‹ Recherches expérimentales sur l'inanitionChapitre 61 sur 138 · DEUX POUMONS · texte numérisé non relu

DEUX POUMONS

avec tout leur sang.

Etat normal.

Inanition.

gram.

gram.

tl 12

lièrement faible , quand on la compare à la perte moyenne correspondante de tout le corps. Il est assurément remarquable qu’un organe d’une nature aussi rapprochée du tissu cellulaire que celui-là éprouve une perte intégrale proportionnelle si peu considérable.

2. La comparaison des résultats (a) et [b) nous permet de déduire la quantité de sang à l’état de liberté que contiennent les poumons, soit dans l’état normal, soit dans l’inanition. En calculant la perte intégrale proportionnelle pour cette portion de sang

seulement ( = = o,342), l’on voit, en la rapprochant

de celle relative à la totalité du sang du corps (=0,61 7), qu’elle s’en éloigne considérablement, et qu’ainsi la destruction de sang qü’entraîne l’inanitiation n’amène pas dans les poumons une diminution de ce liquide proportionnée à celle qui a lieu dans le reste du corps. Il résulte aussi de là, a fortiori, que l’asphyxie, qui est pour nous le type de bétat normal , n’occasionne pas chez nos pigeons d’accumulation morbide de sang dans les poumons.

Tube digestif. Passons séparément en revue ses trois subdivisions.

a. La partie supérieure du canal digestif, c’est-à-dire le pharynx, l’œsophage et le jabot, ont pour perte intégrale proportionnelle

3,68 — 2,42 ÜC8

b. L’estomac pris dans sa totalité perd comme la portion cidessus, sa perte intégrale proportionnelle étant = o,334- Mais il est nécessaire de distinguer dans cet organe les deux parties suivantes :

a. La portion charnue , ou le muscle digastrique , séparée de son epiderme intérieur, perd les deux cinquièmes de son poids, sa perte intégrale proportionnelle étant = o,397- C’est là à peu près la perte intégrale proportionnelle du système musculaire dans sa totalité, perte que nous avons trouvée =0,42 3. Ainsi le muscle digastrique de l’estomac perd comme le reste du système musculaire.

SUR L’INANITION

6. L’épiderme épais et corné qui tapisse la cavité de l’estomac, et qui constitue la surface digestive de cet organe, l’épithélium, non-seulement n’a pas perdu du tout, mais au contraire s’est trouvé augmenté de poids dans la proportion de 1,09 : 1,2 3.

Ce résultat semble répondre d’une manière péremptoire à l’opinion i qui admet que l’estomac peut tourner ses forces contre lui-même, et se digérer plus ou moins, puisque, au lieu d’une augmentation, c’est une diminution de poids qu’on aurait observée. Cependant cette augmentation même, constante chez tous les animaux que nous avons comparés, est un fait pour le moins extraordinaire, et qui mérite d’être soigneusement examiné.

J’ai fait à cet égard les observations suivantes :

1. Sur dix-sept de nos autopsies comparées, où j’ai noté minutieusement l’état de l’épithélium, j’ai trouvé que :

Dans huit autopsies normales1 sur neuf, l’épithélium s’est enlevé entier, et sans se déchirer, de dessus le muscle digastrique ; dans la neuvième2, il s’est déchiré à peine. Dans les neuf cas, il était ferme, épais et consistant, dans la grande cavité de l’estomac; mince, souple, élastique et extensible vers les orifices cardiaque et pylorique.

Sur huit cas d’inanitiation, au contraire, il s’est déchiré en s’enlevant cinq fois3; dans les trois autres cas4, rien n’a été indiqué à cet égard, soit pour, soit contre, dans le détail des autopsies. Dans tous, il a offert la consistance normale dans la grande cavité de l’estomac; dans tous également, vers les orifices cardiaque et pylorique, il était plus ou moins ramolli, gluant, pulpeux et comme gélatineux, tout en conservant cependant la texture membraneuse.

-Ainsi l’inanitiation s’accompagne d’un certain degré de ramol-

1 Pigeons 3V5e, 7e, 9°, 11°, 1 5e, "a. 7e et- 19e.

2 Pigeon i3”.

5 Pigeons 6e, 12e, 16e, 18e, 20e.

? -Pigeons 4°, 8e, 10'.

lissement dans la portion mince de l’épithélium , c’est-à-dire vers le cul-de-sac des orifices cardiaque et pylorique. Et, comme ce ramollissement ne saurait être un effet cadavérique, puisqu’on ne l’observe point dans les autopsies d’état normal, il en résulte qu’on doit le considérer comme l’effet naturel de l’inanitiation.

2. Ce ramollissement est dû à l’action des sucs digestifs sur la portion de l’épithélium que sa disposition anatomique et son peu d’épaisseur exposent le plus à l’action de ces sucs. En effet, d’après ce que nous avons vu jusqu’à présent, l’inanitiation a pour résultat de diminuer le poids des différents organes, en opérant leur résorption partielle; mais pour l’épithélium, comme nous l’avons déjà fait remarquer, c’est le contraire qui s’observe, l’inanitiation y amenant une augmentation au lieu d’une diminution de poids.

Cependant en recourant au tableau n° 4i, relatif au poids des organes desséchés à l’étuve , l’on découvre que cette augmentation de poids de l’épithélium n’est réellement qu’une augmentation apparente.. C’est là, en effet, ce que montre le tableau suivant, qui comprend toutes celles de nos autopsies où, chez le même animal, l’épithélium a été pesé à l’état humide et à l’état sec.

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