‹ Recherches expérimentales sur l'inanitionChapitre 13 sur 138 · A. DE LA PERTE DIÜRNE · texte numérisé non relu

A. DE LA PERTE DIÜRNE

Pour déterminer la perte de poids que le corps éprouve d’un jour à l’autre , il faudrait peser les animaux précisément à la même heure chacun des jours de l’inanitiation. Dans le détail journalier des expériences dont notre 7e tableau ne présente que le résumé, quoique les pesées aient été faites presque toujours à la même heure, cependant je m’en suis quelquefois un peu écarté. Alors, les différences de poids ne correspondant pas toujours à des intervalles de temps parfaitement égaux , ces différences ne représentent pas les variations diurnes exactes. Mais, comme j’ai toujours eu soin de noter l’heure précise des pesées, en divisant la différence de poids par le temps écoulé , j’en ai déduit la perte horaire moyenne, perte que j’ai ensuite multipliée par 2 4, pour la transformer en perte diurne vraie. En répétant cette opération pour chaque jour des expériences, j’ai obtenu la série des pertes diurnes vraies pour chacun des jours de l’inanitiation1.

Voici le tableau de ces pertes diurnes pour ceux de nos pigeons et de nos tourterelles dont le corps a été pesé journellement (tableau 8).

1 II est à observer que, de cette manière, le dernier jour des expériences est représenté comme un jour plein , quoiqu’il n’ait été le plus souvent qu’une fraction de jour; mais cela est sans importance pour ce que j’aurai à en dire ici.

Tableau n” 8. PERTE DE POIDS DIURNE PC

gramm.

gramm.

gramm.

gramm.

gramm.

gramm.

1" jour de l'inanitiation

Il ,66

2e idem

3e idem

4° idem

5e idem

6e idem

7e idem

8e idem

9e idem

10e idem

1 1 ‘ idem

12e idem

13° idem

14e idem

15e idem

16e idem

Il *

17e idem

19” idem

jours

jours

jours

jours

jours

jours

Durée de l’inanitiation

Il ,54

environ.

environ.

SUR L’INANITION

AQUE JOUR DE L’INANITIATION.

grarara.

gramm.

gramm.

gramm.

gramm.

gramm.

gram .

gramm,

gramm.

gramm.

gramm.

gramm.

gramm.

jours

jours

jours

jours 12 ,62

jours

jours

jours

jours

jours

jours

Il ,75

jours

jours

jours

Je ferai sur ces résultats les observations suivantes :

1. Toutes choses égales d’ailleurs, et en particulier à égale durée de l’inanitiation, la perte diurne est d’autant plus forte que l’animal est plus volumineux.

2. Tout en diminuant de poids chaque jour, le corps ne perd cependant point d’une manière uniforme. Pour en donner quelques exemples, nous trouvons :

PERTE

DIDRNE.

Maximum.

Minimum.

gram.

gram.

Tourterelle n° 20

Pigeon n° 26

L’on voit par là que, chez le même animal et en temps égaux, il y a des pertes maximum et des pertes minimum, et que ces pertes extrêmes peuvent être entre elles dans le rapport de 6 : î .

3. La perte maximum a été en général au début, quelquefois vers la fin, jamais au milieu de l’expérience. Ainsi, dans les 2 4 expériences du tableau n° 8, l’on a eu :

Perte maximum le ierjour de l’expérience 17 fois.

Perte maximum l’un des derniers jours de l’expérience 7 fois.

La présence du maximum au début tient surtout à ce que, le premier jour de l’abstinence , le corps expulse le résidu de l’aliment ingéré la veille. Aussi , quand on fait abstraction de ce premier jour, trouve-t-on qu’en général les pertes diurnes ne diffèrent plus beaucoup d’un jour à l’autre.

4. La perte minimum a été en général vers le milieu, quelquefois à la fin, jamais au commencement des expériences : ainsi, dans les mêmes 2 4 expériences, l’on a eu :

Perte minimum vers le milieu de l’expérience .... 22 fois. Perte minimum le dernier jour1 2 fois.

5. Les expériences ci-dessus ayant une durée corrélative trèsdifférente, l’on ne saurait en comparer entre eux les jours de même nom. Pour établir cette comparaison, j’ai divisé chaque expérience en trois parties de durée autant que possible égale. J’ai pris la moyenne diurne de chacun de ces tiers de série, et, additionnant entre elles les moyennes des tiers de même nom , j’en ai formé le tableau suivant :

PERTE DIURNE

somme des moyennes diurnes

des tiers de série de même nom.

TABLEAU N° ÎO.

1er tiers.

2° tiers.

3e tiers.

gram.

gram.

gram.

9 tourterelles

15 pigeons

Somme générale

Ce tableau nous montre que les pertes des deux tiers extrêmes sont des maximum, et celle du tiers moyen un minimum. En prenant la somme de tous les résultats de même nom, l’on voit que la perte du tiers moyen est à celle de l’un ou de l’autre des deux extrêmes, supposés égaux, = 2:3 environ.

Les deux tiers extrêmes, sans être de même valeur, diffèrent cependant peu l’un de l’autre ; et même ils se rapprocheraient beaucoup de l’égalité, si l’on faisait abstraction du premier jour

1 Je dois avertir que pour ces conclusions j’ai négligé le dernier jour de la vie, lorsque la perte diurne qui y correspond n’a pas été déduite de plus de cinq heures de temps, parce qu’aux approches de la mort l’on ne saurait conclure avec exactitude d’un cinquième de jour à la jqurnée entière, comme nous le verrons bientôt. C’est ainsi que j’exclus le dernier jour des quatre expériences suivantes : Pigeon 34 : — tourterelles 7, 20 et 28.

de l’abstinence, où l’excès de perte est dû en grande partie à l’évacuation du résidu de l’alimentation antécédente.

Ainsi, dans les deux moitiés de l’expérience,. l’on peut regarder la perte comme étant assez sensiblement égale.

6. L’augmentation relative de la perte vers la fin de la vie est d’autant plus digne d’être remarquée, qu’elle est contraire à ce qui semblerait devoir arriver, puisque plus le corps a perdu, et moins il devrait avoir à perdre. Elle a en général coïncidé avec. une augmentation plus ou moins grande des fèces, augmentation allant quelquefois jusqu’à la diarrhée, comme dans les affections colliquatives.

Il est à observer toutefois que, s’il y a augmentation de la perte dans le dernier tiers des séries, cette augmentation, en général, a tout à fait cessé quelques heures avant la mort; de telle façon, par exemple, qu’un animal qui venait de perdre 0sram5 par heure , ne perdait quelquefois plus rien du tout pendant les deux ou trois dernières heures de la vie, comme si l’exhalation d’acide carbonique et de vapeur d’eau eût été suspendue en meme temps que les autres excrétions du corps. L’on en a des exemples dans les tourterelles 7 et 28, sans parler de quelques autres dont nous aurons occasion de nous occuper plus tard1. (Tableau n° 101.)

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