II. La matière cristalline , d’un brun pâle , que l’alcool
(1) Un fait ainsi surprenant, d’où il résulte qu’une substance trèsvénéneuse à une certaine dose existe en petite quantité dans le corps de l'homme bien portant, soulève plusieurs problèmes à résoudre. D’où vient cet acide sulfo-cyanique , et comment est-il évacué? etc. Jusqu’à présent nous n’avons examiné, sous ce dernier rapport, que l’itfne, quoique toutes les autres parties du corps humain, ét principalement la sueur, méritent également de l’étre. A la vérité , nous avons obtenu, en distillant avec l’acide phosphorique ou avec l’acide sulfurique, soit l’urine cllemême , soit seulement son extrait alcoolique, dépouillé en grande partie de l’urée par la cristallisation, des liqueurs qui, mêlées avec le perchlorure de fer , faisaient naître une couleur rouge très - faible. Mais comme, en distillant certains fluides animaux, entre autres les matières contenues dans l’estomac des boeufs, on obtient une liqueur qui rougit par le seul acide hydro-chlorique , nous n’osons pas décider si la coloration en rouge du per-clilorure de fer dépend de cette matière , ou de l’acide sulfo-cyanique, ou peut-être même de l’acide acétique, qui, suivant les expériences de Proust et de Thénard , se trouve contenu dans l’urine.
(2) Nous avons encore trouvé cette graisse contenant du phosphore dans la salive d’un autre homme qui n’avait pas fumé. Existe-t-elle constamment dans la salive , et est-ce à elle qu’on doit attribuer l’odeur de phosphore qu’exhale l’haleioe de certaines personnes? On reconnaît facilement la présence du phosphore dans une graisse, à ce que cette defnièrq laisse , quand on la brûle , un charbon difficile à incinérer.
DE LA DIGESTIOIt
ta
avait laissé déposer eu se refroidissant, pesait o,oi gr. Elle $e dissolvait complètement dans l’eau. La dissolution précipitait faiblement le nitrate d’argent ; elle donnait un précipité plus abondant par la teinturë de noix de galle , et n’agissait pas sur le per-chlorure de fer. Une partie de cette matière fut brûlée, opération durant laquelle il se développa une forte odeur d’empyrcume. Il resta beaucoup de cendre blanche et fondue , qui contenait une grande quantité de sulfate de potasse , peu de carbonate et de chlorure , et point de phosphate.
On fit bouillir avec de l’eau la salive épuisée par l’alcool.
t. La décoction aqueuse laissa 0,16 gr. d’un extrait jaunebrunâtre pâle, qui, exposé à l’air, demeura sec. Lorsqu’on le fit dissoudre dans l’eau , il resta beaucoup de pellicules insolubles (i). Gomme il se trouva que cette dissolution était fortement troublée par la teinture de la noix de galle , tan-* dis que , suivant Berzelius , le contraire arrive pour la matière salivaire , nous conjecturâmes qu’il s’y trouvait de l’osmazôme ; c’est pourquoi nous versâmes , dans la dissolution aqueuse concentrée , un gr and excès d’alcool , qui occasiona un trouble laiteux très -marqué, et la matière salivaire s’attacha aux parois du vase , en grands flocons d’un blanc brunâtre. On décanta l’alcool encore un peu trouble , dont le trouble n’augmentait que peu par la teinture de noix de galle ; on lava encore, à plusieurs reprises, le précipité avec de nouvel alcool , puis on le fit dissoudre dans l’eau : la dissolution fut soumise en partie à l’action des réactifs , en partie à l’évaporation.
Les réactions furent les suivantes :
Chlore , acide hydro-chlorique et acide nitrique : rien. — Eau de chaux : une très - grande quantité de grands flocons
(i ) Bostock. avait déjà remarqué que la matière salivaire , lorsqu’on la chauffe trop dans l’état sec , devient insoluble dans l’eau. L’expérience qu’on vient de lire, et beaucoup d’autres qui serout relatée dans le cours de ce Mémoire . démontrent qu’il suffit pour cela de la chaleur du baiuxnarie. Il est invraisemblable que de la matière caséeuse soit entrée en jeu dans ce cas , puisque la matière de la salive n’est point précipitée par les acides.
