JL DU SUC PANCRÉATIQUE
Il n’est pas de fluide animal dont la nature soit demeurée si long-temps inconnue que celle du suc pancréatique. Le défaut de réservoir dans lequel il puisse se rassembler , et surtout la situation profonde de la glande qui le fournit , op-t posaient de grands obstacles aux expérimentateurs qui auraient voulu se le procurer sur des animaux vivans. François de le Boe (1) fut le premier qui soutint que ce fluide est acide , et il fonda là-dessus une théorie de ses usages qui donna lieu à de longues dispussions durant la seconde moitié du 17 e siècle. R. de Degraaf (a', disciple et partisan de le Boe , fit , en 1664 , sur un chien vivant, la première expérience couronnée de succès , pour recueillir du suc pancréatique. U ouvrit le duodénum, introduisit un tuyau de plume dans le canal pancréatique , le fit passer dans une petite bouteille placée au-dessous , et recueillit ainsi une quantité considérable du fluide. Il le trouva presqu’entièrement limpide et, un peu visqueux. Sous le rapport de la saveur, Degraaf fait observer qu’il était tantôt d’une acidité agréable , tantôt salé , le plus souvent acidulo-salé. On ne peut s’empêcher de reconnaître que des opinions ar-
( 1 ) De Chjrti afcecibus alvinis secretione atque in lacteas venas propulsione in intestinis perjeçta. Leyde, i65g , in-4°. ta) Oper, cap. ni , p. 292 , tab. a, 3 .
rètées d’avance et conformes à la doctrine de le Boc , exercèrent une influence puissante sur ses observations et enchaînèrent son impartialité.
Florent Schuyl (i) , également disciple de le Boe , répéta les expériences de Degraaf , et prétendit avoir trouvé une saveur acide au suc pancréatique-' qu’il avait recueilli ; il soutint même que ce liquide avait fait coaguler du lait.
Les recherches de Wepfer (2), Pechlin ( 3 ), Brunner ( 4 ) et J. Bohn ( 5 ) , n’ont pas confirmé les assertions de Degraaf et de Schuyl. Ces observateurs ont trouvé le suc pancréatique trouble , blanchâtre , non acide , mais d’une saveur légèrement salée, comme la lymphe.
Les expérimentateurs qui sont venus' ensuite se contredisent à l’égard des qualités de ce liquide. Viridet (6) dit l’avoir trouvé acide chez' plusieurs animaux, et prétend qu’il rougissait sensiblement la teinture de tournesol. Heuermann (7), au contraire , nie que celui du chien rougisse cette teinture. Fordyce (8) a trouvé celui du chien incolore, aqueux et salé. »
A. -G. Mayer (9) a examiné le suc pancréatique du chat , qu’il avait, recueilli dans le réservoir vésiculaire qu’on rencontre quelquefois chez cet animal. 11 lui parut transparent , visqueux , et d’une saveur sensiblement alcaline ; il colorait la teinture de mauve en vert , et le papier rouge de tournesol en bleu. Mayer dit, en outre, y avoir trouvé de l’albumine , du chlorure de sodium, de l’ammoniaque, et une matière particuüère, qui donnait un précipité violet avec le chlorure d'étain. Magendie , enfin (10) , a trouvé le suc pan-
(1) Tractactus proveteri medicind: Leyde, 1670 , in-ia.
(а) De Cicutd aquaticd, p. aoo.
(3) Expérimenta nova circa,P ancreas . Amsterdam, i683 , in -8°, pag. ao , 3a.
(4) De purgantium Medicamentarum Facullalihus. Leyde, 167a, in-8°.
(5) Circulas analo'miœ-physio/ogicus . Lcipsick, 1710, p. l4°.
(б) De primd Coctione , p. a66.
(7) Physiologie, Th. m, p. 807.
(8) Ver sache ueber das Verdauungsgeschaft. Léipsick, 1793, p. 53.
(9) Journ. compl. du Dict, des Sc.'méd., t. m, p. a83.
(10) Précis élémentaire de Physiologie , t, u , p. 367.
DE I.A DIGESTION
créatique d’un chien un peu jaunâtre , inodore et d’une saveur salée. Il ajoute que ce liquide est alcalin , qu’il se coagule par la chaleur, et que, chez les oiseaux, il est tout-à-fait albumiueux , ou du moins qu’exposé à la chaleur il se coagule .comme l'albumine. ,
.Depuis les discussions qui s’élevèrent à l’occasion de la doctrine de le Boe , la plupart et les plus célèbres d’entre les physiologistes et les médecins , Hoffmann , Stahl , Boerhaave , Haller et leurs élèves , se sont accordés à penser que le suc pancréatique ressemble à la salive. Cette opinion est aussi --adoptéqpar les physiologistes les plus distingués de l’époque actuelle.
