‹ Recherches expérimentales sur l'action antifermentative et microbicide de l'antipyrineChapitre 22 sur 26 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

ERYSIPÈLE

Salle 3% femmes. Hôtel-Dieu. — G. M., domestique, âgée de 22 ans. — Entrée le 16 avril, sortie le 25 mai 1888.

Antécédents héréditaires nuls. Pas d’érysipèle antérieur. Il y a quinze jours environ qu’elle est entrée à l’'Hôtel-Dieu, pour une affection des yeux et une fistule lacrymale. Avant-hier soir, elle : eut un frisson violent après avoir souffert d’une lassitude généralisée. Dès le soir même, on constate le début de l’éruption érysipélateuse du côté gauche de la face.

A son entrée dans le service, l'éruption a envahi les deux joues et les paupières; le menton est indemne. Elle s'arrête à un travers de doigt en avant des oreilles; en bas elle ne dépasse pas le bord inférieur du maxillaire, en haut les sourcils. Ganglions sous-maxillaires, mastoidiens, volumineux.

Pas de dysphagie, mais la malade ayant des vomissements, on lui donne l'antipyrine en lavements (1 gr. 50 jusqu’à concurrence de 10 grammes).

17 avril. — Continuation des lavements. Ce matin, l'érysipèle a à peu près les mêmes limites qu’hier, il ne s’est avancé que d’un centimètre du côté de l'oreille gauche. — Langue saburrale.

18 avril. — L'érysipèle sans être complètement enrayé n’a fait que de bien légers progrès. L'oreille droite n’est pas encore envahie : il reste une petite zone de peau saine en avant. L'oreille gauche est prise et l’érysipèle s’est avancé d’un centimètre environ. Du côté du front, un peu de rougeur diffuse sans gonfiement appréciable; de ce côté pas de progrès. Il est à remarquer que les paupières n’ont pas été tuméfiées ; elles sont seule ment un peu rouges, et à droite elles sont restées saines.

Nausées fréquentes. 12 gr. 50 d’antipyrine en lavements.

19 avril. — Du côté du front, pas de progression de l’érysipèle. À gauche, mêmes limites qu’hier. La tuméfaction des parties envahies est infiniment moindre que d'ordinaire. L’inflammation

est à peine marquée.

OO 20 avril. — Eruption stationnaire, se flétrit sur l’oreille gauche, les joues et les lèvres.

21 et 22 avril. — L’érysipele se flétrit de plus en plus. 8 grammes d’antipyrine. À

93 avril.— Desquamation générale. Ce matin, température 36°4. Suppression de l’antipyrine. ù 24 et 25 avril. — L'érysipèle a complètement pâli et a disparu.

Etat général très bon.

Pendant ? jours, 1 gramme d’antipyrine toutes les 3 heures, comme préservatif de rechute.

Ces observations ont été extraites d’une collection fort considérable et que nous ne pouvons citer tout entière, étant donné le cadre restreint de notre travail ; nous donnons celles-là à titre d'exemples, et nous pensons que, mieux que tous les développements que nous pourrions ajouter, elles se chargent de prouver que la jugulation de l’érysipèle, comme dit M. Clément, à été plusieurs fois obtenue d’une façon très nette.

Nous nous contentons de faire les mêmes remarques pour les deux observations de pneumonie qui suivent et où, d'un jour à l’autre, avec l'antipyrine, la guérison s’est annoncée par la défervescence et l'amendement considérable de signes observés. Nous sommes, pour les raisons dites plus haut, obligé de nous en tenir à ces deux observations-types.

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