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HISTORIQUE

C'est en Tannée 1795, à propos d'observations météorologiques, et à cause d'un retard croissant qui se manifestait dans l'appréciation des temps astronomiques obtenus par le docteur Kinnebrook, son préparateur, que Maskelyne de Greenwich, souleva le premiîr la question du rôle de Terreur personnelle dans les études d'astronomie.

Vers 1815, Bessel attira de nouveau l'attention sur les erreurs d'observation des différents astronomes, et donna le premier au coefficient numérique par lequel s'exprimaient ces erreurs le nom d! Equation personnelle. Les causes lui semblaient être inhérentes à la méthode alors employée, dite méthode de pointage, dans laquelle l'astronome, ayant auprès de lui une montre battant la seconde avec un certain bruit, note exactement après quelle seconde l'étoile a croisé un certain fil du reticulum disposé dans le télescope.

Arago (1842) et après lui un Américain, Bond, créèrent un procédé d'enregistrement qui fut adopté à peu près partout en 1850. Le principe mis en oeuvre consistait en ce que Tobservateur marquait le moment du passage sur une bande de papier qui se déroulait mécaniquement, et sur laquelle s'inscrivaient les secondes successives. Malgré ce perfectionnement les erreurs personnelles persistèrent et continuèrent à rendre impossible la comparaison mathématique des résultats obtenus par les différents astronomes.

En 1854, Prasmowsky, et, quelques années plus tard, Hartmann cherchèrent à déterminer la valeur absolue de ce coefficient au moyen d'étoiles artificielles qui inscrivaient elles-mêmes leur passage. Hartmann trouva que le temps écoulé entre le signalement du passage et son moment réel, V équation personnelle, diminuait avec l'habitude, mais pré-

sentait des variations considérables suivant les moments et les individus.

Pendant que ces travaux se poursuivaient au point de vue astronomique, Helmholtz, en 1850, avait entrepris des recherches qui portaient sur un terrain analogue à celui des études dont nous venons de parler, en déterminant par une série d'expériences ce qu'il considérait comme la vitesse du courant nerveux, et cela malgré les déclarations récentes de Johannes Mùller qui affirmait l'impossibilité de cette détermination vu la prétendue rapidité du courant en question. Helmholtz, étudiant le temps qui s'écoule entre le moment d'une excitation et celui où l'individu en accuse la sensation, aboutit à une moyenne de 0''125 à 0"20; comme ces chiffres oscillaient dans les mêmes limites que ceux dont Prasmowsky et Hartmann avaient donné l'analyse, on en vint à les considérer comme l'expression exacte de l'équation personnelle.

Hirsch, Schelske, Kohlrausch, Hankel, Wittig, Plantamour poursuivirent l'étude de cette question de 1861 à 1867, tantôt en faisant varier le mode d'excitation, tantôt en employant des appareils compteurs et enregistreurs différents, tantôt en faisant varier la longueur des cordons nerveux et sensitifs, et cela sans arriver à des conclusions bien différentes de celbs de leurs prédécesseurs, le côté psychique venant toujours apporter son coefficient éminemment variable aux constantes physiologiques que l'on cherchait à apprécier.

En 1867, Helmholtz change son procédé et arrive à déterminer d'une façon plus exacte la rapidité de transmission d'une excitation motrice, mais sans pouvoir empiéter sur le domaine sensitif.

Cependant Uonders inaugurait en 1865 une série de recherches que ses élèves de Jaager et Wundt continuèrent depuis avec autant de soins que de succès, et dans lesquelles, sarrant de plus près la partie psychologique du problème, il arrivait à entrevoir la véritable interprétation qu'il fallait donner aux variations relevées par ses prédécesseurs.

C'est ainsi que le* expérimentateurs qui lui succédèrent,

Exner (1873-1879), Wun<it (1874-1880), cherchent ;\ décom poser ce qu'ils désignent sous le nom de Temps de réaction simple en ses éléments primordiaux et à étudier la valeur proportionnelle de chacun de ces derniers, quoique cependant la spéciosité même des discussions d'Exner permette peu d'accorder une grande créance aux résultats qu'il indique.

En outre Bloch (1878), Kriès et Auerbach (1877), Chauveau (1878), étudiant eux aussi le problème, arrivent à déterminer avec les expérimentateurs cités ci-dessus l'influence de l'intensité de l'excitation, qu'il s'agisse d'étincelle électrique, de sensations auditives (WundO ou de sensations tactiles (Buccola 1881).

Vintschgau et Hônigschmied s'adressent au sens du goût et constatent des différences -suivant le point où a lieu l'excitation; Hall et Kriès, examinant les réactions fi la lumière, trouvent que le temps de réaction simple croit ou diminue en raison inverse de l'activité fonctionnelle du point de la rétine excité.

En même temps de nouveaux éléments s'introduisent dans le problème — on fait choisir aux sujets entre deux excitations — « à ceci vous ne répondrez pas, A cela vous répondrez »; et Donders avec rouïe,\Vintschgau avec legoîU,Wundt avec des excitants de différentes couleurs, Buccola, arrivent à produire des séries de chiffres parfaitement comparables et dont ils interprètent la différence avec le temps de réaction simple comme étant l'expression du t^mps employé à cette opération mentale surajoutée.

Le champ expérimental s'étend encore. Wundt étudie l'influence de l'attention sur laquelle Charpentier (1883) formule également ses conclusions, Buccola (1881), ( )bersteiner, puis Kené (1882), examinent des malades atteints d'affections mentales ou médullaires, complétant ainsi partiellement les recherches de Dietl qui signalait l'influence de la chaleur, du Champagne, de l'opium, du café, du thé, etc.

Enfin Hirschberg, en 1886. signale l'influence des hautes pressions, et nous arrivons à la période actuelle, au moment

où l'apparition de l'instrument de M. d'Arsonval, et l'explication qu'en fit M. le professeur Charpentier devant la Société de médecine de Nancy, amenèrent notre maître, M. le docteur Démange, à nous proposer ce travail.

Telle est, très en résumé, l'histoire générale de la question qui nous occupe actuellement ; nous nous réservons , lorsque nous étudierons en détail chacun des points sur lesquels ont porté nos recherches, de relater les résultats obtenus jusqu'ici parlas différents expérimentateurs. Il nous semble en effet que la comparaison avec les chiffres par nous obtenus en sera plus facile, et que d'un autre côté ces résultats ainsi groupés présenteront plus d'intérêt que sèchement énumérés dans une analyse forcément trop rapide.

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