DIVERS
Sous ce titre nous avons groupé un certain nombre de faits recueillis en trop petite quantité pour nous permettre d'écrire sur chaque catégorie un chapitre spécial.
En premier lieu, nous présentons une série de femmes atteintes d'accidents hystériques chez lesquelles s'est manifesté entre le côté sain et le côté malade un rapport absolument inverse à celui que nous avons rencontré chez les malades atteints de lésions anatomiques déterminées, et que nous avons étudiés dans le chapitre où nous traitons des affections de la moelle.
Ainsi dans l'observation I il s'agit d'une hystérique atteinte d'hémianesthésie du côté droit et qui fut guérie par suggesr tion ; nous cherchons quel est le temps de réaction au contact pour l'éminence thénar et nous trouvons une accélération de 0"122l pour la vitesse de réaction du côté hémianestésique.
Dans l'observation II, il s'agit également d'une hystérique, cette malade présente une athétose très accentuée du côté droit. Nous retrouvons ici le phénomène de coordination exagérée des mouvements que noua avons signalé à l'observation VII du paragraphe intitulé Paralytiques généraux.
Quand la malade veut faire un mouvement avec sa main gauche, la main droite se soulève malgré elle ; on peut arrêter ce mouvement en fixant des poids après la main, mais il est nécessaire d'en augmenter le nombre au fur et à mesure que l'effort accompli par la main gauche croît en intensité. Chez cette malade le temps de réaction simple est de 0"0.370 plus court du côté athétosique.
Nous sommes convaincu que ce raccourcissement du temps est dû à une irritation fonctionnelle de la conduction motrice et sensitive de la moelle.
Chez deux autres malades, observation III, bronchite bacillaire et observation IV, névropathe, hystériques, mais ne présentant pas de manifestations bruyantes de leur névrose, nous ne trouvons entre les deux côtés que des différences ne dépassant pas 0"015, en outre c'est le cOté droit qui présente les chiffres les plus longs.
A la suite de ces quatre observations fournies par des hystériques, nous avons placé les chiffres obtenus en examinant un malade atteint d'atrophie musculaire progressive, et qui ne nous a rien donné de remarquable à part un léger allongement du temps, parfaitement imputable à la dégénérescence des muscles qui faisaient mouvoir le signal.
Il nous a paru intéressant de chercher si la compression d'un nerf modifiait sa conductibilité ; dans ce but nous avons comprimé le cubital au coude chez un de nos camarades et nous avons trouvé les chiffres suivants :
Avant la compression :
t. min t. max. T. moy.
Excitation de la peau du bord cubital — —
de la main droite 0.11 0.19 0"1606 (40 excitations) .
Pendant une compression de cinq minutes de durée :
t. min. t. max. T. moy.
Excitation de la peau du bord cubital — — —
de la main droite 0.09 0.21 0"1727 (35 excitations) .
Après un repos et une nouvelle compression de même durée:
t. min. t. max. T. moy.
Excitation de la peau du bord cubital — —
de la main droite 0.12 0.24 0"1 882 (35 excitations).
Nous constaterions donc une augmentation très nette du temps de réaction sous l'influence de la compression, si les fourmillements intenses éprouvés par le sujet, d'abord dans la région correspondant au nerf, puis dans tout l'avant-bras, ne pouvaient être considérés comme une. cause de distraction suffisante pour expliquer l'allongement que nous trouvons.
Enfin nous nous sommes demandé si les médicaments nervins, actuellement si fréquemment employés, modifiaient suffisamment le système nerveux pour influer d'une façon effective sur le temps de réaction simple. Voici les chiffres que nous ont donné deux de nos amis qui ont bien voulu prendre successivement de la phénacétine et de Yantipyrine.
Observation I. — R.. — Fermeture à la main.
Etat normal :
t. min. t. max. T. moy.
Touché : Eminence Thénar 0.13 0.18 0"1515
Absorption de 1 gr. 50 de phénacétine ; trois heures après la prise :
Touché : Eminence Thénar 0.11 0.19 0"1505
Absorption de 3 gr. d'antipyrine par jour pendant trois jours; une heure et demie après la dernière dose :
Touché : Eminence Thénar 0.085 0.17 0"1240
Observation II. — T.. — Fermeture à la main.
État normal :
t. min. t. max. T. moy.
Touché : Eminence Thénar 0.07 0.1C 0"!490
Absorption de 1 gr. de phénacétine; trois heures et demie après la prise :
Touché : Eminence Thénar 090 256 0"1368
Absorption de 3 gr. .d'antipyrine par jour pendant trois jours; deux heures après la dernière dose :
Touché : Eminence Thénar 0.09 0.20 0"1270
Faisons remarquer que ce n'est pas à l'habitude qu'il faut attribuer ces chiffres : le premier de nos sujets, ex-iminé quatre
jours après la dernière de ces expériences nous ayant de nouveau donné un chiffre de (T1550 et le deuxième, dans les mêmes conditions, 0"1465. Il existe donc, pour l'antipyrine au moins, une modification très appréciable du système nerveux qui se traduit par un raccourcissement du temps de réaction simple de deux à trois centièmes de seconde; ce résultat semble d'ailleurs concorder assez bien avec l'état de bien-être que nous avons toujours éprouvé nous-même après l'ingestion de ce médicament.
Peut-être y aurait-il de ce côté un champ de recherches intéressantes, encore bien peu connu, à explorer, mais le temps ne nous a pas permis de continuer notre travail dans ce sens, et nous n'avons trouvé que fort peu de choses chez les auteurs. En effet Exner expérimente l'effet du thé et de la morphine sans obtenir de résultats ; en revanche, après l'absorption de deux bouteilles de Hochheimer il note une élévation du temps de réaction de (T1004 à 0"2969, malgré le désir très vif du sujet de réagir très vite. Dietl et Vintschgau reprennent ces recherches, et notent pour le Champagne une accélération, à dose normale, ingurgitée lentement ; un ralentissement après une forte dose ; vingt à vingt-cinq minutes après l'absorption de deux tasses de café fort, ils signalent un raccourcissement, et au contraire, un allongement et une inégalité considérable dans les résultats après une injection de 0,03 de morphine. Mais toutes ces recherches auraient besoin d'être complétées et nous ne pouvons exprimer que notre regret de n'avoir pu leur apporter qu'un aussi taible coefficient.
Nous en avons fini avec l'exposé de nos observations et avec notre première partie ; dans la deuxième nous résumerons tous ces résultats, en cherchant à montrer d'une façon claire l'influence de chaque facteur sur les éléments qui nous occupent.
jnianesthésie est ion.
VrÉ MALADE.
t. max. T. moy.
Observation t. Hystérie.
Athétose à la main droite.
CÔTÉ SAIN
t. min. t. max. ! T. mov.
COTÉ MALADE
t. min. t. max. T. moy.