DES MAMMIFÈRES. l3
peu cohérens et blancs (de phosphate de chaux). — Alun: trouble léger, blanc. — Chlorure d’étain, nitrate de plomb, acétate de plomb neutre : une très-grande quantité de trèsgrands flocons blancs. — Sous-acétate de plomb : magma considérable , ayant la consistance d’une bouillie et blanc. — Sulfate de fer et per-chlorure de fer : une très-petite quantité de très-petits flocons. — Sulfate de cuivre : une médiocre quantité de petits flocons blancs. — Proto-nitrate de mercure : une trèsgrande quantité de très-grands flocons blancs , qui , au bout de cinq jours, étaient devenus jaunes et grenus. — Per-chlorure de mercure : léger trouble blanc. — Nitrate d’argent t une quantité médiocre de très-petits flocons jaunes , devenant d’un brun grisâtre à la lumière. — Teinture de noix de galle : trouble considérable , laiteux , d’un blanc brunâtre , sans précipité proprement dit. — Teinture de tournesol : rien.
On fit évaporer jusqu’à siccité une partie de la solution aqueuse de la matière salivaire , et on obtint un résidu' opaque , d’un blanc brunâtre. En dissolvant ce résidu dans l’eau , il se sépara de nouveau un grand nombre de flocons : c’est pourquoi on filtra la liqueur. L’évaporation, la dissolution et la filtration furent encore répétées deux fois; chaque fois il resta des flocons insolubles, mais toujours de moins en moins. La dissolution obtenue en dernier lieu produisit les mêmes réactions que la précédente , à cette seule différence près qu’elle agit plus faiblement sur le sulfate de cuivre , et qu’elle n’exerça plus aucune action sur le per-chlorure de mercure.
Le reste de cette matière fut évaporé de nouveau et incinéré : il se boursouffla un peu , s’enflamma faiblement , exhala l’odeur du pain grillé , et laissa une cendre fondue , qui contenait beaucoup de phosphate , peu de carbonate et de chlorure, et très-peu de sulfate de potasse.
2 . Le résidu épuisé par l’eau et l’alcool s’élevait à 0,52 gr., après avoir été desséché; il avait l’aspect d’une masse grise et cassante. On fit digérer ce mucus dans (du vinaigre distillé. Le liquide obtenu ainsi fut troublé fortement par la teinture de noix de galle , et faiblement par l’ammoniaque et l’oxalatc de potasse.
DE là d:cestiox
Incinération de la salive. — 81,68 grammes de salive, fournie par un jeune homme qui fumait du tabac , laissèrent , au bain-marie , 0,^3 gr. (= 0,9 pour cent) de résidu sec. Ce résidu produisit 0,16 gr. de cendre ( =0,2 pour cent de la salive fraîche, ou 21,9 de la salive sèche).
La partie de la cendre soluble dans l’eau s’élevait à o, 1 3 gr. , et la portion insoluble à o,o 3 gr.
La première consistait en une grande quantité de carbonate , de phosphate et de chlorure , avec une faible proportion de sulfate. L’alcali était presque uniquement de la potasse , car la masse saline , calcinée avec de l’acide sulfurique , ne donna presque que des cristaux de sulfate de potasse, et elle précipitait très- abondamment la solution de platine.
La portion de la cendre non soluble dans l’eau produisit , avec l’acide hydro-chlorique , une dissolution incolore , qui fut précipitée médiocrement par l’ammoniaque, puis faiblement par l’oxalate de potasse , et qui donna encore ensuite quelques grands flocons par la potasse. On ne put pas découvrir de fer. C’était par conséquent du phosphate de chaux , avec une petite quantité de carbonate calcaire et de magnésie.
De ces expériences résultent les conclusions suivantes :
i°. ioo parties de salive humaine fraîche donnent, par l’évaporation, depuis o, g jusqu’à i,i4 et 1,19 parties de résidu sec.
2 0 . 100 parties de salive évaporée à siccité donnent 21,9 parties de cendres; de ces dernières 17,8 parties sont solubles dans l’eau , et composées d’une grande quantité de Carbonate, de phosphate et de chlorure, et d’une petite quantité de sulfate alcalin ; l’alcali est de la potasse , avec très -peu de souçle. Les 4 ,i parties de cendres non solubles dans l’eau sont du phosphate de chaux, avec un peu de carbonate calcaire et de magnésie.