- Dans cet état de choses, nous ne devons pas être Surpris de ce que les physiologistes ont imaginé , pour expliquer la part que le suc pancréatique prend à la digestion, diverses hypothèses , quelquefois très-bizarres, dont plusieurs se sont maintenues jusqu’à présent. Les uns pensaient que ce liquide a pour destination de séparer le chyle des excrémcas ; d’autres supposaient qu’il sert à tempérer l’ âcre té de la bil« ; d’autres encore croyaient qu’il délaie le chyme, ou qu’il dissout les restes d’alimens qui n’ont point été digérés dans l’estomac, et qji’il contribue à leur assimilation, etc. Le grand Haller, après s’être épuisé en conjectures sur ses usages, dit : plura possunt esse officia liquoris nondum salis noti. Un physiologiste moderne a émis la même idée , cinquante ans plus tard , lorsqu’il a écrit qu’il est impossible de dire à quoi peut servir le’üquide du pancréas (1).
‘ Tous ces motifs réunis nous ont déterminés à recueillir ce fluide , depuis si long-temps énigmatique , tel qu’il coule du canal pancréatique même , sur des animaux vivans, et à en faire l’analyse chimique.
§ I. Suc pancréatique du chieS. — Afin de reconnaître les qualités physiques et les propriétés chimiques de ce fluide , nous fîmes l’expérience suivante sur qn grand et fort chien de boucher , bien nourri.
Après avoir attaché l’animal, renversé sur le dos , et main-
(1) Macemmb j Précis élémentaire de Physiologie, t. n, p. 366.
tenu dans la situation convenable par des aides , on pratiqua une incision longitudinale sur la ligne blanche , entre. l’ex-r trémité inférieure du sternum et l’ombilic. Ensuite le duodénum et la tête du pancréas furent tirés au dehors, à l’aide du doigt indicateur introduit dans le ventre et courbé en crochet. On les plaça sur un linge. La plus grande partie du pancréas fut laissée dans la cavité abdominale. Le canal pancréatique, qui est très-volumineux , ne s’anastomose pas toujours, chez le chien, comme l’a déjà remarqué et figuré Conrad Brunner ( i ), avec le canal cholédoque ; mais il s* ouvre ordinairement beaucoup plus bas que ce dérnier-dans le duodénum. Il était très-facile à reconnaître , car on l’apercevait à travers l'intestin , avant son insertion . On le mit 'à découvert au moyen d’une petite incision faite à la membrane séreuse, et on l’ouvrit longitudinalement, de manière à pouvoir y introduire un petit tube de verre, qui fut assujetti par le moyen d’une ligature.
Quinze minutes à-peu-près s’étaient écoulées depuis l'application du tube , lorsqu’à notre grande satisfaction il com-r mença à se remplir de liquide : au bout de, vingt-six minutes, la première goutte de ce dernier tomba dans la fiole que l’on tenait en-dessous. Dès-lors l’écoulement continua de telle manière qu’il sq^tait une goutte toutes les six ou sept secondes. Lorsque l’animal respirait profondément, et que les viscères du bas— ventre étaient comprimés avec force par le diaphragme, le liquide coulait plus abondamment, et il en sortait plusieurs gouttes durant ce même laps de temps : c’était là évidemment un effet de la pression exercée sur la portion du pancréas qu’on avait laissée dans l’abdomen.
Le liquide qui coula d’abord était trouble et légèrement rougeâtre , probablement à cause d’un peu de sang. Celui qui vint après était tout- à -fait limpide; il avait seulement une teinte opaline, ou un reflet blanc-bleuâtre. Il filait comme du blanc d’œuf étendu d’eau , et avait une saveur faiblement salée , mais bien sensible.
(1 ) Expérimenta notà circa Pancréas. Amsterdam, iG83, in -8",
lab. 1 . ' -
DE LA DIGESTION
Dans l’espace de quatre heures, ndus nous en procurâmes ainsi environ dix grammes , quantité suffisante pour une analyse chimique.
Nous retirâmes le tube du canal excréteur , et nous appliquâmes une ligature sur ce dernier, pour empêcher le fluide de couler davantage. Ensuite le duodénum et la tête du pancréas furent reportés dans la cavité abdominale , et la plaie fermée par une couture. Le lendemain, l’animal but de l’eau, et mangea copieusement du pain trempé dans du lait : cependant il éprouva quelques vomissemens. Son appétit ne fut pas sensiblement diminué les jours suivans. Quatre jours après l’opération , il rendit quelques excrémens durs et secs. Les matières, fécales qui sortirent ensuite conservèrent encore pendant quelque temps' cet aspect. La plaie , que l’animal léchait souvent , guérit très-bien; les ligatures tombèrent, il se forma des bourgeons charnus , et au bout de dix jours la plaie était fermée. Le chien reprit sa gaîté , et il ne maigrit pas d’une manière sensible. Nous le laissâmes vivre pendant onze semaines , au bout desquelles il fut sacrifié pour une autre expérience. Cette fois nous ne négligeâmes pas d’examiner l’état du canal pancréatique. Il existait deux conduits , l’un plus gros , celui que nous avions ouvert et lié ; l’autre plus petit, qui se joignait au ^anal cholédoque: A notre grande surprise , le premier se trouva perméable et seulement un peu rétréci dans l’endroit où la ligature avait été appliquée. Le rétablissement du canal pancréatique n’avait pu être opéré que par un épanchement dé lymphe coagulable à sa face externe, et par la formation d’un nouveau conduit dans cette dernière , entre les deux extrémités séparées.
