‹ Recherches expérimentales sur l'inanitionChapitre 63 sur 138 · LONGUEUR DE L’INTESTIN · texte numérisé non relu

LONGUEUR DE L’INTESTIN

du pylore à l’anus.

Etat Inani-

État normal.

Inanition.

normal. tion.

millim.

millim.

Pigeons n° 5 et 6

Somme =

Moyenne —

Ainsi par l’inanitiation l’intestin se raccourcit dans le rapport de ^ =0,709, c’est-à-dire qu’il diminue des 0,291 de sa longueur première, ce qui explique comment il peut perdre de son poids sans danger de perforation. Mais, et cela est bien probable , si l’on admet qu’il diminue aussi de 0,291 dans sa circonférence, l’on auèa pour sa perte en superficie 1,000-^(0,709 x 0,709) = 0,497 ; valeur remarquablement rapprochée de celle que fournit le tableau n° Ao, pour sa perte intégrale proportionnelle en poids, savoir : 0,422. Cette coïncidence presque parfaite des résultats de poids et dé superficie, en nous prouvant la probabilité de l’hypothèse ci-dessus, nous fait encore mieux comprendre

SU H L’INANITION, comment les intestins peuvent perdre de leur poids sans perdre de leur épaisseur et sans amener le danger de perforation.

Glandes du système digestif. Ces glandes sont parmi les parties du corps qui perdent le plus; ainsi :

Le foie; sa perte intégrale proportionnelle — o,5ao, c’est-à-dire plus de ntoitié.

La rate ; sa perte intégrale proportionnelle — 0,7 1 4, perte presque aussi grande que celle du sang.

Les pancréas; leur perte intégrale proportionnelle = o,64i, c’est-à-dire plus des cinq huitièmes.

Système urinaire. Les reins perdent dans une proportion beaucoup moindre que les organes précédents, leur perte intégrale proportionnelle étant = o,3iq. Il est assurément remarquable que le poumon et les reins perdent si peu, tandis que les glandes du système digestif éprouvent une diminution si considérable. Cela dépend probablement de ce que, par la cessation de l’alimentation , ces glandes suspendent en grande partie leurs fonctions, ce qui les rend susceptibles de devenir le siège d’une résorption inanitiale active : tandis que les poumons et les reins continuant comme auparavant l’élaboration et l’élimination, non plus sans doute des produits de la digestion, mais des matériaux assimilés qui rentrent dans la circulation pour subvenir à l’entretien de la vie, ces organes conservent avec bien plus d’intensité leur activité fonctionnelle, et avec elle plus de force pour résister aux déperditions de poids.

Peau et graisse. La peau a été réunie à la totalité de la graisse du corps, et c’est sous ces conditions que la perte intégrale proportionnelle a été trouvée =0,769.

Cette perte considérable dépendant essentiellement de la graisse , j’ai cherché à séparer celle-ci de la peau par la compression dans une presse entre plusieurs doubles de papier non collé. Cette compression, continuée jusqu’à ce que de nouveaux papiers ne se chargeassent plus de graisse, ayant dû être prolongée pendant un temps considérable , l’espèce d’analyse dont nous par-

Ions n’a pu être répétée que deux fois, et a fourni les résultats suivants :

La peau seule a perdu io&,o3 — 6^,68, c’est-à-dire les o,333 de son poids.

La graisse seule a perdu 38^,64 — 2&,6o, c’est-à-dire les

0,933, soit les ^ de son poids. Je crois même que, en général,

la disparition de la graisse était encore plus considérable que cela, car le plus souvent on n’en découvrait plus du tout.

Système osseux. Le temps nécessaire pour dépouiller les os de toutes les parties molles qui les entourent amenant toujours plus ou moins de dessiccation à l’air, nous n’établirons les rapports du système osseux que d’après les résultats de l’étuve. Or, la perte intégrale proportionnelle qu’on obtient ainsi = ~9’85 g^’54 =0,167.

Il résulte de là que le système osseux n’éprouve qu’une perte très-faible comparativement à celle de la plupart des autrés appareils du corps. Et en effet, la nutrition y est tellement lente que les variations de poids ne peuvent s’y opérer qu’après un temps prolongé. Or, chez les animaux que nous comparons, l’inanitiation a entraîné la mort dans un temps trop court pour que la perte du poids pût y devenir considérable. Les animaux à sang froid donneraient peut-être des résultats différents.

Du reste, je rappellerai que les cartilages du larynx et de la trachée nous ont donné une perte intégrale proportionnelle ( = 0,21 4) un peu plus forte que celle des os, mais plus faible que celle de la plupart des autres parties du corps.

Système nerveux. Je réunis sous un chef unique le cerveau et la moelle épinière, parce que, dans les autopsies, on n’a pas cherché à les séparer l’un de l’autre avec une parfaite précision.

Un des résultats très-curieux de nos autopsies, c’est de voir, au milieu des pertes de tous les organes, le système nerveux conserver intégralement son poids, ainsi que le montre le tableau suivant :

SUR L’INANITION

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