3 °. 100 parties de'salive évaporée à siccité donnent, quand on les analyse par la voie humide :
Matière soluble dans l’alcool et non soluble dans l’eau ( graisse contenant du phosphore) ; matière soluble dans l’al-
DES MAMMIFÈRES. * l5
cool froid et dans l’eau (osmazôme, sulfo - cyanure , chlorure, et peut-être quelque peu d’acétate de potasse). 3i,a5 Matière qui se précipite par le refroidissement de la dissolution alcoolique faite à chaud (matière animale , avec du sulfate et très-peu de chlorure alcalin.) i ,a5 Matière soluble seulement dans l’eau (matière salivaire , avec beaucoup de phosphate et très -peu de
sulfate et de chlorure alcalin) 20,00
Matière insoluble dans l’eau et l'alcool (mucus, peut-être aussi de l’albumine (1), avec du carbonate et du phosphate de chaux). ..................... 4°>°°
§ II. Sai,ive du chien. — Ayant mis le canal de Stenon à découvert sur un gros chien , gras et bien portant , nous le coupâmes immédiatement avant son entrée dans la cavité buccale , et l’extrémité en fut introduite dans une petite bouteille. Nous obtînmes de cette manière environ 10 grammes de salive.
Cette humeur était un peu trouble , d’un blanc jaunâtre pâle , très-épaisse et filante, à-peu-près comme du blanc d’œuf; elle renfermait quelques flocons blancs.
i°. Une partie fut employée aux réactions suivantes : Ebullition : rien. — Chlore : un très-grand nombre de petits flocons blancs et dé fdamens qui ne disparurent pas par l’addition d’une plus grande quantité de chlore. — Acide liydro-chlorique : trouble très-considérable , blanc , diminuant
(1) Bostock admet , dans la salive , de l'albumine coagulée , qu’il serait cependant très - difficile de distinguer du macus, car la réaction sur le per-chlorure de mercure , qu’il indique pour cela, n’est pas suffisante. Brande (Philos. Trans,, 1809, p n , p. 38 o) admet aussi, dans la salive, de l’albumine liquide qui , suivant lui , ue peut pas être reconnue , il est vrai, par les acides , mais dont on constate lu présence par s| coagulation au pâle négatif d’une forte pile de Volta. Cependant, comme nous ignorons si l’action de l’électricité et de la chaleur qui l’accompagne ne fait point passer aussi l’osmazôme et la matière salivaire à l’état de coagulation , puisqu’il suffit d’évaporer la dissolution aqneuse de cette dernière pour la rendre en partie insoluble , la présence de l’albumine dans la salive de l’homme est encore douteuse.
DE LA DIGESTION
par l’addition d’une plus grande quantité d’acide. — Acide nitrique : trouble très - considérable , et une quantité médiocre de petits flocons d’un blanc jaunâtre , diminuant seulement un peu par un grand excès d’acide. — Chlorure d’étain, acétate de plomb neutre et proto-nitrate de mercure : une très- grande quantité de très -grands flocons épais et blancs. — Per-chlorure de fer : ni trouble ni coloration en rouge. — Sulfate de cuivre : magma considérable, ayant la consistance d’une bouillie , gélatineux et d’un blanc verdâtre. — Per-chlorure de mercure : magma moins considérable , n’épaississant pas tout-à-fait la liqueur, gélatineux et opaque. Il se forma une grande quantité de gros flocons muqueux , cohérens, pellucides et susceptibles d’être tirés en longs filamens , tandis que le reste de la liqueur devint plus fluide . On peut conclure de là que le mucus de la salive est précipité aussi dans l’estomac par l’acide du suc gastrique. — Alcool en petite quantité : rien — Quatre parties d’alcool et une de salive : un trouble considérable , blanc , et une modique quantité de flocons blancs , médiocrement grands. — Ether dégagé d’alcool : rien. — Teinture de noix de galle : magma grumelé, d’un blanc brunâtre. — Teinture de tournesol rouge : coloration légère en bleu.
2°. Une autre portion de cette salive fut évaporée à siccité. 7,170 grammes laissèrent 0,1 85 gr. de résidu sec (=2,58 pour cent). Celui-ci avait la forme d’une pellicule transparente, en partie d’un jaune pâle, et en partie d’un jaune brunâtre tirant sur le rouge , qui devint humide à l’air.