Analyse chimique. -—I. La première portion , qui était un peu colorée et rougeâtre , et qui pesait plus de o,5 grammes, servit aux réactions suivantes :
Ebullition : magma n’épaississant pas tout-à-fait la liqueur, caséeux, d’un blanc rougeâtre. — Chlore aqueux : une grande quantité de grands flocons d’un blanc rougeâtre , solubles, sans aucune coloration, dans un" excès de chlore. — • Acide hydro-chlorique : magma considérable , ayant la
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consistance d’une bouillie , et blanc. — Acide nitrique : magma semblable, d’un blanc jaunâtre. — Chlorure d’étain , acétate de plomb neutre et per- chlorure de mercure : coagu— lum caséeux, d’un blanc rougeâtre.— Per-clilorure de fer : coagulum d’uu blanc rougeâtre , transparent : la liqueur ne se colora pas sensiblement. — Teinture de tournesol : trèslégère coloration en rouge. :
D’après ces expériences, le fluide contenait beaucoup d’al- . bumine , peu d’acide libre , point de sulfo-cyanure alcalin , et au moins pas une grande quantité d’acétate.
II. La seconde portion , qui était parfaitement incolore , et qui pesait 8,63 grammes , fut en partie essayée par les réactifs, et en partie analysée. Elle, donna les réactions suivantes î
Ebullition : magma blanc, n’épaississant pas tout->à-fait la liqueur. — Alcool.: coagulum. — Vinaigre distillé et éther débarrassé d’alcool : rien. — Teinture de tournesol rouge : très- légère coloration en bleu.
Cette faible réaction alcaline de la seconde portion , tandis que la première réagissait légèrement comme acide , prouve que la nature de la sécrétion avait été changée par les souffrances continues de l’animal.
Afin d’obtenir une analyse exacte, on évapora 8,02 grammes de liquide à siccité, au bain-marie. Le résidu sec , qui pesait 0,70 grammes, était cassant, élastique, d’un jaune orangé , et demi-transparent. On Je partagea en deux portions, qui furent soumises, l’une à l’analyse par la voie humide, l’autre à l’incinération.
Analyse par la voie humide. — Une partie du résidu sec , pesant 0,537 gr. , fut brisée en parcelles', et traitée à plusieurs reprises par l’alcool bouillant.
A. La liqueur, colorée en jaune très-pâle, qu’on obtint par la filtration , laissa , après avoir été évaporée , 0,238 gr. d’un extrait jaune-brunâtre, attirant l’humidité de l’air, qui , traité par l’eau froide , se dissolvit en grande partie , laissant
pour résidu de grands flocons blancs.
a. Le liquide aqueux, séparé de ces flocons blancs par la filtration, était jaune. Il se comporta de la manière suivante avec les réactifs : 'V*.- ~
DE LA DIGESTION
Une petite quantité de chlore liquide colorait la liqueur en un rose vif, et précipitait , au bout de douze heures, de petits flocons violets. La liqueur se décolorait alors presque entièrement. Uiie grande quantité de •chlore détruisait surle-champ , sans occasioner aucun trouble , la couleur rouge
produite par une faible proportion de ce réactif. Acide '
liydro-chlofique , acide nitrique , sulfate de cuivre et perclilorure de mercure : une très-petite quantité de très-petits flocons blancs. — Chlorure d’étain : une grande quantité de flocons médiocres et blancs. — Acétate de plomb neutre: une très-grande quantité de grands flocons d’un blanc brunâtre. — Per-chlorurë de fer : légère coloration en rouge.
Proto-nitrate de mercure : magma considérable , d’un blanc rouge-jàunâtrc , donnant à la liqueur la consistance d’une bouillie. — Nitrate d’argent : trouble médiocre. — Teinture de noix de galle : une très-grande quantité de trèsgrands flocons résiuoides, bruns. — Teinture de tournesol rouge : coloration légère en bleu. — Iode et potasse liquide: rien.
Ces expériences indiquaient la présence d’un carbonate et d’un acétate alcalins, d’une matière animale précipitable par la noix de galle et par beaucoup d’autres réactifs, et qu’on , peut considérer comme étant de l’osmazôme ; enfin d’une autre matière, jusqu’ici inconnue, qui a la propriété d’être fougie par un peu de chlore, et d’être ensuite décolorée par une plus grande quantité de ce réactif.
Dans l’espoir dé parvenir à isoler cette dernière matière, on évapora jusqu’à sictité ce qui restait encore de la dissolution aqueuse ; on eut pour résidu une masse extractive jaune, transparente, presque solide, qui contenait beaucoup de petits cristaux. Cette masse fut hgitée avec de l'éther qui contenait un peu d’alcool ; elle se réduisit en une poudre jaune et humide.
a. L’éther filtré laissa, après avoir été évaporé, une faible quantité de très-petits cristaux incolores, dont la dissolution dans l’eau ne fut (tue très-légèrement rougie par le chlore, troubla faiblement la dissolution d’argent, et ne fonça pas ' sensiblement la couleur du per-chlorure de fer. Par conséquent ces cristaux, extraits par l’éther , étaient formés peut-
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être de chlorure de sodium, avec une petite quantité de la matière qui,est susceptible de rougir par le chlore.
