageant dans une matière demi-fluide et d’un brun jaunâtre qui rougissait faiblement le tournesol. Le contenu était devenu plus brunâtre et plus consistant dans la dernière moitié de l’intestin.

OE LA DIGESTION

Le cæcum était rempli d’une bouillie excrémentitielle brune et fétide, qui rougissait très-faiblement le tournesol.

Le gros intestin contenait des excrémens d’un brun foncé et assez fluides.

Le canal thoracique était rempli d’un chyle blanchâtre.

Exp. xxvi t*. — — Sur la digestion du riz et des pommes de terre. — ün matin, à sept heures, on donna du riz cuit dans du lait et des pommes de terre bouillies dans de l’eau à un chien lévrier, qui fut mis à mort cinq heures après.

11 y avait dans l’estomac une quantité considérable de riz , qui était ramolli et converti en une bouillie liquide , au milieu dè laquelle on distinguait encore quelques grains. Les fragmens de pommes de terre , également en grand nombre , n’étaient ramollis qu’à la surface, et n'avaient éprouvé aucun changement dans leur intérieur. On aperçut , dans la portion pylorique de l’estomac , une bouillie d’un blanc grisâtre, un peu jaunâtre, qui répandait une odeur aigre et rougissait le tournesol.

La première moitié de l’intestin grêle contenait une masse muqueuse blanchâtre , mêlée de bile , dans laquelle on n'apercevait aucune trace de grains de riz , quoiqu’on y distinguât encore de petits morceaux de pommes de terre ramollies. La masse rougissait faiblement le tournesol.

On trouva dans la seconde moitié de l’intestin grêle une masse plus consistante et plus jaune , qui ne rougissait pas le tournesol, et dans laquelle on distinguait encore quelques petits fragmens de pommes de terre.

Le cæcum contenait des excrémens d’un jaune brunâtre , qui n’étaient pas très-consistans, et qui ne répandaient point d’odeur fétide. A peine y existait-il encore des traces de fragmens de pommes de terre, qui étaient tout ^ à -fait ramollies. La masse rougissait très-légèrement le tournesol.

La masse devenait peu-à-peu plus consistante et moulée dans le gros intestin.

B . Expériences sur des chats. — Nous fîmes aussi quelques expériences sur la digestion des chats, afin d’avoir des points de comparaison.

DUS MAMMIFERES.

Exp. xxvin'. — Sur la digestion du pain de seigle et du lait. — Un cliat, qui n’avait rien pris depuis quinze heures; mangea en abondance du pain de seigle avec du lait, et fut tué quatre heures après. ’ ' " . •

A l’ouverture de la cavité abdominale , nous vîmes l’estomac se contracter et se dilater partiellement. Cès mon* vemens avaient lieu d’une manière lente et onduleuse. Us se dirigeaient du cardia au pylore , où ils étaient le plus vifs. Le mouvement péristaltique du canal intestinal était également fort sensible. Les vaisseaux absorbans de l’intestin grêle contenaient beaucoup de chyle blanc.

L’estomac était encore plèin , et Ses parois contractées sur la masse qu’il contenait. Le pain , qui s’y trouvait en quantité considérable, était très-raniolli à l’extérieur, mais n’avait presque pas éprouvé de changement à l’intérieur , là où le suc gastrique n’avait point agi sur lùi. OH nfe voyait que ’çà et là des flocons coagulés et blanchâtres du lait maiigé par l’animal. Les alimens contenus dans le grtfnd cul-dè-Sac de l’estoinac et aux environs du cardia , ' étaient beaucoup moins ramollis et altérés que ceux qui âvhisinâient ■ lè pylore. Ici on découvrait une bouillie- fluide ; d’un blànc ‘grisâtre. Le contenu du viscère avait ùtte 1 odè ùr aigre ; 1 et rougissait très - fortement le tournesol.- Cétte teinture , Versée goutte à goutte sur la membrane muqueuse de l’estomac , se colorait également en rouge.