Une partie de ce résidu sec fut analysée par la voie humide , et l’autre incinérée.
Analyse par la voie humide. — On fit digérer une partie . du résidu sec avec de l’alcool. I.a substance, qui, auparavant , était devenue humide à l’air, s’aggloméra en une masse visqueuse , d’un gris jaunâtre , qui ressemblait à du gluten frais , sous le rapport de la couleur et de la consistance , et qui en différait seulement en ce qu’elle devint un peu plus solide au froid, * 1
I. La liqueur alcoolique filtrée était sans couleur. Elle laissa un résidu qui 11e consistait presque uniquement qu’eu
DES MAMMIFÈRES.- \j
de petits cubes incolores de chlorure de sodium , et sur les bords seulement duquel on apercevait un peu de ma-' tière extractive jaune. Le tout devint très-peu humide à l’air.
Une portion de l’extrait alcoolique , dissoute dans l’eau , donna les réactions suivantes :
Acide hydro-chlorique et per-chlorure de mercure r rien. —Chlorure d’étain et teinture de noix de galle : trouble trèsléger. — Per-chlorure de fer : coloration manifeste, mais faible, en jaune-rougeâtre , qui disparut par l’addition d’une trèspetite quantité d’acide hydro-chlorique.— Acétate de plomb neutre , sous-acétate de plomb et proto-nitrate de mercure : magma considérable, ayant la consistance d’une bouillie, et blanc. — Teinture de tournesol rouge : très-légère coloration en bleu.
Une autre portion fut incinérée , opération durant laquelle on aperçut à peine quelques légères traces de carbonisation. Les cendres contenaient beaucoup de chlorure de sodium et médiocrement de carbonate.
Par conséquent , l’extrait alcoolique était composé en grande partie de chlorure de sodium , auquel étaient mêlés un peu d’acétate et très-peu de carbonate, avec un atome de matière animale (osmazôme).
II. La salive, épuisée par l’alcool, fut bouillie avec de l’eau , qui en dissolvit la plus grande partie.
i . La dissolution , d’un jaune très-pâle , donna , par l’évaporation, un mélange transparent, et d’un jaune très-pâle, de cristaux non cubiques et d’un extrait semblable à de la gomme. Une partie de ce mélange , traitée par l’eau, donna une solution trouble, qu’on filtra par conséquent. La liqueur filtrée réagit de la manière suivante :
Acide nitrique , per-chlorure de fer et per-chlorure de mercure : rien. — Chlorure d’étain et acétate de plomb neutre : trouble très-considérable , une quantité médiocre de flocons médiocrement grands. — Sous -acétate de plomb : inagma n’épaississant pas tout-à-fait la liqueur , et blanc. — Proto-nitrate de mercure: trouble considérable. — Teinture de noix de galle : trouble très-léger, —Teinture de tournesol rouge : légère coloration en bleu.
DE LA DIGESTION
iB
Une autre portion , réduite eu cendres, laissa du carbonate fet du phosphate de soude (et de potasse).
Ainsi l’extrait aqueux contenait du carbonate et du phosphate alcalins, avec une matière animale (matière salivaire).
2 . La portion de la salive non soluble dans l’eau et l’alcool représentait , après avoir été desséchée , une masse brune, peu transparente, dure et cassante, qui, mise en digestion avec du vinaigre distillé , fut peu attaquée par cet acide. Le vinaigre décanté ne se troubla point par la teinture de noix de galle , le cyanure de potassium et de fer, et l’ammoniaque.
Incinération. — Une partie de la salive évaporée fut brûlée. Elle se boursouffla considérablement, exhala une odeur d’erapyrenme animal , et laissa un charbon très-gonflé, difficile à incinérer , qu’on ne put brûler complètement qu’après avoir dissous dans l’eau les sels qui l’enveloppaient. La portion de la cendre soluble dans l’eau était composée d’une grande quantité de chlorure alcalin, de beaucoup de carbonate, de trèspeu de sulfate., et d’une quantité encore moins grande de phosphate. L’alcali était en grande partie de la soude ; car la dissolution de platine n’opéra un faible précipité qu’au bout de quelque temps. La portion de la cendre insoluble dans 1 eau contenait du phosphate de chaux , avec une quantité un peu moins considérable de carbonate calcaire.
