XII I
Il faut se persuader pourtant que l’ancien mode pourra être conservé dans les lieux où le prix du bois est très-bas, sur-tout si avec cela la qualité de la soie exige une température fort élevée de l’eau. On observe en effet combien il est difficile de retenir le calorique dans des vases découverts , où l’eau , au lieu d’être en repos, est sans cesse agitée , et offre continuellement de nouveaux points de contact à l’air qui lui enlève son calorique. Si de semblables pertes ne sont pas immédiatement réparées par une action correspondante de la vapeur, il s’opère un décroissement successif de température qui rend bientôt l’eau incapable de remplir le but qu’on se propose. En visitant beaucoup de manufactures, j’ai observé deux manières différentes de filer la soie : Fune vulgairement appelée à battuta, dans laquelle une seule ouvrière dispose et prépare les cocons; l’autre nommée à palmota, dans laquelle il y a deux ouvrières, dont Furie prépare une quantité donnée de cocons, et après avoir trouvé les bouts de la soie, les remet à la seconde qui les passe à la filature : il résulte de cette opération répétée un travail plus rapid e et un produit plus abondant. Quant à la chaleur, il est certain qu’elle se conserve beaucoup plus facile-
ment de la première manière que de la seconde; d’autant plus que dans l’État pontifical, où elle est usitée , la partie glutineuse de la soie exige souvent, comme je l’ai déjà dit, jusqu’à 7$ degrés pour pouvoir être dissoute.