Le duodénum contenait une gràndê quantité de chyme fluide , mêlé de bile , qui rougissait le tournesol , moins ré-' pendant que ne faisait le contenu de l’estomac.

On trouva dans la portion suivante de l’intestin grêlé uhchyme, mêlé de bile; avec uA grand nombre de petits flocons très-cohérens. Ici encore la teinture de tournesol' Put un peu colorée en rbltgèp 1 ' ^

Le contenu de la dèrhière moitié de l’intestin grêle 1 était plus consistant et plus jaune. On n’y apercevait plus de flocons blanchâtres. Au- voisinage de l’union dè l’intestin grêle aVec le cæcum, il y avàit de petites niasses molles et jaunes , commencement d’excrémenS. La téirttute de tournesol né fut plus rougie.

DE LA DIGESTION

Le cæcum et la première moitié du gros intestin contenaient une bouillie d'un brun jaunâtre , excrément liquide , qui répandait une odeur rebutante et légèrement aigre , et rougissait la teinture de tournesol avec force.

Il y avait, dans la dernière moitié du gros intestin, des excrémens assez consistans et d’une mauvaise odeur.

La vésicule biliaire renfermait peu de bile. Celle-ci filait entre les doigts.

Exp. xxix*. — Sur la digestion du bœuf bouilli. — Un chat fut nourri pendant deux jours de suite avec du bœuf bouilli, entre-mêlé de graisse, de tendons et de quelques cartilages. Quatre heures avant de le tuer, on lui donna encore , le matin , une quantité considérable de cette nourriture.

Les parois de l’estomac, encore très- rempli, étaient resserrées sur les alimens. Les mouvemens péristaltiques du viscère étaient vifs, principalement à son extrémité pylorique. Çà et là ses contractions se fesaient dans le sens transversal et dans le sens longitudinal. Après l’avoir ouvert, on y trouva un grand nombre de petits morceaux de viande , de graisse et de cartilage. Toutes ces parties étaient ramollies à la surface, sur laquelle le suc gastrique avait pu agir, tandis qu’elles n’avaient subi presque aucun changement dans leur intérieur. Le contenu était moins ramolli dans le grand culde-sac qu’à la partie moyenne. Il y avait du chyme pultacé et d’un blanc grisâtre à l’extrémité pylorique. Le contenu de l’estomac colorait très - fortement la teinture de tournesol en rouge. »

Le duodénum offrait, dans son intérieur, un liquide d’un gris blanchâtre, mêlé de bile, qui contenait de petits flocons blanchâtres. Le tournesol fut rougi, moins cependant que dans l’estomac.

Le contenu de la première moitié du reste de l’intestin grêle présentait la même apparence , et en descendant il rougissait le tournesol d’une manière peu sensible. Mêlé avec de l’eau, il formait une émulsion blanchâtre.

Les flocons blanchâtres disparaissaient dans la dernière moitié de l’intestin grêle , où l’on voyait paraître une masse muqueuse jaune, qui renfermait de petites masses d’excré-

DES MAMMIFERES.

mens bruns-verdâtres , composés de mucus intestinal condensé , avec de la bile , des fibres tendineuses et de petites parcelles de cartilages. Cette substance ne rougissait plus le tournesol , et , mêlée avec de l’eau , elle ne formait pas d’émulsion blanchâtre.

Le cæcum et le haut du gros intestin étaient remplis d’une bouillie excrémentitielle peu épaisse , fétide et d’un brun grisâtre, qui rougissait à peine le tournesol.