D’après tout cela , la salive du chien contient :
i°. Très-peu de matière animale soluble dans l’alcool (osmazômc) ; •
2 °. Une assez grande quantité de matière animale soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool (matière salivaire) ;
■ 3°. Du m.ucus ;
4°. Beaucoup de chlorure alcalin , une quantité médiocre de carbonate, peu d’acétate et de sulfate, enfin très -peu de phosphate. L’alcali est de la soude , avec une petite quantité de potasse.
5°. Un peu de phosphate calcaire , avec une petite quantité de carbonate de chaux.
§ III. Salive de la brebis. — Afin de connaître les propriétés physiques et chimiques de la salive de brebis , telle
qu’elle sort du canal de Stenon , nous choisîmes un mouton bien portant, qui avait pris toute sa croissance, et qu’on nourrissait depuis quelques jours avec de l’avoine. La peau fut incisée sur le muscle masseter du côté droit , et le canal mis à découvert, ce qui n’offrit aucune difficulté. Après avoir bien disséqué le conduit, on le coupa immédiatement avant son passage à travers le muscle buccinateur; on suspendit un petit poids à son extrémité libre , qui fut introduite dans une fiole de verre, et le tout fut fixé à la tète de l’animal par le moyen d’un bandage. La salive , qui coulait goutte à goutte, fut d’abord teinte en rouge par un peu de sang. 11 s’en épancha 3,07 grammes durant le premier quart. d’he ure , et 3,25 pendant le second. Dans l’espace de quatre heures et demie nous obtînmes 4°, 1 1 grammes de salive, et les dix heures suivantes nous en procurèrent encore environ 70 grammes.
Cette salive était rendue trouble et rougeâtre .par un peu de sang. En la laissant reposer , le cruor se précipita. Elle était assez fluide et point filante. Sa saveur était très-faible , à peine salée.
Une partie servit aux réactions, une autre à l’analyse par la voie humide, une troisième à l’incinération, et une quatrièuae à étudier la manière dont elle se comporterait aveç des grains d’avoine.
Action des réactifs. — Pour débarrasser la salive , et de quelques flocons qui paraissaient ne s’y trouver que par accident , et de la plus grande partie du cruor , on la filtra , ce qui se fit assez rapidement , à cause, de sa fluidité. La liqueur filtrée était presque parfaitement limpide, et n’offrait qu’uhe légère trace de coloration rouge. Elle se comporta de la manière suivante avec les réactifs :
Ebullition : quelques flocons Jégers se déposèrent au fond du vase. — Acide hydro-chlorique : effervescence légère , liqueur claire. — Acide nitrique : effervescence légère , trouble considérable , blanc. — Alun et chlorure d’étain ; effervescence très-légère , une grande quantité de grands flocons blancs. — Acétate de plomb neutre : une très-grande quantité de très-grands flocons d’un blanc brunâtre. — Per-clilorure de fer : légère coloration en rouge.— Sulfate; de cuivre :
20 DE LA DIGESTION
une très-grande quantité de très-grands flocons d’un jaune verdâtre pâle. — Proto-nitrate de mercure : magma considérable , en consistance de bouillie et d’un blanc jaunâtre. — Per-chlorure de mercure : une médiocre quantité de flocons blancs , médiocrement grands. — Nitrate d’argent : une très — grande quantité de très -grands flocons blancs. — Teinture de tournesol rouge : très-légère coloration en bleu.
Analyse par la voie humide. — 65,52 grammes de salive filtrée furent évaporés à siccité. Pendant l’opération , la liqueur se couvrit d’une pellicule peu épaisse , due peut-être à de l’albumine coagulée. Il' resta i,iogram. (=i ,68 pour cent) d’une pellicule épaisse, blanclie et opaque, qui , exposée à l’air , en attira très- peu l’humidité. On la fit bouillir avec de l’alcool , qui laissa , sans la dissoudre , une matière en. partie membraneuse, en partie grenue, blanche «t saline.
