CHAPITRE II
Résumé général de la symptomatologie de l’'Hyperthermie,
Je résume dans ce chapitre le long exposé qui précède sur les symptômes de l’Hyperthermie expérimentale, en divisant ceux-ci en trois phases. |
1° Phase de début ou d'indifférencè. L'animal (chien, lapin, chat, cobaye) soumis à une température ambiante plus ou moins élevée n’éprouve d’abord aucun trouble. La température se maintient constante ; sa respiration, son pouls, restent normaux. Aucun phénomène général ni local. Cette phase est d'autant plus courte que la chaleur extérieure est plus considérable ou que les animaux sont plus petits (surtout lapins). À une température de l’étuve n’excédant pas 37°, cette période d’indifférence dure chez le chien 1 heure environ.
2° Phase d'excitation. La température commence à s'élever régulièrement. L'animal s’agite de plus en plus. Cris et plaintes incessants ; par intervalles quelques convulsions (rares). Excitation extrême.
La respiration, bruyante et forte chez le chien, s'accélère graduellement et atteint un chiffre très élevé (280 à 290); elle présente sans ordre bien récis tous les accidents et tous les types possibles de dyspnée type inspiratoire, type expiratoire, syncopes respiratoires, respiration à échelons, dicrotisme, etc.). |
L'absorption de l'O par la respiration va progressivement en
croissant à mesure que la température propre de l'animal s’élève et que la fréquence respiratoire augmente.
Le pouls s'accélère et suit une marche à peu près parallèle à celle de la T. mais sans jamais dépasser, pendant cette période, et chez le chien, 130 à 140 pulsations. Les battements, quoique précipités, restent forts. La pression artérielle ne baisse pas, mais les oscillations manométriques diminuent beaucoup d'amplitude et deviennent régulières.
L'animal salive considérablement. Muqueuses très rouges. Réflexes d’abord intacts, puis exagérés, surtout le réflexe à la douleur. Pupille normale.
3°. Phase d'épuisement respiratoire et de coma. L’ascension thermique continue jusqu'au voisinage de 45°, quelquefois plus.
La respiration décroît progressivement de fréquence en reprenant de la régularité et de l'amplitude, mais devenant de plus en - plus faible.
L’absorption de l'O continue à croître d’abord, puisralentit dans les 15 ou 20 dernières minutes de l'expérience.
Le cœur continue à battre 140 fois en moyenne jusque vers la dernière demi-heure qui précède la mort. À ce moment, sés battements tantôt s’accélèrent brusquement (216 à 322), tantôt conservent leur fréquence primitive (140). La pression artérielle, jusquelà invariable, baisse en même temps. La respiration s'arrête la première en expiration ; le cœur s'arrête ensuite en systole.
Pendant cette phase l'animal, d’abord abattu, tombe dans une torpeur de plus en plus profonde interrompue, par intervalles, par ” des spasmes tétaniques généralisés, des convulsions, des contrac- “tures (Vallin), des troubles éclamptiques plus où moins fréquents. Le coma domine. | |
Anesthésie et analgésie d’abord légères puis absolues. Réflexes abolis sauf réflexe cornéen. Pupilles dilatées. Muqueuses rouges
6e et sèches. Mort dans le coma, précédée presque toujours de convulsions violentes.
La température reste longtemps stationnaire après la mort et s'élève même quelquefois un peu. La rigidité cadavérique, parfois immédiate, apparaît en moyenne une demi-heure après la mort; les premiers muscles atteints sont le cœur (ventricule gauche) et les muscles thoraciques.