D. La portion non soluble dahs l’éther se dissolvit de nouveau dans l’feau, avec une couleur jaune. Cette dissolution aqueuse rougit aussi par le chlore , et même un peu plus que la portion soluble dans l’étlier. On l’évapora à siccité , et on brilla le résidu. La masse se boursoufila , répandit l’odeur de pain grillé et de cacao torréfié , ét se convertit rapidement , après avoir brûlé avec flamme , en un charbon spongieux , qui ne se consuma pas entièrement, à- cause de la fusibilité de sa cendre. L’eau , agitée avec ce charbon , se chargea d’une grande quantité de- carbonate, d’une quantité médiocre de chlorure, et d’un atome de sulfaté alcalin , mais ne prit point du tout de phosphate. Le charbon , débarrassé de ces sels et calciné de nouveau , laissa une cendre terreuse , d’un blanc brunâtre , dont la partie non sor— lubie dans l’eau contenait du carbopate de chaux , sans phosphate. -4 .
b. Les flocons blancs et insolubles dans!’ eau, qui s’étaient rassemblés sur le filtre \ formèrent , après la dessiccation , une masse blanche, terreuse, pesant environ 0,02 gr. , cjui se comporta au feu comme de la corne , et brûla sans laisser de résidu. Cette masse n’était pas soluble” dans l’alcool bouillant. Probablement la matière qui la constituait avait passé , par l’évaporation , à un état insoluble ,’ et peut-être ne différait - elle pas de celle dont il sera parlé plus bas (. B . a.). » •
JB. La masse épuisée par l’alcool fut bouillie de nouveau avec de l’eau.
a. La décoction filtrée était absolument incolore. Après avoir été évaporée , elle laissa une pellicule transparente , semblable à de la gomme, et pesant 0,099 gr. Cette pellicule se dissolvit dans l’eau chaude , en laissant beaucoup de flocons d’un blanc jaunâtre , qu’on recueillit sur un filtre. La liqueur, qui était d’un jaune très^-pâle , se comporta de la manière- suivante avec les réactifs :
Chlore et alun : une assez grande quantité de petits flocons blancs. — Acide hydro-chloriquc , chlorure d’étain et sulfate
DE LA DIGESTION
de cuivre , une grande quantité de flocons blancs d’une médiocre grandeur. — Acide nitrique : une grande quantité de grands flocons d’un blanc jaufaâtre. — Per-cblorure de mercure : une très-grande quantité de très-grands flocons d’un tissu lâche , et blancs. — Acétate de plomb neutre : une trèsgrande quantité de très-grands flocons d’un tissu serré, et blancs. — Proto-nitrate de mercure: une très-grande quantité de très-grands flocons denses et blancs , qui , dans l’espace de douze heures, se colorèrent vivement en fleur de pêcher. — Nitrate d’argent : une très-grande quantité de grands flocons blancs , devenant d’un brun jaunâtre au bout de plusieurs heures. — Teinture de noix de galle : magma floconneux , d’un brun clair , n’épaississant pas tout-à-fait la liqueur. — Teinture de tournesol rouge : légère coloration en bleu. — Iode et potasse liquides, eau de chaux, per-cblorure de fer et alcool : rien.
Ces réactions ne conviennent pas à la matière salivaire, telle que Berzelius l’a caractérisée , mais se rapportent plutôt à ce que nous savons 'de celles de la matière caséeuse , comme le prouvent la propriété de devenir insoluble dans l’eau par des évaporations réitérées , celle d’être précipitée non-seulement par les acides, mais encore par /les sels • métalliques et par la teinture de noix de galle , la couleur rouge que prend le précipité produit par le proto - nitrate de mercure , etc. Mais si nous devons admettre la présence de la matière caséeuse dans cet extrait aqueux , il doit encore s’y trouver une autre matière ayant de l’affinité avec celle-ci ; car le lait ne précipite pas le nitratij d’argent en jaune , mais en blanc , précipité qui , du reste , devient également brun. Un motif plus puissant encore découle de ce qui se passe dans les évaporations réitérées. En effet, la dissolution de l’extrait aqueux, après qu’on l’eut évaporée, et qu’on eut redissoifc le produit dans l’eau , donna encore des flocons insolubles; mais lorsque cette seconde dissolution eut été filtrée et évaporée à son tour, "le résidu se redissolvit totalement dans l’eau, et cependant cette seconde solution se comporta avec le chlore , l’acide hydro— chlorique , l’acide nitrique , l’alun , le chlorure d’étain , le sulfate de cuivre, le per-clilo-
rure et le proto - nitrate de mercure , le nitrate d’argent et la teinture de noix de galle , de la même manière absolument qu’avant toutes les évaporations. Par conséquent , ou bien la matière caséeuse fut peut - être préservée, par la présence d’un peu de carbonate alcalin , de devenir désormais insoluble par l'évaporation , ou bien il existait en même temps qu’elle une matière qui s’en rapprochait beaucoup.