I. La liqueur alcoolique filtrée était d’un jaune très-pâle. Ayant été évaporée , elle donna o, 1 1 gr. d’un résidu composé d’ une très-petite quantité de matière extractive et d’une grande quantité de cristaux qui paraissaient être des octaèdres. Cette masse , exposée à l’air , tombait à moitié en déliquescence. Sa dissolution aqueuse , qui était troublée par de petits flocons sans consistance et d’un blanc jaunâtre ( de graisse?) , offrit les réactions suivantes :
Chlore : très-léger trouble blanc.— Acide nitrique et chlorure d’étain pur : médiocre quantité de petits flocons blancs.
. — Acétate de plomb neutre et proto-nitrate de mercure : magma n’épaississant pas tout-à-fait la liqueur , caséeux , blanc. — Siulfate de cuivre : une grande quantité de grands flocons blancs. — Teinture de noix de galle : une très-grande quantité de très-grands flocons d’un blanc brunâtre. — PercKlorure de mercure : rien. — Per-chlorure de fer : coloration en rouge très-foncé , qui ne disparaissait que par un grand excès d’acide liydro-chlorique , et qui par conséquent devait son origine, non à de l’acide acétique, mais à de l’acide S ulfo-cy anique .
• II. La matière, épuisée par l’alcool, fut bouillie avec de l’eau : toutes les parties salines sc dissolvirent.
1 . Le produit aqueux de la filtration laissa 0,82 gr. d’une masse saline blanche. JJne partie de cette dernière , traitée par l’eau, donna une dissolution trouble et d’un jaune rougeâtre très-pâle. Cette dissolution se troubla faiblement par le vinaigre distillé , mais redevint claire par l’addition d’un excès d’acide, phénomènes qui lurent accompagnas d’èfïervescence. Le trouble devait vraisemblablement naissance à la matière salivaire , que l’évaporation avait rendue insoluble dans l’eau , mais qui se trouvait cependant dissoute dans la liqueur par le moyen du carbonate de soude. La liqueur, saturée de vinaigre , devint légèrement trouble par la teinture de noix de galle.
Une autre portion de l’extrait aqueux fut brûlée. Pendant l'opération , elle se colora en gris , mais seulement pour un instant, et répandit une odeur d’empyreume à peine sensible. La masse saline qui resta était composée d’une trèsgrande quantité de phosphate de soude , avec beaucoup: de carbonate et de chlorure , sans mélange de sulfate.»
2 . La matière épuisée par l’alcool et l’eau pesait o,o5 - gr.,, et se présentait sous la forme d’une pellicule dure et cassante , à laquelle le vinaigre', digéré avec elle , communiqua la propriété d’être précipitée par l’ammoniaque et par l’oxalate de potasse, mais non par la teinture de noix de galle.
En conséquence , la salive de la brebis, évaporée à siccité, contenait ;
dans 1,0g'»®.; dans loogr.
f Beaucoup de matière àni-
l male (oamazôme)
1 Une matière qui détermi-
Parties so- J nait lechlorure de sodium à lubies dans ^ cristalliser èn octaèdres- -• V — 0,11 — l’alcool. J Beaucoup de chlorure do ( x ,
I Un peu de sulfo-cyanure
' de sodium ,
Traces d’une matière ani- •v male (matière salivaire).- • r Particsso-.l Une très-grande quantité I lubies dans / de phosphate de soude- ••• l g 3
l’eau et non S Beaucoup de carbonate Ç ’ ’
dans l’alcool- J de soude.- I t I . — . : ■ 1 1
Beaucoup de chlorure de »
. sodium- itv- • J ' 1 • * * ’
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DE LA DIGESTl.Olf
Parties fa- C Mucus ou albumine coa-
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l’eao et dans j Un peu de phosphate et l'alcool. v de carbonate de chaux. • • ■
Incinération. — 4 0 » 1 1 grammes de salive filtrée donnèrent, au bain-marie, 0,76 grammes (= 1 ,9 pour cent) de résidu sec, qui était coloré en brun jaunâtre. Ce résidu laissa o, grain, de cendre (— i,o{ pour cent de salive, et 56 pour cent de résidu sec). La cendre était blanche , complètement fondue et cristalline. La portion insoluble dans l’eau ne montait qu’à o,oiâ grammes. La dissolution aqueuse contenait une très-grande quantité de carbonate , de chlorure et de phosphate, avec un peu de sulfate d’alcali. Ce dernier était de la soude , avec une trace de potasse.