Les excrémens étaient secs et moulés dans le rectum. Us y répandaient une odeur très-désagréable , et ne rougissaient pas du tout le tournesol. <•

On ne trouva qu’une petite quantité de bile dans le Vésicule. Les lymphatiques dé l’intestin grêle étaient remplis )de chyle blanc , tandis que ceux du cœcuin et du gros intestin ne contenaient qu'une sérosité jaune , claire et transparente: Le canal thoracique contenait du chyle blanc. ■ : V •

On aperçut des stries de chyle dans le ‘sang dé la veiné sousclavière gauche et dans celui de la veiné cave 'supérieure. i t C . Expériences.sur l’action dissolvante qüe le soc gastrique EXERCE SUR LES ALIMENS HORS DE 'l’esTOMAC. — ‘ Afin 'dC'COm^naitre l’influence que le suc gastrique exerce sur les alimens hors de l’estomac , on tua des chiens quelque temps après qu’ils eurent mangé, et on recueillit les liquides contenus dans le viscère. Ces liquides furent ensuit# versés sué diverses substances alimentaires , et l’on échauffade mélange. > L J Exp. xxx'. — Avec le suc gasl'rùjued’ ùnckicrt qmhvait mangé du blanc d’œuf durci . — Un chien fat tué deux ligures après qu’il eut mangé du blanc d’œuf durci . L'albuminé ,• ■grossièrement réduite en morceaux, était ramollie à l’extérieuiq ét rougissait le tournesol, comme dans .tes . expérience» anténcédentes. Le contenu de l’estomac fut mis dans un linge et exprimé. Le suc gastrique qui s’en écoula , et qui s’élevait à vingt grammes environ , était un liquide trouble et d’un blanc rougeâtre. On le partagea en deux portions. Alors s 1 °\ une des portions fut placée dans un verre étee à peu prèstrois grammes de bœuf bouilli ; a®, l’autre fut mêlée avec un cube de pain bis , sans croûte ; 5®.; on mit dans un troisième, vase une égale quantité de viande , tellement enveloppée» dan»

DE I.A DIGESTION

l’estomac , qu’elle élait en contact avec sa face interne ; 4 °* on agit de même avec du pain et une pièce de l’estomac ; 5°. un troisième morceau d’estomac fut plongé dans du lait ; 6 ". on mit un morceau de viande pareil au précédent dans de l’eau ; 7 °. enfin , on plongea un morceau de pain semblable au premier dans de l’eau. Les sept vases furent placés dan» une tasse pleine d’eau , dont on fit en sorte de tenir la température entre 3oet 4<> degrés C., pendant huit heures. Ce laps de temps écoulé , on trouva ce qui suit :

La viande du premier vase était convertie , à la surface , en une bouillie d’un blanc rougeâtre , très-molle , et facile à racler. Celle du troisième n’offrait pas d'enduit semblable; tout au plus était-elle un peu plus molle que celle du sixième , qui se trouvait dans de l’eau pure. Cette dernière était dure , tenace , et l’on n’en pouvait rien détacher en la raclant. Le pain du second vase était converti en une masse blanchâtre et molle , facile à racler. Celui du quatrième était presqu’autant ramolli. Celui du septième était bien devenu également plus blanc et plus mou , mais il ne paraissait pas l’être autant que celui dn second vase. Le lait du cinquième était resté parfaitement liquide , et avait seulement produit quelques pellicules.

Exp. XXXI e . — Avec le suc gastrique d'un chien qui avait mangé des os. — On donna en abondance des os et des cartilages à un chien qui avait jeûné pendant une journée , et que l’on tua une heure etdemie après. L’estomac était encore rempli d’os, et il contenait une grande quantité d’un liquide blanchâtre et trouble. On mit le contenu de ce viscère sur un morceau de toile , pour en exprimer le fluide , dont on obtint de cette manière près de soixante - deux grammes. ;

Alors on mit dans de petits verres couverts d’une plaque

de verres. i°. du suc gastrique et du bœuf cru ; a*, du suc gastrique et du blute d’œuf durci ; 3*. de l’eau et du bœuf ; 4 *. de l’eau et du blanc d’œuf; 5*. de l’eau, dix goutte» de vinaigre distillé et du bœuf ; 6 °. de l'eau , dix gouttes de vinaigre distillé et du blanc d’œuf. On observa partout les mêmes proportions à-peu-près , et l’on plaça les verres dans un

vase rempli d’eau, qui fut maintenu à la température de 3o à 4o degrés C. Comme l’action n’était pas encore bien sensible au bout de quatre heures, nous prolongeâmes l’expérience pendant six autres heures , au bout desquelles nous trouvâmes le résultat suivant.