La portion restante de cette dernière liqueur fut évaporée à siccité et brûlée. La combustion eut lieu avec boursoufllement et dégagement d’une odeur animale. Le charbon était très-spongieux , et nuancé de teintes métalliques. Il brûla atec assez de facilité, laissant une trace à peine sensible de cendre , qui se dissolvait totalement dans l’eau , et qui était composée de carbonate , de sulfate et de chlorure “alcalins en quantité à-peu-près égale.
b. Le suc pancréatique épuisé par l’alcool et l’eau “pesait 0,23 gr. après avoir été desséché. Il était sous la forme de morceaux d’apparence cornée , cassans , ’d’un jaune brunâtre et transparens. Une portion de cette substance , mise en digestion avec du vinaigre distillé , se gonfla un peu , et se dissolvit en partie dans l’acide , de manière que la teinture de noix de galle et le cyanure de potassium et de" fer firent naître des précipités dans ce dernier. Cèpendant la plus grande partie demeura sans se dissoudre , même en prolongeant la digestion. Une autre portion, exposée au feu, brûla avec les mêmes phénomènes que la corne , et donna une cendre blanche , très-légère , à laquelle l’eau enleva de petites quantités de carbonate , de chlorure et de sulfate alcalins, tandis que le résidu présentait tous les caractères du carbonate calcaire.
Incinération. — o,i63 gr. de résidu sec, soumis à la chaleur, entrèrent en fusion incomplète, se boursoufflèrent beaucoup , brûlèrent avec flamme , en répandant une odeur d’empyreume animal, et laissèrent un charbon très-poreux , qui se réduisit assez facilement à o,oi3 5 gr. d’une cendre ' blanche , demi-pulvérulente et demi-fondue. Cette cendre devint humide à l’air. L’eau en retira une grande quantitq
PE LA DIGESTION
de carbonate et de chlorure , avec peu de sulfate et de phosphate alcalins. Ayant calciné ces sels avec l’acide sulfurique , on fit cristalliser le produit, et on l’essaya ensuite par la dissolution de platine : on reconnut alors que l’alcali était de la soude, avec une très-petite quantité de potasse. La faible portion de cendre npn soluble dans l’eau , qui représentait quelques flocons blancs , se dissol vit complètement dans l’acide hydvo-chlorique , avec effervescence , et la dissolution donna un léger trouble par l'ammoniaque r puis un plus considérable par l’oxalate de potasse.
Ainsi la cendre du suc pancréatique contenait beaucoup de carbonate et de chlorure , et très-peu de sulfate et de phosphate de soude , avec peu de potasse , et une petite quantité de carbonate et de phosphate calcaires:
Par conséquent, 100 parties de suc pancréatique du chien contenaient :
Parties solides 8,72
Eau g 1 ,28
Cent parties solides du suc pancréatique donnèrent en cendres 8,28
Cent parties solides contenaient en substances organiques : osmazôme, avec une matière animale colorable en rouge par le chlore (et avec de l’acétate et du chlorure alcalins) 44»32 Matière caséeuse , peut-être avec une autre matière animale qui se dissout dans l’eau, mais non
dans l’alcool (et avec des sels de soude) t8,44
Albumine (avec üne petite quantité de sels). . . . 4 2 >83
io 5 , 5 g
Excédant...» 5 , 5 g § II. Sdc pancréatique de la brebis.— Nous désirions de comparer les propriétés du suç pancréatique d’un animal herbivore avec celles du même fluide chez un carnivore. C’est pourquoi nous nous procurâmes celui d’un mouton adulte, à sa sortie même du canal pancréatique. L’opération par laquelle on met ce conduit à découvert est beaucoup
DES MAMMIFÈHES.
