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où y désigne la longueur préoculaire, x la longueur totale, et où À et K sont des constantes (K < 1). Cette formule est celle qui a été proposée par Huxcey et appliquée par cet auteur à un certain nombre de cas de dysharmonie.
D'autre part, on peut remarquer que le caractère dysharmonique de la croissance est d'autant plus accentué qu'on considère des ‘parties plus proches des extrémités du corps de la
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Planaire : la longueur préoculaire diminue plus (en valeur relative) au cours de la croissance que la longueur prépharyngienne (fig. 13).
Si l'on suppose le corps de la Planaire décomposé suivant l’axe antéro-postérieur en une série de tranches dont les limites soient repérables pendant tout le cours de la croissance (*), on pourra attribuer à chacune de ces tranches un coefficient propre de croissance relative, ou coefficient de dysharmonie, qui sera par exemple le cocfficient K de la formule de Huxzev. Les résultats obtenus en utilisant Les seuls repères morphologiques dont nous disposions nous autorisent à admettre que ce coefficient variera de facon continue d’une extrémité à l’autre de l’axe antéro-postérieur. Le coefficient K de la formule de Huxcey, d'abord inférieur à l'unité dans les parties antérieures du corps, croitra de façon continue pour devenir supérieur à 1 dans la région postérieure au pharynx. Pour une certaine tranche, située un peu en arrière du pharynx, ce coefficient sera égal à 1, c'est-à-dire que cette tranche croitra exactement proportionnellement à la longueur totale du corps. Cette hypothèse est susceptible d'un développement mathématique, que je ne puis présenter ici.
Si l'on compare, du point de vue de leur croissance propre, les différentes parties du corps, on voit donc que leur pouvoir de croissance augmente de l'extrémité antérieure à l'extrémité postérieure du corps. Il est remarquable que le pouvoir de régénération dans les différentes parties varie au contraire en sens inverse, ainsi qu'on le verra plus loin.
Les faits précédents suggèrent encore une importante remarque. La dysharmonie de la région postérieure au pharynx que nous constatons chez P/. gonocephala est beaucoup plus accentuée chez les Planaires scissipares. Or, il est logique de supposer avec Cuizo que, chez Les espèces scissipares, l’individualisation d'un 2° zooïde dans les régions postérieures du corps est due à l’« isolement physiologique » résultant de l'allongement de ces régions. En fait, P/. subtentaculata, forme scissipare correspondant à P/. gonocephala, est plus allongée que la forme
(1) On verra dans la 2e partie de ce mémoire que l'analyse expérimentale des pliénomènes de régénération conduil à uve conception de celte nature.
gonocephala typique (Vaxvez, 1925). Il est donc permis de penser que la différence génotypique existant entre P/. gonocephala et Pl. sublentaculata peut être caractérisée simplement par une valeur différente attribuée au coefficient de dysharmonie des régions postérieures. On connaît d'autres exemples de différences génotypiques se manifestant par l'existence de dysharmounies de croissance : chez certaines espèces de Crustacés, certains appendices sont dysharmoniques dans un sexe et ne le sont pas dans l’autre (cf. Huxiex, 1927).
Il résulte de tous les faits précédents qu'au cours de sa eroissance, l'individu ne reste pas exactement semblable à lui-même. Mais les modifications morphologiques qu’il subit ont un caractère continu et progressif, et affectent les différentes parties du corps avec des intensités qui restent liées par une même relation. La notion de dysharmonie de croissance schématise bien ces caractères particuliers des modifications morphologiques chez les Planaires.
Dans le développement d’un animal supérieur, les modifications morphologiques ne sont pas toujours de même nature pendant tout le cours de la croissance, et affectent les différentes parties de façon assez indépendante. Les phénomènes de dysharmonie constituent un intermédiaire entre ces cas de transformations morphologiques complexes et le cas dela croissance avec similitude parfaite, cas qui n’est peut-être jamais réalisé dans la pratique.
Je dois encore ajouter une importante remarque. Les diverses caractéristiques dont il vient d'être question se présentent comme étant function de la taille 4e l'individu, et ne sont fonclion des conditions externes (température, nutrition) que dans la mesure où celles-ci influent sur la taille. Ainsi, un individu élevé à 20° et parvenu à un poids de 25 milligrammes, terme de sa croissance, présente Les mêmes dimensions dans ses différentes parties, — notamment, la même longueur préoculaire, — qu'un individu de même taille, élevé à 7, et se trouvant encore en pleine période de croissance.
Je pense cependant que ce sont des modifications de cette nature, — la diminution relative de la taille cellulaire, par exemple, — qui peuventralentir progressivement la croissance,
et finalement l'arrêter. Ces modifications ne doivent pas être considérées comme des caractères de sénilité : on verra que les vrais caractères de sénilité apparaissent comme des conséquences, et non comme des causes, de l'arrêt du développement.