La viande du premier vase était très-ramollie à la surface , de manière qu’en la raclant on pouvait en détacher une matière semblable à de la bouillie ; en même temps elle avait pris une teinte d’un rouge pâle. Le blanc d’œuf était également ramolli à la surface , de sorte qu’on pouvait facilement en détacher quelque chose en le raclant , et il ressemblait àpeu-près à celui qu’on avait trouvé dans l’estomac du chien nourri avec du blanc d’œuf cuit. La viande du troisième vase était blanchâtre et ferme. Le blanc d’œuf du quatrième était également dur. Les substances contenues dans les deux autres vases n’ offraient non plus aucune trace dè ramollissement.

Il est évident que l’action de ce fluide gastrique sur les alimens ne pouvait être aussi marquée qu'elle l’est dans l’estomac lui-même , et cela par les motifs suivans.

t°. Parce que le suc gastrique dont on s’était servi contenait déjà des alimens qu’il avait dissous, de sorte que sa propriété dissolvante était d^jà en partie saturée ou neutralisée;

a”. Parce qu’on ne pouvait pas ajouter continuellement, du suc gastrique nouveau aux alimens; comme il arrive pendant la digestion , durant laquelle les portions de substance alimentaire dissoutes par le suc gastrique passent avec lui dans te duodénum, sous la forme -de chyme, tandisque les vaisseaux de la membrane muqueuse de l’estomac, qui est stimulée, sécrètent sans cesse de nouveau suc.

D. Expériences sur des chevaux. — - Exp. xxxn". — Sur la digestion de l’amidon bouilli. • — On donna pendant trois jours de l’amidon bouilli à un cheval , qui en mangea deux livres chaque jour. Comme l’animal ne témoignait d’abord aucune envie de manger cette nourriture inaccoutumée , nous ajoutâmes du chlorure de sodium à l’amidon, et nous délayâmes le tout dans de l’eau , ce qui détermina le cheval à consommer la quantité qu'on lui présentait. Le quatrième jour, à sept heures et demie du matin , on lui donna encore

a3o DE LA DIGESTION

une livre d’amidon bouilli dans de l’eau et assaisonne avec du sel. A midi il fut assommé.

Après l’ouverture de la cavité abdominale , on remarqua que les vaisseaux lymphatiques de l’intestin grêle étaient remplis d’un liquide presque aussi clair que de l’eau. Ceux de la rate en contenaient un rougeâtre. Après avoir lié et piqué le canal thoracique , on recueillit un chyle presque entièrement rouge de sang , qui se coagula promptement.

A. L’estomac contenait un liquide jaune , assez clair et un peu muqueux , que surnageait une écume muqueuse , et dans lequel se trouvaient quelques morceaux d’amidon non encore dissous. Ces morceaux se teignirent en bleu par l’iode.

La liqueur filtrée était d’un jaune pâle, presque parfaitement claire.

On évapora une partie de ce liquide filtré. Il resta un résidu jaune-brunâtre, transparent, mou et semblable à delà gomme , qu’on traita par l’alcool. La portion insoluble dans ce réactif ne se colorait point en bleu par l’iode, non plus que par l’addition de l’acide nitrique. La dissolution alcoolique laissa précipiter, par le refroidissement, quelque chose de blanc, qui était soluble dans l’eau, et qui répandait une odeur de caramel pendant l’ébullition , mais ne développait pas d’acide carbonique avec la levure, et se composait en grande partie de chlorure de sodium. Le reste du liquide alcoolique ayant été évaporé , laissa un fésidu brun , qui avait une saveur , non pas douce , mais amère et salée , contenait beaucoup de cristaux de chlorure de sodium, et se , réduisait à l’air en un sirop brun. Ce résidu fut traité par là levure , pour reconnaître s’il contenait du sucre ( V. plus bai).

