‹ Recherches expérimentales sur l'exhalation pulmonaireChapitre 3 sur 5 · SUR L’EXHALATION PULMONAIRE · texte numérisé non relu

SUR L’EXHALATION PULMONAIRE

environ six gros d’alcool saturé de camphre ; un quart-d’heure après , l’air expiré ne donnait encore aucun signe de l’exhalation de l’une ou l’autre de ces substances par la surface pulmonaire. Nous dénudâmes alors les muscles larges de l’abdomen en ayant soin d’enlever les couches aponévrotiques qui les recouvrent et nous y appliquâmes une ventouse à pompe. Pendant quelque temps il n’en résulta aucun effet sensible; mais après avoir fait le vide dans l’instrument à plusieurs reprises, l’odeur du camphre y devint manifeste , de même que sur la surface à laquelle nous l’avions appliqué. Cependant l’air expiré ne décélait nullement la présence de cette substance volatile. Pendant plus de trois quarts-d’heure nous avons continué à pratiquer la respiration de la manière mentionnée plus haut, mais aucun signe n’a indiqué l’exhalation du camphre ou de l’alcool par la surface pulmonaire. Ces substances devaient néanmoins avoir été portées dans le torrent , de la circulation, car en appliquant alors une certaine quantité d’extrait de noix vomique sur le tissu cellulaire sous-cutané de l’abdomen , l’animal éprouva au bout de trois minutes les mouvemens tétaniques qui caractérisent l’action de cette substance vénéneuse.

Dans une expérience comparative faite sur un chien de même taille , nous avons injecté par un procédé semblable la même quantité d’alcool camphré dans la cavité péritonéale de l’animal, mais sans interrompre l’action aspirante qui accompagne chaque dilatation de la cavité thoracique ; trois minutes et demie après l’introduction du liquide dans l’abdomen , l’odeur de l’alcool commença à se faire sentir dans l’air que l’animal chassait de ses poumons , et au bout de six minutes celle du camphre est devenue également sensible. L’intensité de l’odeur communiquée à' l 'haleine du chien par l’exhalation de ces substances volatiles augmenta bientôt d’une manière très marquée et persista pendant une heure , temps que dura l’expérience. Ces résultats étaient si concluans que nous ne conservions plus aucun doute sur la vérité de l’hypothèse que l’analogie nous avait suggérée pour l’explication de la grande activité de l’exhalation pulmonaire. Mais afin d’établir ce principe d’une manière incontestable nous résolûmes de répéter ces expériences et de les varier de différentes manières.

Dans cette vue nous avons injecté une petite quantité d’huile essentielle de térébenthine dans la veine crurale d’un chien. A peine avions-nous fini cette opération, que l’haleine de l’animal était déjà fortement imprégnée de l’odeur de cette substance qui continua à s’exhaler rapidement par la surface pulmonaire pendant le peu de minutes que vécut l’animal. En ouvrant la cavité de la plèvre on y reconnut de suite la présence de l’essence de térébenthine ; mais il ne se manifesta aucun signe d’une exhalation semblable à la surface du péritoine.

Chez un autre animal de la même espèce on commença l’expérience par l’ouverture de la trachée-artère et l’introduction d’un tube métallique ; on ouvrit ensuite

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