DÉMENTS
Toutes les affections quç nous venons de passer en revue, sensibilité, paralysie générale, épilepsie, manie, délire des persécutions, ont un aboutissant final qui leur est commun à toutes: la démence. Nous avons voulu savoir ce que devenaient les temps de réaction dans cette débâcle finale de l'intelligence qui annihile tout l'individu, et les quelques chiffres que l'on trouvera dans 1% tableau annexé à ce paragraphe, donneneront une idée assez nette, à notre avis, du peu de vestiges intellectuels qui subsistent chez ceux des déments qui ne sont pas encore arrivés à la dégradation physique et morale absolue.
L'anatomie pathologique nous donne ici quelques renseignements : ce qui domine la scène, c'est l'atrophie cérébrale, plus accentuée en général au niveau des lobes frontaux, et souvent plus marquée d'un côté. Un examen un peu plus attentif montre l'augmentation du liquide céphalo-rachidien, l'épaississement et les adhérences de la pie-mère qui est reliée au cerveau par des vaisseaux variqueux. Les circonvolutions sont aplaties, écartées, la substance grise corticale est amincie, pâle, décolorée, un peu ramollie, les vaisseaux sont athéromateux et présentent fréquemment des anévrismes miliaires.
Au microscope, on rencontre" des groupes de cellules en voie de répression granulo - graisseuse , envahies par du pigment ou des sels calcaires et à côté des cylindres nerveux, monoliformes, granuleux. N'y a-t-il pas là, dans cet ensemble de lésions, par elles-mêmes banale^, mais éloquentes par leur réunion, l'explication très nette des retards considérables que nous verrons se produire chez les sujets examinés, parmi lesquels nous n'en rencontrerons pas un seul qu'il n'ait fallu
faire violemment sortir de sa torpeur en le piquant, après n'avoir rien pu obtenir par une excitation plus douce.
Nous nous trouvons d'ailleurs, ici encore, en parfaite communauté de résultats avec les observateurs dont nous avons déjà parlé; en effet Buccola nous donne, dans une première série de trois individus, les chiffres suivants :
Minima. Maxima. Moyenne.
Démence après manie 0"1&5 0"396 0"214
Démence calme ()"1G2 0"426 0"240
Démence après manie 0"339 1 "095 0"506
Dans une autre série d'observations portant sur huit déments, Buccola indique les moyennes oscillant entre 0"282 et 0"672, h>s minima variant entre 0*'165 et V 376, les maxima entre i>" 142 et 1"696.
Nous avons examiné huit individus, un seul a pu nous donner une série de chiffres à peu près complète et a réagi alternativement avec le pied et avec la main ; chez tous les autres il nous a fallu chercher par tâtonnement avec quel signal et après quelle excitation, on obtenait les séries de chif rea les plus cohérentes; disons de suite que le pied nous a semblé être l'organe dont nos malades adaptaient le plus facilement les fonctions à tel ou tel service. Enfin deux se sont montrés incapables de nous fournir un résultat quelque Juible qu'il fût.
Observation I. — A., 77 ans.
lie malade, ancien gendarme, marmotte entre ses dents d'une fi u;on incompréhensible, il joue avec le signal, rit niaisement, et r este un certain temps sans comprendre ce qu'on lui demande. La houle n'excitant pas suffisamment sa sensibilité, nous employons la pointe mousse avec laquelle il réagit d'une façon à peu près satisfaisante.
Observation D. — R..
Le malade, atteint du délire religieux, ignorant son âge, comme ions ceux que nous verrons après lui, comprend encore suffisant-
ment ce que Ton veut de lui pour frapper la pédale quand on le pique à la main ; chez les autres nous ne retrouverons plus un degré d'intelligence aussi ébvé, ainsi chez le suivant:
Observation ni. — B..
Le chiffre de 3 secondes 4441 que nous avons obtenu n'a été donné par le malade que grâce à une modification du manuel opératoire ; on fixait la main après le petit crochet de la pédale et on piquait fortement, le malade en fuyant la douleur donnait alors les chiffres que nous avons notés.
Observation IV. — I).. — Observation V. - B.. — Observation VI. - L..
Nous employons le même procédé au pied que celui que nous venons d'indiquer comme ayant été suivi à la main dans l'observation précédente. L'orteil étant fixé a la pédale, nous piquons le pied du malade qui le retire devant la sensation douloureuse.
Dans ces conditions le temps oscille entre une et trois secondes.
Enfin les deux derniers déments que nous avons examinés n'ont absolument pu rien nous donner comme résultats, ils ne comprenaient même pas, quand on leur disait de se coucher sur le lit où on devait les examiner.
Avant de terminer disons encore que saut le premier, aucun de nos malades n'avait plus de cinquante ans.
Observ. 3. 8.
(.■ai.
Obnerv. 4. L).
i. bii. I. aai T. ■•».
ObHerv. 5. B.
i. aio. i. ■« T. «m.
ObHerv. 6. L.
i. ■ii.lt. ■«!. T. ■•}.
r R E A LA MAIN.