plus difficile sur le mouton que sur le chien , parce -que le duodénum, avec le pancréas, est en partie couvert par le gros intestin. Voici quel fut le procédé auquel nous eûmes recours pour la pratiquer. Nous ouvrîmes la cavité abdominale j>ar une incision transversale au-dessous des côtes droites jusqu’à la ligne blanche. 'Ensuite le duodénum.fut tiré au dehors. On alla à la recherche du canal cholédoque, et on le lia au-dessous du point où le canal cystiqi^ se joint à l’hépatique. Cela fait, le canal cholédoque fut lié une seconde fois à l’endroit de son insertion dans le -duodénum, et coupé au-dessus de la ligature , afin de rendre plus facile l’introduction d’un tube dans son intérieur. Après qu’il eut été nettoyé de la bile qu’il contenait, on y fit entrer un tube de gomme élastique , qui fut assujetti par le moyen d’une ligature. Comme le canal pancréatique ÿ’ouvre dans le cholédoque deux pouces environ au-dessus de l’insertion de ce dernier dans le duodénum , le suc pancréatique était obligé de couler par le tube. Tout étant ainsi disposé, on replaça le duodénum dans l’abdomen , on dirigea le tube élastique au dehors, et on' ferma la plaie par mie couture. Ce fut seulement au bout de trois heures et demie que la première goutte de suc pancréatique sortit du tube , et le suintement continua depuis lors sans interruption , de manière que , toutes les quatre ou cinq secondes , une goutte tombait dans le vase placé au-dessous. Au commencement , le fluide était blanc et clair comme de l’eau, tirant seulement un peu sur le rougeâtre ; il rougissait faiblement le papier et la teinture de tournesol ; par conséquent il était acide ; sa saveur était faiblement salée ; il filait entre les doigts comme du blanc d’œuf. Durant les cinq heures suivantes , nous obtînmes 5,76 grammes de suc pancréatique, qui était parfaitement limpide. Le soir , nous attachâmes au tube élastique une vessie mouillée , destinée à recevoir le fluide qui s’écoulerait. L’animal mourut dans la nuit , vers onze heures , au milieu des symptômes de l’épuisement et de l’abattement. Nous trouvâmes encore 3,364 grammes de suc pancréatique dans la vessie. Ayant fait l’ouverture du coi-ps le lendemain matin , nous reconnûmes que l’estomac et le duodé-
num paraissaient légèrement enflammés à l’extérieur. La membrane muqueuse du quatrième estomac était aussi un peu rouge. Tous les estomacs contenaient de l’avoine broyée , que l’animal avait prise en grande qüantité avant l’opération. Les fluides contenus dans tous , même dans la caillette , étaient * alcalins , peut-être à cause de l’affaiblissement de l’influence nerveuse sur la. sécrétion du. suc gastrique. Il fut constaté" eh outre que le tube élastique avait été introduit dans le canal cholédoque de manière que son extrémité se trouvait à trois lignes au-dessous de l’insertion du canal pancréatique, et qu’en conséquence le fluide avait pu y couler facilement.
Analyse chimique. I. La première portion , un peu rougeâtre , de ce fluide , qui s’élevait à environ o ,5 gr. , fut essayée par les réactifs,
A l’ébullition , elle se coagula parfaitement en une masse solide, d’un blanc rougeâtre et opaque. — Chlore : petite quantité de petits flocons rougeâtres , transparens , solubles dans un excès de chlore , sans le colorer. — Acide hydro-chlorique : épais magma blanc. — Acide nitrique : épais magma jaune. — Chlorure d’étain vune grande quantité de grands flocons d’un blanc rougeâtre. — PeT-chlorure de fer : coagulum rougeâtre , translucide. — Sulfate de cuivre : coagulant d’un blanc rougeâtre. — Per-chlorure de mercure : magma épais , d’un blanc rougeâtre. — Acide acétique : rien. — Teinture de tournesçl rouge : -très-légère coloration en bleu.
II. La seconde portion pesait 5 , 96 grammes. Une goutte en fut mêlée avec de la teinture de tournesol rougie , qu’elle colora en bleu faiblement , mais d’une manière sensible. Ainsi, chez la brebis, de même que chez le ebien , le suc pancréatique se montra d’abord un peu acide et ensuite alcalin.
Le reste du fluide, qui , après la soustraction delà goutte , .pouvait bien s’élever encore à 5,75 gr. , fut évaporé complètement , et donna o,ai gr. de résidu sec, qui adhérait aux parois du verre , sous la forme d’une pellicule en partie d’un brun sale , en partie d’uu jaune brunâtre.
DES MAMMIFÊHES. 37
Ce résidu fut traité de la même manière que le résidu correspondant du suc pancréatique du chien , c’est-à-dire , bouilli d’abord avec de l’alcool et ensuite avec de l’eau.
* L’extrait alcoolique pesait , dans l’état sec , 0,087 gr. ;
* l’extrait aqueux , 0,016 gr. , et l’albumine coagulée, épuisée par l’alcool et l’eau, 0,1 3 o gr. ,
L’extrait alcoolique consistait en une croûte saline , blanche , et en une matière extractive jaune. Il se dissolvait complètement dans l’eau froide , en laissant seulement quelques flocons peu considérables. La dissolution , qui était d’un jaune pâle , réagit de la manière suivante :
Le chlore produisit un léger trouble blanc , qui ne disparut pas en ajoutant une nouvelle quantité de réactif ; mais en quelque proportion qu’on employât ce dernier, on n’aperçut jamais de coloration en rouge. — Acide liydro-chlorique , acide nitrique , adun , chlorure d’étain , sulfcfte de cuivre : léger trouble blanc. — Acétate de plomb neutre et proto-nitrate de mercure : coagulum caséeux , blanc. — Nitrate d’argent : très-léger trouble blanc. — Teinture de noix de galle : une très-grande quantité de grands flocons d’un jaune pâle. — Teinture de tournesol : aucun effet. — Per-chlorure de fer et acide acétique j rien.