Expériences relatives à l’action de la salive sur l’avoine. 1— Les grains d’avoine avaient été fendus, trempés dans l’eau, puis écrasés un peu avec le ptfon. On en introduisit une portion avec de la salive de brebis dans un verre A , et une autre , du même poids, avec une qüantité d’eau à-peu-près égale à celle de la salive , dans un second verre E. Les deux vases furent couverts de plaques de verre , placés sur un bain — marie faiblement échauffé , et exposés ainsi , pendant vingt-deux heures , à une chaleur modérée. Ce laps de temps écoulé , le fluide contenu dans le verre A exhalait une odeur putride ; il était trouble et d’un blanc brunâtre. Celui contenu dans le verre B répandait une forte odeur acide ; il était trouble et blanchâtre. On étendit les deux liqueurs de beaucoup d’eau, et on les filtra. Les deux fluides qui passèrent étaient incolores et limpides. Ils se comportèrent de la manière suivante avec les réactifs :
Ebullition : pour A etB , rien. — Iode : dans A et £ , coloration en jaunâtre. — Acide nitrique : dans A , trouble médiocre , blanc ; dans!? , rien. — Acétate de plomb neutre; dans A-, une grande quantité de flocons blancs ; dans B , rien. — ? Proto-nitrate de merciye : dans A , tme grande quantité de flocons blancs ; dans B , trouble très-léger. — fer - chlorure de mercure : dans A , trouble médiocre j
DES MAMMIFÈRES. îS
dans B , rien. — Teinture de noix de galle : dans A , trouble médiocre , légers flocons ; dans B, trouble léger. — Teinture de tournesol : dans A , aucun effet ; dans B , légère colora- . tion en rouge. *
Le résidu des grains d’avoine et les liqueurs troubles non filtrées étaient colorés en bleu par l’iode.
§ IY. Conclusions. Des analyses chimiques de la salive de l’homme, du chien et de la brebis, se déduisent les résultats suivans ;
i°. La salive ne contient que 1,0 à 2,5 pour 100 départies solides. C’est celle du chien qui contient le plus de ces parties solides , proportion gardée ;
2 °. Les parties solides sont :
a. La matière, salivaire j ..
b. L’osmazôme ;
c. Le mucus , qui parait être dissous en partie dans le liquide à la faveur du carbonate alcalin , et qui lui donne sa
• consistance filante.
d. 11 est possible qu’il existe aussi un peu d’albumine.
e. Nous avohs également trouvé, dansla salive de l’homme,
- *un peu de graisse contenant du phosphore.
f Les sels solubles dans l’eau sont :
a. De l’acétate alcalin ; dont la présence n’est cependant démontrée que par l’incipération , et non par l’extraction de l’acide acétique.
(3. Du carbonate alcalin , qui donne à la salive la propriété de colorer en bleu la teinture de tournesol , et , chez la brebis , celle de faire effervescence avec les acides. 11 se trouve vraisemblablement à l’etat de bi— carbonate. La salive de la brebis est celle qui en contient le plus ; il y en a moins dans celle du chien , et moins encore dans celle de l’homme.
y. Du phosphate alcalin, en plus, grande quantité chez l’homme et la brebis que chez le chieu.'
i. Du sulfate alcalin , dont les trois salives fie contiennent que très-peu. -*•
e. Du chlorure alcaliu , en. très— grande abondance dans
toutes trois. ... ... , .... • *,
ç. Du sulfo-cyanure alcalin : la salive de 1 homme est celle
DE LA DIGESTION
qui en contient le plus ; il y en a moins dans celle de la brebis , et il n’y en a peut-être pas du tout dans celle du chien.
L’alcali , dans la salive de l’homme , est presqu’uniquement de la potasse. Dans celles du chien et de la brebis , c’est de la soude, avec très-peu de potasse.
g. Les sels de la salive insolubles dans l’eau sont : a. Beaucoup de phosphate de chaux.
( 3 . Moins de carbonate' de chaux.
7. La magnésie a été trouvée en très-petite quantité dans la salive de l’homme. Peut-être existe-t-elle aussi dans les autres t on ne l’y a pas cherchée.