SECTION II
Etant prouvé que les Irritations hépatiques, gastriques, rénales et Intestinales produisent réellement une élévation de tension dans l’artère pulmonaire, quelle voie suivent les excitations pour retentir sur le système cardio-pulmonaire droit ?
Pour résoudre cette seconde question, nous devons vérifier les hypothèses de MM.Potain et J. Teiss ier, et procéder ensuite par exclusion selon les résultats; c’est ce que nous avons fait. M. Potain est porté à croire
que les -filets sensitifs du pneumogastrique se distribuant au foie ou à l’estomac sont la voie centripète que suivent les irritations des organes viscéraux. Pour vérifier cette hypothèse, nous avons sectionné au cou les deux pneumogastriques d’un chien curarisé. Or, si maintenant nous reprenons la série de nos excitations sur le foie, l’estomac, etc., nous voyons comme précédemment, la tension sanguine s’élever dans l’artère pulmonaire, ainsi que le prouve la figure IV.
Nous constatons, en effet, par ce tracé, que la tension dans l’artère pulmonaire T P s’élève graduellement et d’une manière très-notable durant l’excitation e , e . Remarquons en passant que la tension de l’artère carotide T A suit aussi une marche ascensionnelle. Nous avons supprimé quelques centimètres du tracé entre a b c et a’ b’ c’ pour montrer que la tension artérielle b’ est descendue à son niveau primitif, tandis que la tension dans l’artère pulmonaire a’ reste encore très-élevée après l’excitation, et il faudra un certain temps pour qu’elle arrive à son niveau antérieur T P.
Donc, le pneumogastrique n’est pas la voie que suivent les excitations pour retentir sur l’appareil cardiopulmonaire.
Nous l’avons déjà dit, M. Joseph Teissier à son tour veut que la voie centripète des excitations suive le grand sympathique, lequel, se réfléchissant sur le pneumogastrique, fait de ce dernier la voie centrifuge. La première partie de cette hypothèse est donc vraie ; quant à la seconde, nous dirons bientôt qu’elle n’est pas soutenable.
Comme le prouvent nos expériences, le pneumo-
gastrique n’est donc pas la voie centripète des excitations; mais, dans la section des pneumogastriques, nous sacrifions aussi le sympathique cervical, qui, chez le chien, est accolé aux nerfs vagues. Dès lors, par exclusion, nous sommes bien obligés d’admettre que la marche centripète des excitations hépatiques, gastriques etc., se fait par les filets du grand sympathique, qui des organes abdominaux vont au système médullaire, d’où e’ie se réfléchit sur l’appareil cardio-pulmonaire.