Une porüon de l’extrait 'alcoolique , exposée au feu , répandit une odeur empyreumatique désagréable , décrépita un peu , devint brUne et noire , et laissa une petite quantité d’un charbon qui n’était pas très-boursouftlé. Ce charbon fut aisé à incinérer ; il laissa , eu égard à sa grandeur , beaucoup de cendre grise. La cendre était entièrement blanchâtre, soluble dans l’eau , et composée d’une grande quantité de carbonate et de chlorure alcalins , avec des traces de phosphate et de sulfate.
L’extrait aqueux consistait en une pellicule mince , d’uh jaune pâle , qui se dissolvit dans l’eau en laissant un grand nombre de membranules. La dissolution fut filtrée , puis, trois fois encore Tune après l’autre , évaporée , dissoute dans l’eau et filtrée. A chaque dissolution il se sépara des flocons, qui furent cependant peu nombreux la dernière fois. Le très— faible résidu de l’extrait ainsi dépouillé en grande
DE LA DIGESTION
partie de sa matière caséeuse, et très— étendu d’eau , donna lieu avec les réactifs aux phénomènes suivans, qui coïncident , quant aux circonstances essentielles , avec ceux de l’extrait aqueux du suc pancréatique de chien.
Acide hydro-chlorique , alun, sulfate de cuivre et perchlorure de mercure : très-léger trouble blanc. — Acide nitrique : lé£er trouble d’un blanc jaunâtre. — Chlorure d’étain et acétate de plomb neutre : une très-grande quantité de petits flocons blancs. — Proto - nitrate de mercure : une très-grande quantité de petits flocons blancs , qui , dans l’espace de douze heures , ne prirent qu’une teinte rouge pâle. — Nitrate d’argent : une grande quantité de flocons médiocres et jaunes , qui avaient bruni au bout de douze heures. — Teinture de noix de galle : une grande quantité de flocons d’un jaune brunâtre. — Teinture de tournesol : légère coloration en bleu. — Chlore, acide acétique et alcool: rien.
L’extrait aqueux , pendant sa combustion , exhala une odeur d’empyreume animal , se boursouffla modérément , et laissa un charbon facile à brûler , puis une bien faible trace de aendre , qui renfermait une grande quantité de carbonate et de chlorure, avec un atome seulement de sulfate.
Le résidu , épuisé par l’alcool - et par l’eau , se composait de pellicules d’un jaune brunâtre sale , opaques et semblables à de la corne. Une portion de ce résidu , mise en digestion avec du .vinaigre distillé, se comporta de la même manière que le résidu analogue du suc pancréatique du chien , à cette seule différence près qu’elle se gonfla beaucoup moins. Une autre portion , exposée à la chaleur, brûla à la manière delà corne, etdonna une cendre d’un blanc brunâtre , très-divisée. L’eau retira de cette cendre très-peu de sulfate alcalin , sans aucune trace de carbonate , de phosphate , ni de chlorure. La portion non soluble dans l’eau forma avec l’acide hydro-chlorique une dissolution d’un jaune très-pâle , qui contenait peu de phosphate calcaire et beaucoup de chaux pure.
111. La dernière portion de suc pancréatique , recueillie jusqu’à la mort de l'animal , et qui pesait 3,564 gr. , donna,
DES MAMMiFÉKES. 3y
après avoir été évaporée au bain-marie , o,i 85 gr. de résidu sec , et , après avoir été brûlée , o,o 5 5 gr. de cendre.
Cette cendre était blanche et terreuse ; elle demeurait sèche à l’air; arrosée avec de l’eau, elle se dissolvait presque complètement. La dissolution contenait principalement beaucoup de phosphate et de chlorure alcalins, avec une petite quantité de carbonate et de sulfate. Une partie de cette dissolution, calcinée avec l’acide sulfurique, donna des cristaux de sulfate de soude , dont la dissolution produisit cependant un précipité abondant par celle de platine,
JLa. très-petite portion de cendre qui ne s'était pas dissoute dans l’eau était d’un blanc brunâtre, et soluble dans l’acide iiytÉjp-chlorique : elle se comportait comme un mélange de phosphate et de carbonate de chaux en proportions à-peuprç^$ales.
Par conséquent la cendre du suc pancréatique contenait beaucoup de soude et peu de potasse. Ces deux alcalis étaient unis avec beaucoup d’acides phosphorique et hydro - chloriquc, mais avec peu d’acides carbonique et sulfurique. La cendre contenait en outre un peu de phosphate et de carbonate calcaires, en proportions égales , à-peu-près.
Cent parties de suc pancréatique de brebis contenaient donc
dans la portion II, dans la portion III i •
Parties sèches 5 , 65 -———— 5 , 19
Eau.. ..s 9(1,55 94,8 1
100,00 ■ ■— ■ . — 100,00 Cent parties de résidu sec du suc pancréatique contenaient, dans la portion II,
Parties solubles dans l’alcool , notamment osmazôme et un peu d’une matière qui ressemble beaucoup à la caséeuse.... 4t,4
Parties solubles dans l’eau, et non dans l’alcool , consistant presque entièrement en une matière voisine de la caséeuse ... ‘. 7,6
Albumine 61,8
Excédant. ... 10,8
4 o .DE IA DIGESTIOJ
Cent parties de résidu sec de la portion II en donnèrent 29,7 de cendre. •
§ III. Suc pancréatique dd cheval. — Un cheval ayant été mis à mort après qu’il eut mangé abondamment de l’avoine, on lui ouvrit aussitôt l’abdomen , on mit le canal excréteur du pancréas à découvert, et on le lia. On obtint environ un gramme de suc pancréatique. Ce liquide était d’un jaune très-pâle et presque entièrement limpide, cependant avec une légère teinte opaline , très- muqueux et filant comme du blanc d’œuf étendu d’eau ; il rougissait très - faiblement )a teinture de tournesol bleue, et n’agissait pas sur la rougè.
