OBSERVATION XII
Hépatite , ictère , souffle tricuspidien . (Obs. communiquée par M. le professeur Lépine. — Résumé).
J. Moiroux , ménagère, 41 ans, entre à l’Hôtel-Dieu le 29 décembre 1878, salle Sainte Marie, n° 36.
Dans le cours des 18 mois qui viennent de s’écouler, la malade avait eu 4 fausses couches. La dernière a été compliquée de péritonite. Au commencement du mois de décembre, cette femme fut prise de douleurs gastralgiques très-vives. Il y a 15 jours, nouvelle crise de gastralgie, peu après ictère, qui persiste aujourd’hui. Depuis lors fièvre intense : 39°8, 40° ; inappétence, faiblesse générale. Le foie, augmenté de volume , est douloureux à la pression. Les urines, d’un brun verdâtre, tachent fortement le linge. La percussion n’indique rien de particulier sur le volume du cœur ; à l’auscultation on entend un bruit de souffle systolique, sans dédoublement du second temps, ayant son maximum sur le sternum, au niveau du troisième espace intercostal. Le pouls est régulier, fréquent : 104.
5 janvier. — Sous l’influence du traitement par le benzoate de soude, 15 g r., il se produit une amélioration très-marquée. Les douleurs sont moins vives, mais le souffle tricuspidien est toujours le même.
12 janvier. — Le mieux continue, persistance du bruit du souffle. Il est plus prolongé.
15 février. Le foie déborde toujours un peu les fausses côtes ; la pression n’est presque plus douloureuse, le bruit de souffle est à peine marqué.
4 mars. — La malade quitte l'hôpital. Le bruit de souffle a disparu ; au niveau de l’appendice xiphoïde, le premier bruit est seulement un peu prolongé.
Cette femme est entrée de nouveau dans le service de M. le professeur Lépine, salle Sainte-Marie, il y a quelques jours.
A l’auscultation on ne trouve pas de bruit de souffle au niveau du cœur droit.