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La ponte des cocons et les facteurs qui la déterminent

Mes observations à cet égard ont déjà été résumées dans une uote préliminaire (M. AgeLoos, 1929). J'en rappellerai ici les conclusions, basées sur l'observation de nombreux élevages, pratiqués dans des conditions très variées. J’ajouterai ensuite aux expériences relatées dans ma note les observations relatives à la ponte, faites sur quelques-uns des lots dont la croissance pondérale a été étudiée au chapitre précédent. ’

Précisons immédiatement qu'il ne s’agit pas dans ces expériences d'élucider le déterminisme de l'apparition des organes sexuels. Ces organes apparaissent très tôt dans Le cours du développement, et on peut, dans tous les élevages, observer des accouplements bien avant le dépôt des premiers cocons. Le phénomène dont j'ai cherché à préciser le déterminisme est l’évolution du vitellogène à partir des « cellules-souches » du parenchyme, phénomène qui précède immédiatement la ponte.

La ponte des cocons chez P/. gonocephala n'est pas nécessairement liée à une saison déterminée, comme on le pensait à la suite des expériences de SropPenBrixk (1905). Elle peut se produire à toutes les températures comprises entre 5° et 20°. Chez des Planaires continuellement et fréquemment nourries à une température déterminée, le dépôt des premiers cocons a lieu lorsque les animaux atteignent le poids martimum correspondant à la température d'élevage.

La ponte peut donc se produire, suivant la température, chez des animaux de tailles très variées. La taille des cocons pondus varie d'ailleurs dans le même sens que la taille de l'animal. Les cocons de toutes tailles sont susceptibles d’un développement normal. La taille des jeunes est en général plus grande dans les gros cocons. Cependant, la taille des jeunes éclos d’un même cocon est assez variable, ainsi que leur nombre. Il est probable que les différences de taille constatées à l'éclosion sont dues uniquement aux conditions de nutrition dans le cocon.

La ponte des cocons se poursuit pendant un certain temps. C'est aux environs de 12° ou 15° que la période de ponte semble être la plus prolongée (souvent plusieurs mois). Pendant ce temps, le poids des animaux décroit lentement. Au cours d’une période de ponte, chaque individu peut pondre successivement au moins À cocons. On observe fréquemment, pendant la période de ponte, des accouplements. Je n'ai constaté aucune relation constante entre l'époque de dépôt d’un cocon et celle d'un accouplement. Fe

La ponte peut se produire même si les animaux sont soumis au jeûne après avoir atteint leur poids maximum. La privation de nourriture semble même hâter le dépôt des premiers cocons. Mais, chez ces animaux, la période de ponte se trouve raccourcie, les cocons pondus sont moins nombreux, et leur taille diminue progressivement.

Des Planaires constamment nourries, transportées d'une température basse à une température plus élevée, pondent lorsqu’elles atteignent la taille limite correspondant à la nouvelle température. Dans ce cas, l'élévation de température semble déterminer la ponte, en même temps que la diminution de poids.

Le passage d'une température élevée à une température plus basse retarde la ponte en prolongeant la période de croissance.

Ainsi, l'évolution du vitellogène et la ponte des cocons semblent déterminées par un certain état physiologique, qui se trouve réalisé lorsque l’organisme est en équilibre pondéral, et que la croissance cesse dans les autres tissus. Cependant, chez des animaux effectuant des repas très espacés et qui sont en équilibre pondéral à un poids inférieur à leur poids maximunm (lot c de l'expérience 9), la ponte ne se produit pas. L'évolution complète des organes reproducteurs exige donc aussi que l'organisme accomplisse tout son cycle de croissance.

Voici les données de quelques expériences, qui justifient les conclusions précédentes :

Expérience "7 (lg. 9).

Lot (a), à 180 (20 individus) : 5 cocons du 25-XIL au 31-XI1-28; 7 cocons en janvier 1929 ; 7 cocons en février ; total : 19 cocons.

Lot (b), à 120 (20 individus) : 4 cocons le 28-XI1-28 ; 1 cocons en janvier

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1929 ; 13 en février ; 419 en mars; 7 en avril ; 7 en mai; 5 en juin, lotal : 66 cocons.

Lot (c), à la glacière (20 individus) : { cocon le 15-11-29 ; 4 le 30-1T ; 10 en avril ; 7 en mai; total : 49 cocons.

Expérience 8 (fig. 10). :

Lot (a), à 180 (10 individus) : { cocon le 15-11-29, 5 cocons du 25-IIT au 8-IV ; 6 autres cocons en avril ; 6 en mai; 5 en juin; lLotal : 23 cocons.

Lot (b), à 120 (10 individus) : 2 cocons le 20 11-29; 5 en avril, 2 en mai, 4 en juin; lolal : 10 cocons.

Le lot (c), placé à la glacière, n’a encore déposé aucun cocon en juin 1929.

Expérience 9 (fig. 12).

Lot (a), à 189 (10 individus) : 4 cocons du 20-I au 27-1-29 : 6 cocons du 27-1 au 12-11-29 ; 4 cocon le 23-11-29 ; 4 cocon très petit le 12-11-29.

Lot (b), à 120 (10 individus) : 4 cocons du 27-I au 12-11-29 ; 4 cocon Île 22-111-29 ; 1 le 20-V 929.

Le Lot (c), placé à la glacière, n’a déposé aucun cocon.

Expérience 10. 30 Pl. gonocephala récoltées à Voiseron le 4-I1-28, pesant environ 50 milligrammes chacune, sont nourries régulièrement, à partir de ce moment, 2 fois par semaine, dans une pièce dont la température est reslée voisine de 150. Malgré l'abondance de nourriture, le poids des animaux a déeru jusqu’à atteindre, le 15-HI-28, 30 milligrammes, poids qui représente le poids d'équilibre à la température de l'expérience. Du 15-I128 au 15-VII 28, les animaux ont déposé plus de 120 cocons.

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