En l’étendant d’eau , on vit s’en séparer quelques floéons muqueux blancs. Cette liqueur étendue donna les réactions suivantes :
• Par l’ébullition , elle se troubla beaucoup en blanc , et les flocons qui y existaient déjà devinrent plus consistans et plus opaques. Le trouble produit par l’ébullition diminua un peu par la digestion avec du vinaigre distillé , après quoi le cyanure de fer et de potassium opéra un précipité flocon- ’ neux abondant, ce qui rendit la liqueur claire. — * Acide hydro-chlorique : une très-grande quantité de très-grands flocons blancs , presque entièrement solubles dans un excès d’acide. — Acide nitrique et per-chlorure de mercure : une • grande quantité de grands flocons blancs. — Per-chlorure de fer : une quantité. médiocre de flocons d’une médiocre grandeur, sans coloration de la liqueur en rouge. — Teinture de noix de galle : magma d’un blanc jaunâtre , n’épaississant pas tout-à-fait la liqueur.
On peut déduire de ces expériences que cette liqueur est très-riche en albumine, qu’elle contient un peu d’acide libre, et qu’il n’y’a pas de sulfo - cyanure , non plus que d’acétate , ou du mpins que ce dernier sel y est très - peu abondant.
§ IY . Conclusions. — Le suc pancréatique contient : i°. En parties solides, dans le chien , 8,72 ; dans la brebis,
4 à 5 pour cent.
a 0 . Les parties Solides sont, 1 a. De l’ôsmozôme.
DES MAMMIFÈRES. Zj I
b. Une matière qui rougit par le chlore. Oq ne l’a trouvée • que chez le chien et non chez la brebis.
c. Une matière analogue à la caséeuse, et probablement associée à la matière salivaire.
d. Beaucoup d'albumine , constituant environ la moitié du résidu sec. Le suc pancréatique du cheval était aussi trèsriche en albumine.
e. Très -peu d’acide libre, probablement acétique. Cette faible prédominance de l’acide émit sensible , non-Seulement dans le suc pancréatique du cljien et de la brebis , mais encore dans celui du cheval. '
Il est digne de remarque que la portion du suc .pancréatique qui s’écoula la dernière , chez le chien et la brebis , était légèrement alcaline. Ce changement dépendait- il de l’affaiblisisement dei’influenee nerveuse, causé par l’ opération ?
f. La cendre du suc pancréatique s’élève, chez le chien, à 8, 28 pour centdurésidusec,etchez la brebisàaq^ pour cent.
Elle contient en sels solubles :
a. Du carbonate alcalin , qui sans doute existait dans le sut^à l’état d’acétate. Ce sel est très-abondant chez le chien , en petite quantité chez la brebis. »
§. Une très -grande quantité*de chlorure alealin chez le ch'ien et la brebis ; * . . * . •'
y. Très -peu de phosphate alcalin chez le chien, et beaucoup de ce sel chez la brebis.
S. Très-peu de sulfate alcalin chez le chien et la brebis.
Le sulfo- cyanure alcalin ne se rencontre pas dans le suc pancréatique.
L’alcali , chez le chien et la brebis , consiste en une grande quantité, de soude avec très-peu de potasse.
Les sels de la cendre , non solubles dans l’eau , sont un peu de carbonate et de' phosphate calcaires.
Si l’on compare la composition du suc pancréatique avec celle de la salive du chien et de la brebis , on trouve les différences suivantes :
i°. Le résidu solide-de la salive ne s’élève qu’à environ la moitié de celui du suc pancréatique. i
a*. La salive contient du mucus et une matière animale
DE LA DIGESTION
• particulière ( matière salivaire). S’il s’y trouve de l’albumiue et de la matière caséeuse, ces substances y sont, dans tous les cas , en fort petite quantité. Âu contraire , le suc pancréastique contient beaucoup d’albumine et de matière caséeuse ; on n’y trouve point de mucus, et la véritable matière salivaire y est peu abondante , ou même n’y existe pas.
3°. La salive est neutre , ou contient un peu de carbonate alcalin. Le suc pancréatique contient un peu d’acide libre.
4°. La salive de la brebis contient du sulfo-cyanure alcalin ; il n’y en a point dans le suc pancréatique.
Les autres sels sont les mêmes, à-peu-près.
11 résulte de là que les physiologistes qui croient le suc pancréatique identique avec la salive sont dans l’erreur.