B. Il y avait dans le duodénum un mélange d’une petite ' quantité de liquide avec beaucoup de grumeaux muqueux épais, mous, jaunes, et quelques morceaux d’empois. Le fluide obtenu par la filtration était d’un jaune pâle et légèrement trouble.

Une partie de cette liqueur ayant été évaporée , elle laissa un extrait brun , avec des grains cristallins ( de chlorure de sodium). Cet extrait se dissolvait presque en totalité dans l'alcool chaud. Le liquide alcoolique filtré, qui avait une cou-

DES MAMMIVÈRES. a3l

leur brune rougeâtre foncée, laissa déposer, en se refroidissant, une matière brune qui , en brûlant, ne répandait pas tant l’odeur du caramel que celle de la corne brûlée, se dissolvait facilement dans l’eau , et ne subissait pas la fermentation quand on la mêlait avec de la levure. Le reste du liquide alcoolique fut évaporé à siccité , et le résidu traité par la levure ( Voj „ plus bas).

C. Nous trouvâmes dans la première moitié' du reste de l’intestin grêle , un liquide jaune , avec beaucoup de gros flocons muqueux d’un blanc jaunâtre. La liqueur filtrée était d’un jaune plus foncé que celle provenant du duodénum , et d’une consistance visqueuse.

Une partie de cette liqueur fut évaporée , opération durant laquelle elle se colora en vert. Il resta une masse extractive, d’un brun jaunâtre et grenue. L’alcool qu’on fit bouillir sur cette masse , et qu’on filtra ensuite , était brun ; il laissa précipiter des cristaux incolores par le refroidissement.

Ces cristaux fürent dissous dans l’eau, afin de les obtenir mieux formés par l’évaporation. Mais il ne s’en forma que d’autres grumeleux, blancs et opaques, semblables à du sucra mou. Une partie, chauffée dans un tube de verre, entra en fusion, et répandit un nuage de vapeurs qui exhalaient l’odeur de la corne brûlée et du cacao grillé. Ces vapeurs se condensèrent, pour la plus grande partie, en un sublimé cristallin blanc jaunâtre , mais donnèrent aussi un peu d’un liquide aqueux, qui sentait fortement l’ammoniaque. Il resta dans le tube un peu de charbon. La saveur des cristaux était piquante , un peu amère et légèrement excrémentitielle. Ils ne rougissaient pas le tournesol'. Us ne se dissolvaient point dans l’alcool - absolu , mais se dissolvaient facilement dans l’alcool de 36 degrés B. à chaud , et peu dans le même véhicule à froid. La solution alcoolique chaude laissait précipiter par le refroidissement une sorte de pellicule cristalline , tandis que l'alcool conservait en dissolution une matière brune , qui , par le chlore , prenait une teinte vive de fleur de pêcher. Les cristaux ainsi purifiés se dissolvaient aisément dans l’eau. La dissolution était incolore. Elle sc

troublait faiblement ( sans doute à cause d’une petite quantité de chlorure de sodium qu’elle contenait) par le protonitrate de mercure et le nitrate d’argent, mais n’exerçait aucune action sur l’iode , le chlore, le nitrate de plomb, le perchlorure de mercure , celui de fer et la teinture de noix de galle. La levure ne la déterminait pas non plus à entrer en fermentation.

Nous avions une trop petite quantité de cette matière particulière pour pouvoir la soumettre à un examen ultérieur. Comme elle est très-azotée , elle ne provient pas de l’amidon , mais doit appartenir à quelque liquide secrété , probablement à la bile.

Le reste de la liqueur alcoolique , de laquelle cette matière cristalline s’était précipitée , fut évaporé à siccité , puis traité par la levure , afin de reconnaître s’il contenait du sucre.

D. La seconde moitié du reste de l’intestin grêle fournit un liquide d’un jaune brunâtre , avec une petite quantité de flocons d’un blanc jaunâtre. La liqueur filtrée était claire et d’un jaune plus pâle que celle qu’on obtint de la portion précédente du même intestin.

Cette liqueur se colora en vert pendant l’évaporation. Le résidu fut un extrait assez ferme, translucide, verdâtre à l’extérieur et brun â l’intérieur. Cet extrait , traité par l’alcool bouillant , donna une liqueur d’un vert d’olive pâle, après la filtration, qui précipita, en se refroidissant, un grand nombre de flocons d’un vert jaunâtre. Ces flocons étaient assez solubles dans l’eau. Le reste de la liqueur alcoolique fut évaporé > pour être ensuite mêlé avec de la levure .

E. Le cæcum contenait un liquide trouble , d’un jaune brunâtre pâle , mêlé de mucus et de balles d’avoine , qui devaient se trouver déjà depuis plusieurs jours dans lq viscère, puisque l’animal n’avait pas mangé un seul grain d’avoine pendant les quatre derniers jours. La liqueur qu’on obtint par la filtration était d’un jaune brunâtre et claire. On se contenta de l’essayer par les réactifs.

F. Le chyle du canal thoracique était très-rouge , comme du sang pâle, Il se partagea, par la coagulation, i°, en un

caillot très-considérable et ferme , qui était écarlate du côté exposé à l’air , et d’un rouge foncé dans le reste de son étendue ; 2 °. en un sérum d’un jaune brunâtre , parfaitement clair , que l’on évapora et qu’on traita ensuite par l’alcool , afin d’aller à la recherche du sucre qu’il pouvait contenir.

G. Le sang de l’artère épigastrique donna un coagulum recouvert d’une croûte inflammatoire épaisse ; le sérum était jaune, sans être trouble.

H. Le sang des vaisseaux de la cavité thoracique avait le sérum d’un jaune rougeâtre.

Les sérosités de ces deux sangs furent évaporées ensemble , et le résidu traité par l’alcool , afin de découvrir le sucre qui pouvait s’y trouver contenu.

Recherche du sucre. Les liqueurs filtrées de l’estomac , du duodénum , de la première et de la seconde moitiés de 1 intestin grêle , et le sérum du sang de l’artère épigastrique et des vaisseaux thoraciques furent, comme nous l’avons déjà dit, évaporés à siccité, après quoi l’on fit bouillir le résidu avec de l’alcool. La liqueur alcoolique filtrée laissa déposer une matière en se refroidissant , surtout dans les portions provenant des liquides de l’estomac , du duodénum et de$ deux moitiés- de l’intestin grêle. Le reste de cette liqueur alcoolique fut évaporé à siccité. Les résidus que l'on obtint , et les I matières qui s’éiaient précipitées pendant le refroidissement de l’alcool furent mis, chacun à part,- dans un verre rempli de mercure et renversé , et à chacun l’oh ajouta une petite quantité de levure de bière bien lavée , avec une quantité double d’eau. De plus on introduisit dans un autre verre de la levure efcde l’eau seules, et dans un dernier de la levure, de l’eau et du sucre.

Au bout de vingt- quatre heures on n’apercevait pas la moindre trace de développement de gaz dans ces verres , le dernier excepté, qui ne tarda pas à s’en remplir. Patconséquent l’amidon mangé par le cheval paraît ne pas être converti en sucre fermentescible , observation qui ne s’accorde pas avec celle qui a été faite sur le chien , à moins que la différence ne provienne de ce que le cheval fut tué seulement quatre heures et demie après son dernier repas.

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